2 avril 2007

Menteur II

Ce surnom m'est venu d'un coup... mais il va comme un gant au candidat Sarkozy. Olivier Bonnet en rajoute, dans une interview imaginaire mais tellement vraisemblable.

Plume de presse : Monsieur Nicolas Sarkozy, merci d'avoir accepté notre invitation.

Nicolas Sarkozy : merci de m'avoir invité, Monsieur Bonnet.

Non, non, merci à vous ! Ce souci de transparence vous honore. Il y a en effet quelques questions qui turlupinent nos lecteurs. Promettez-vous de répondre sans langue de bois ?

Vous me connaissez, je ne suis pas homme à mâcher mes mots. Les Français veulent qu'on leur dise la vérité. Moi, je fais ce que je dis et je dis ce que je fais.

Oui, oui, parfait. Donc, première question : avez-vous bien été, en 1987, Chargé de mission pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au ministère de l’Intérieur ?

Je vous remercie de rappeler que je n'ai jamais eu peur de prendre mes responsabilités, et que mon courage politique va jusqu'à m'exposer personnellement même à des risques chimiques et radiologiques.

Mais n'était-ce pas quelques mois après la catastrophe de Tchernobyl ?

Devant une telle menace, il fallait un homme à poigne. Tous les sondages prouvent que les Français étaient d'accord avec ma nomination à ce poste si exposé.

Justement, en parlant d'exposition : la France a-t-elle oui ou non été atteinte par le nuage de Tchernobyl ? Et si oui, en première ligne sur ce dossier, pourquoi n'avoir pas révélé le mensonge d'Etat ?

J'ai déjà entendu des questions malhonnêtes, mais de cette nature, c'est assez rare ! Je vous félicite. Vous travaillez aussi pour France 3 Nord Pas-de-Calais ? Ou à la direction de la chaîne, peut-être ? Ou alors pigez-vous à l'occasion pour Paris Match ? Comment pouvez-vous imaginer un seul instant qu'un homme tel que moi, qui n'a pas peur de dire la vérité aux Français, qui dit ce qu'il fait et qui fait ce qu'il dit, serait resté les bras ballants et la bouche bée si un vrai danger avait menacé nos compatriotes ? Et bien ça, les Français savent bien que c'est faux. Vous savez, dans notre pays, une certaine idéologie soixante-huitarde permet de toujours tout dénigrer. Je rends hommage à l'action des forces de l'ordre, qui font un métier difficile, et qui ont su agir avec sang-froid pour disperser le nuage de Tchernobyl sans qu'on puisse déplorer une seule bavure !

Bravo en effet, mais alors : pourquoi ce poste de Chargé de mission concernant les risques chimiques et radiologiques ne figure pas dans votre CV officiel ? Ca vous gêne qu'on rappelle le rôle que vous avez joué à l'époque ?

Ecoutez, ce n'est pas le passé qui intéresse les Français. Ce qu'il veulent, c'est qu'on les débarrasse des voyous, des fraudeurs, des profiteurs assistés. Ils veulent travailler plus pour gagner plus. Et bien moi, je leur dis : si je suis élu président, je vous permettrai de travailler plus pour gagner plus, et j'ajoute que la prévention des risques chimiques et radiologiques est un secteur d'avenir trop souvent négligé.

Bon, passons à un autre sujet : quand Ségolène Royal a publié son patrimoine, vous avez promis de faire la même chose. Mais vous ne l'avez pas fait...

Vos insinuations sont graves. Voulez-vous sous-entendre que j'aurais promis de publier mon patrimoine et que je ne l'ai pas fait, et donc que j'aurais quelque chose à cacher ?

Ben je ne sais pas... Pourquoi vous ne le publiez pas ?

Ecoutez, puisque je vous dis que je n'ai rien à cacher ? C'est quand même incroyable que, dans ce pays, une certaine idéologie soixante-huitarde mène des campagnes de dénigrement, jette la suspicion sur les honnêtes Français qui se lèvent tôt et prétend les empêcher de travailler plus pour gagner plus ! Et bien je ne vous suivrai pas sur ce terrain. Ce n'est pas ma conception de la politique. Il faut remettre de la morale !

Mais le cabinet d'avocats auquel vous appartenez toujours, en tant qu'associé, travaille avec des municipalités des Hauts-de-Seine et vous percevez une rémunération à ce titre, alors que vous présidez le Conseil général ! Pourquoi la société Arnaud Claude-Nicolas Sarkozy n'a plus jamais publié ses comptes, comme la loi l'y oblige, depuis sa première année d'exploitation ? Combien représentent les émoluments que vous touchez personnellement - le seul chiffre connu est 241 000 euros en 2002 ?

