14 juillet 2006

Identité

Un message dans un blog auvergnat m'a fait réagir assez sèchement ce matin. Voici le message :
Dans le magazine La Gazette des communes en date du 20 juin, je tombe, c’est le mot qui convient, sous la rubrique «culture», sur l’article de Frédéric Pigot intitulé : "Auvergne : Les populations ont soif de langues régionales."
Je vous laisse une minute pour le savourer.

« Grâce au concours financier du conseil régional et de l’Etat, l’Ifop vient d’étudier les pratiques et la représentation des langues régionales (Occitan et bourbonnais) auprès de la population auvergnate.

Cette enquête, initiée par l’Institut d’études occitanes d’Auvergne, révèle que sous l’appellation “patois”, ces langues jouissent d’une forte notoriété même si leur niveau de compréhension et de maîtrise s’avère limité.

Elle souligne que les Auvergnats attendent, en majorité, que la possibilité soit offerte à leurs enfants d’apprendre ou de se perfectionner dans ces langues. De même, ils aspirent à des efforts de promotion de cette culture régionale dans la perspective de valoriser l’identité de leur territoire. 54 % de la population souhaite une présence de ces langues sur l’antenne de France 3. La classe d’âge des 25-35 ans y est encore plus favorable. De même, près de la moitié des interviewés se disent favorables à l’installation de panneaux de signalisation bilingues sur le territoire.

La région et les structures intercommunales sont prioritairement citées pour prendre en charge le maintien et le développement des langues et de la culture régionales. »

On rêve. Quel est cet Institut Théodule ? Quelles sont ces conclusions « abracadabrantesques » qui affirment que la moitié des Auvergnats veut qu’on jaspine les « langues » – en fait il s’agit de patois ou de dialectes- régionales sur FR3 Auvergne ?

Certes, cela aurait un avantage. Dans un langage incompréhensible pour la quasi-totalité des télé-spectateurs, les reportages télévisés apparaîtraient peut-être comme des chefs d’œuvre d’art journalistique, encore que je me demande si les « euh » et les « donc », que les parloteurs des lucarnes locales nous assènent à longueur d’émissions, pourraient être traduits en mots pittoresques dans les patois occitans ou bourbonnais.

Mais quittons ces plaisanteries pour dénoncer des lobbies, minoritaires comme tous les lobbies, mais suffisamment bien placés, pour faire financer par le Conseil régional et l’Etat une étude dont les conclusions nous laissent pantois. A l’heure où les élus régionaux auvergnats veulent attirer sur notre territoire de nouvelles populations, françaises ou étrangères, comme le fait le Limousin, pour relancer la vie dans notre déclinante Auvergne, les voilà se prêtant aux marottes d’hurluberlus qui veulent nous ramener cent ans en arrière. On sait, depuis Jack Lang ( Jacte langues) et ses idées fixes, que la défense des, soit-disant, langues régionales, n’est que le moyen avancé par tous les fossoyeurs pour promouvoir le « volapük » européen sur les décombres des cultures et langues nationales. Entre l’anglo-américain, langue des affaires, et les patois de la France profonde, rien ne doit plus subsister. Monsieur Douste-Blazy qui veut vendre la culture française au monde entier ( voir mon article du 18 mai 2006, intitulé « Les fantômes de la culture ») ferait bien de se réveiller et ne pas se prêter à son assassinat dans l’hexagone.

Puisque l’article du magazine cité sonne le rappel des élus pour prendre en charge cette nouvelle revendication de pithécanthropes ayant échappé, par miracle, à la sélection darwinienne, je demande vigoureusement à ceux-là, s’il leur reste deux sous de bon sens, d’envoyer promener ces fadaises. Certes, je ne méprise pas les dialectes locaux qui font partie de notre passé et qui témoignent de la richesse et de la diversité française, je ne conteste pas, à ceux qui veulent garder leurs traces, de le faire, mais je dénonce comme une action malhonnête et criminelle leur réintroduction artificielle dans notre vie par la coercition étatique ou régionale. Comme on dirait en Bourbonnais : « Oublions ces berdins et ces brailloux qui nous abrasent le troufignon. »

Serge Weidmann

et voici ma réponse :
J'ai passé quelques années en Auvergne et Bourbonnais. J'ai passé mon bac à Cusset, où j'ai suivi des cours d'auvergnat. En 1978, des camarades de classe qui suivaient ce cours l'avaient encore appris à la maison. Quel privilège. Quelle chance, en étant bilingues tôt ils avaient acquis la mécanique pour apprendre facilement d'autres langues. Et ils étaient fiers de leurs racines, pas de cette "identité nationale" artificielle faite par Robespierre, Bonaparte, Nivelle, Pétain et le putschiste de 1958.

Il ne s'agit pas de retourner cent ans en arrière, ou alors, comme semble parfois le souhaiter Mme Parisot et ses amis, faut-il supprimer les congés payés, la protection sociale, réinstaurer le travail des enfants, dans une authentique nostalgie du XIXe siècle ? Beau programme pour 2007 !

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