Ce sont les services du fisc qui s'occupent de tout ça et ces fonctionnaires indépendants disent que tout est en ordre. Je suis blessé par vos sous-entendus.

11091246Je suis désolé de vous avoir blessé. Je vais vous permettre de laver votre honneur. Le Canard enchaîné vous accuse d'avoir acheté un appartement avec un rabais considérable sur le prix de vente et les travaux, à un promoteur immobilier en affaires avec la ville de Neuilly, alors que vous en étiez le maire. Prise illégale d'intérêt, corruption passive ? C'est grave.

C'est bien ce que je vous dis. De telles accusations sont très graves. Ce sont des calomnies et je suis blessé.

Donc vous avez attaqué Le canard enchaîné en justice...

Ce n'est pas la peine, les Français savent bien que ce sont des calomnies ! Une campagne indigne pour faire oublier les vrais problèmes : l'immigration, l'insécurité et les charges pesant sur les heures supplémentaires.

Donc vous avez produit des factures qui prouvent que ces accusations sont fausses...

Et bien c'est-à-dire que je n'arrive pas à remettre la main sur les factures, pour l'instant, mais je les publierai et les Français verront bien qu'il ne s'agissait que de mensonges.

Quand même, ça fait un moment déjà qu'on attend vos preuves... Le premier article sur cette question date du 7 mars !

Ecoutez Monsieur Bonnet, ne tombez pas dans le piège d'une idéologie soixante-huitarde qui veut empêcher les Français qui se lèvent tôt d'être élu présidents de la république. Parce que les Français en ont assez. Et moi je leur dis que, si je suis élu...

Oui, vous leur permettrez de travailler plus pour gagner plus, on sait.

Et je baisserai leurs impôts aussi, et je supprimerai les droits de succession. Les Français qui veulent léguer à leurs enfants un appartement sur l'île de la Jatte en ont assez du racket de l'Etat !

Autre chose ?

Oui, j'expulserai toutes ces racailles de voyous sans-papiers resquilleurs ! Je suis du côté des victimes, moi, pas des délinquants. Les Français savent bien que je rétablirai l'ordre.

Mais c'est ce que vous êtes censé faire depuis quatre ans !

Et bien ? Demandez au Français moyen ! Celui qui se lève tôt et paye son billet de train. Demandez par exemple à... heu... Jean-Pierre Pernaut.

Evidemment, là, vous tenez un argument de poids. Et il dirait quoi, le Français moyen?

Qu'il en a assez qu'une idéologie soixante-huitarde droit-de-l'hommiste veuille m'empêcher de devenir Président de la république ! C'est pour ça qu'il va voter pour moi.
Jean-Pierre Pernaut. Et Roger Hanin, aussi.

Merci Monsieur Sarkozy.

Merci de m'avoir invité.
Il y a un pays d'Europe centrale dont la devise est "la vérité vaincra"... Nous en sommes si loin...

31 mars 2007

Facho

Guy Birenbaum a raison, nous avons trois candidats d'extrême-droite. Il est temps pour les gens de droite de se détourner de M. de Petit Botcha, et de prévoir de donner leur suffrage à M. Bayrou, M. Nihous ou Mme Royal.
Boute-feu.

Nicolas Sarkozy a tenu hier soir, lors d'un meeting à Nice, des propos que je trouve extrêmement graves, plus que douteux même.

Grâce à l'AFP, je vous en livre les extraits que je considère comme les plus fâcheux.

[Evoquant l'homme à l'origine des incidents de la gare du Nord, M. Sarkozy a dit qu'il était devenu] "une sorte de héros pour Mme Royal et M. Bayrou et pour une partie de ce microcosme parisien qui ne prend jamais le métro".

"Cette gauche qui voudrait nous faire croire que les voyous qui ont tout cassé à la gare du Nord étaient juste révoltés par l'injustice, cette gauche-là a perdu tout sens moral".

"L'ordre juste c'est quand ceux qui ne veulent ni étudier ni travailler ont le droit de piller un magasin pour se procurer des chaussures de sport sans avoir à les payer! (...) L'ordre juste, c'est tenir toute intervention de la police pour une provocation!".

"Prendre la défense du fraudeur, toujours trouver des excuses à ceux qui ne respectent rien, voilà ce que j'appelle la faillite morale d'une certaine gauche".

"Je ne veux pas laisser l'ordre à l'extrême droite".

"Je veux dire aux Français que le 22 avril et le 6 mai, ils auront à choisir entre ceux qui sont attachés à l'identité nationale et qui veulent la défendre et ceux qui pensent que la France a si peu d'existence qu'elle n'a même pas d'identité".

[Les Français] "devront choisir entre ceux qui ne veulent plus entendre parler de la nation et ceux, dont je suis, qui exigent qu'on respecte la nation".

"La France n'a pas à rougir de son histoire, la France n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale (...) Je suis convaincu que pour un Français, haïr la France, c'est se haïr lui-même".

"Tous les colons n'étaient pas des exploiteurs; il y avait parmi eux beaucoup de gens courageux (...) Ils ont tout perdu, je veux qu'on les respecte".

"Quand on refuse d'enseigner Antigone au fils d'ouvrier ou à l'enfant d'immigré, on ne fait pas la politique qui permet à chacun de conquérir l'estime de lui-même, on fait la politique du nivellement, de l'égalitarisme et de l'assistanat".

Il est impossible de flirter davantage avec les refrains les plus nauséabonds et les thèmes les plus éculés du Front national.

Jusqu'aux évocations de la colonisation et de la solution finale.

Non Nicolas Sarkozy, la France n'a pas commis de génocide.

Ni inventé la solution finale...

Mais elle a bien aidé à l'appliquer...

Comme l'a si bien expliqué, en 1995, Jacques Chirac. Au Vel-d'Hiv.

Ces propos ne sont malheureusement pas une "première".

Nicolas Sarkozy ne fait que répéter là ce qu'il a déjà dit à Caen.

J'ai toujours refusé ici l'amalgame, le raccourci facile, Sarko=Facho, Sarko=Le Pen.

Je suis donc bien placé pour affirmer que ce discours est celui d'un candidat irresponsable, d'un boute-feu.

Nicolas Sarkozy veut gagner l'élection présidentielle.

Et, après tout, il en a bien le droit.

Mais il a compris que s'il veut la gagner avec certitude, il n'a qu'une possibilité.

Une martingale.

Il doit y être opposé à Jean-Marie Le Pen.

Comme Jacques Chirac le fut en 2002.

En effet, si Ségolène Royal ou François Bayrou venaient à l'affronter, Nicolas Sarkozy sait pertinement que ce second tour tournerait très certainement au referendum "Pour ou contre Sarko !".

Et qu'il a de bonnes chances de le perdre ce referendum. Comme il perdit celui sur le statut de la Corse, ou celui sur le TCE.

Du coup, Nicolas Sarkozy, servi par une actualité "opportune", pousse les feux sur des thèmes qui vont tout naturellement permettre à Jean-Marie Le Pen de grimper.

Et Ségolène Royal - plutôt que de se concentrer sur les enjeux qui pourraient l'aider à sortir du guépier du premier tour (le social, l'éducation, notamment) - a embrayé sur le drapeau et l'identité nationale. Sans comprendre que ce n'est pas ce qu'elle dit qui compte, mais juste les couleurs qu'elle a hissées...

Jean-Marie Le Pen, comme je vous l'avais laissé entendre dès le week end dernier, explose déjà tous les sondages d'intention de vote de son histoire.

Et demain - oui, dès demain...° - il réalisera sans doute une percée historique...

D'abord dans les sondages.

Puis dans les urnes.

En allant ainsi chercher Le Pen pour meilleur ennemi (souvenez-vous du petit coup de pouce au moment des 500 signatures), Nicolas Sarkozy pratique une politique désolante de la terre brûlée.

Il va y laisser son honneur.

Mais je fais surtout le pari qu'il n'en tirera rien électoralement.

Parce que si ce cirque continue, ce que je sens venir, c'est effectivement Le Pen au second tour.

Mais, si c'est le cas, c'est Nicolas Sarkozy que je vois "passer par la fenêtre" du premier tour. Par un simple phénomène de vases communicants.

À toi ? À moi !

Il l'aura alors bien cherché.

Pour finir, juste un détail.

Oui un "détail".

Si par malheur, je me vautre et que l'affiche du second tour est Sarkozy/Le Pen, surtout, surtout, ne comptez pas sur moi...


Que fait la police ? (2)

Serait-elle en train de menacer des témoins ? Cet entrefilet du Nouvel Observateur est révélateur :
Anthony Couderc, un internaute fortement sollicité par les médias pour avoir été l'un des premiers à mettre sur internet des vidéos amateurs des violences de la Gare du Nord, affirme, dans un message mis en ligne jeudi 29 mars sur le site Daily Motion, faire l'objet de menaces physiques.
Anthony Couderc, inscrit sur le site de partage de vidéos sous le pseudonyme Albatar95c, se trouvait à la Gare du Nord le mardi 27 mars lorsqu'ont éclaté les affrontements entre jeunes et policiers. Le jeune homme, âgé de 20 ans et résidant à Cergy dans le Val d'Oise, a alors filmé les événements avec son téléphone portable et a été l'un des premiers à mettre en ligne plusieurs vidéos, une rapidité qui lui a valu d'être interviewé par de divers journaux et radios.
Mais, dans une dernière vidéo, mise en ligne jeudi en fin d'après midi, le jeune homme affirme avoir reçu, après cette exposition médiatique, un appel anonyme le menaçant physiquement.

"Tu vas morfler"

"Après mes interviews sur Le Monde, Le Parisien, (…) j'ai reçu des menaces de la part de personnes qui sembleraient de la police", affirme Anthony Couderc dans son message. "Ecoutez". Le jeune homme approche alors son téléphone portable du micro de son ordinateur pour faire écouter un message reçu, selon sa boîte vocale, "hier à 13h24". "Oui sale enculé, c'était pour te dire qu'on va s'occuper de ton cas", peut-on entendre. "Alors là, mon pote, tu va morfler, j'te l'dis. Tu vas en bouffer du bougnoule. Sale con", poursuit la voix.
Dans une courte présentation de la vidéo ainsi que dans les commentaires postés, Anthony Couderc affirme avoir contacté par deux fois la police mais qu'a chaque fois, on lui a "raccroché au nez".
Il est vrai que nos concitoyens sous l'uniforme de la police ont du mal à garder leur sang-froid, poussés à bout qu'ils doivent être, après des mois de "culture du résultat", par les déclarations à rajouter du kérosène sur le feu de leur ex-ministre. L'excellent blog Plume de presse, dont j'ai déjà parlé, fait un point précis et documenté (comme d'habitude) sur le menteur 2 (qui souhaite tant succéder au menteur 1 à l'Élysée). Je cite sans les images (j'ai eu du mal à télécharger cet article avec mon modem 56k...) :

Sarkoland : comme un parfum d'État policier

Après les incidents survenus mardi soir gare du Nord à Paris, Nicolas Sarkozy, conspué nommément par les participants à cette manifestation spontanée contre les forces de l'ordre - on ne parle pas ici que de casseurs-, s'est défendu avec la superbe mauvaise foi qu'on lui connaît. "Si Mme Royal veut régulariser tous les sans-papiers et si la gauche veut être du côté de ceux qui ne payent pas leur billet de train, c'est son droit", s'est-il répandu. Admirable noyage de poisson. Notez le raccourci qui mêle immigration et insécurité. Mais qui défend le droit d'un resquilleur de violenter des contrôleurs de la RATP ? Ne cherchez pas, vous ne trouverez personne. En tout cas pas Ségolène Royal, qui déclare : "L'ordre juste que je souhaite pour la France implique que tout usager des transports publics accepte le contrôle de son titre de transport et respecte les règlements". Ni Julien Dray, porte-parole du Parti Socialiste, qui écrit : "Les affrontements qui se sont produits ce soir à la gare du Nord illustrent le climat de tension, le fossé et la violence désormais installés entre la police et la population". Où excuse-t-il les casseurs ? Comment le contredire, après six heures de simili émeute, quand il évoque "climat de tension" et violence ?

Pire sourd qui ne veut entendre

"Je n'accepte pas les fraudeurs, parce que le prix de la fraude, ce sont les plus pauvres de nos concitoyens qui le paient pour cette minorité qui s'exonère de tout", poursuit un Sarkozy imperturbable. Celui qui n'est "pas l'ami des voyous" en appelle à "la France silencieuse", la même que celle "qui se lève tôt", et l'implore : "J’ai besoin que la France silencieuse dise maintenant :"on n’est pas d’accord" avec les violences". Et il va plus loin, survolté par l'aubaine de la thématique, en parfait apprenti-sorcier qu'il est : "Eh bien c'est clair : l'autorité et le respect, c'est de notre côté. La fraude et le soutien à la délinquance, c'est de l'autre côté". On a vu que personne ne soutient la fraude et la délinquance, mais cela évite de parler de ce fameux "climat", qu'évoque Julien Dray. Le fond de l'air de Sarkoland, en somme : "Qu'un simple contrôle puisse dégénérer dans un affrontement aussi violent prouve que quelque chose ne va plus", observe Ségolène Royal. Qui peut la démentir sur ce point ? Le leçon qu'elle en tire est implacable : "En cinq ans d'un gouvernement d'une droite qui avait fait de la sécurité son thème de campagne, on voit que c'est l'échec sur toute la ligne". Nicolas, pourquoi tu tousses ? "Le langage provocateur et insultant de Nicolas Sarkozy et l'obsession de la culture du résultat introduite dans la police transforme chaque interpellation en une épreuve de force, appuie l'altermondialiste José Bové, qui dénonce une politique "qui a monté la population contre la police depuis cinq ans" et met en garde contre la colère des jeunes : "c'est quelque chose qui est en train de péter et si on ne change pas cette logique-là, ça va continuer". La candidate communiste Marie-George Buffet ne dit pas autre chose, qui accuse le petit Néron d'avoir "semé depuis plusieurs années les graines d'une situation explosive". Même François Bayrou déplore le "climat d'affrontement perpétuel entre la police et une partie des citoyens (devenu) malsain pour tout le monde. Ca devient tellement tendu, critique, que chaque geste devient dangereux". Il dénonce "la politique de l'UMP, menée en particulier par Nicolas Sarkozy, et qui a reposé sur un choix, supprimer la police de proximité pour ne garder qu'une police de répression". Pour quel résultat ? Souvenons-nous des (vraies) émeutes de 2005, jamais vues dans l'histoire de la Vème république. En quoi le candidat UMP et ex-ministre de l'Intérieur a-t-il amélioré les choses ? Nicolas, pourquoi tu tousses ?

La France d'après depuis 2002

Qu'en est-il donc de ce fond de l'air de Sarkoland ? Plusieurs éléments concrets, puisqu'il s'agit ici de dresser un constat. La "Tolérance zéro", ça ne marche pas. Un chercheur américain l'a très bien démontré par l'analyse de la politique ultra-répressive mise en oeuvre dans le New York du maire Giuliani. Et chez nous ? Bilan de l'action sarkoziste : hausse de la violence faite aux personnes, émeutes des banlieues et multiplication par huit du nombre des affaires de violence policière. Nicolas, pourquoi tu tousses ? Vu dans un hallucinant reportage en caméra cachée de TF1 (dans le magazine Sept à huit, en 2005), ce policier qui s'adresse à un jeune des quartiers périphériques de Lyon : "Tu veux que je t’emmène dans un transformateur ?". Pour les non-informés, les deux jeunes de Clichy-sous-Bois avaient péri ainsi, poursuivis qu'ils étaient par la police, et c'est ce drame qui avait allumé l'étincelle à l'automne 2005, que les mensonges d'Etat (ils ne fuyaient pas la police, ils avaient commis un vol) du pompier pyromane étaient venus asperger d'essence. Pour les conséquences que l'on sait. "Eh ! Tu veux griller toi aussi avec tes copains ? Tu veux aller dans un transfo ? Ramène ta gueule, on va t’y mettre, lance un deuxième policier dans le reportage. Que le quartier se calme ou pas, on s’en branle. Nous, à la limite, plus ça merde, plus on est content !" Nicolas, pourquoi tu tousses ? Et c'est ainsi qu'aujourd'hui encore, comme si aucune leçon n'avait été tirée du signal d'alarme de l'embrasement des cités de 2005, se multiplient contrôles au faciès, vexations, manques de respect, brutalités, toujours sur les mêmes, les éternels soupçonnés d'être sans-papiers, ou racailles, ou les deux, enfin sur tout ce qui porte un sweat à capuche et tout ce qui est un peu basané, pour résumer. On vient rafler 21 clandestins venant chercher de la nourriture aux Restos du coeur. On asperge de gaz lacrymogènes, au milieu des poussettes, les parents qui veulent empêcher que l'on embarque un grand-père chinois, venu chercher ses deux petits-enfants à la maternelle. On interpelle la directrice de cette école, rue Rampal (à Belleville, quartier populaire de Paris), et on la fait croupir sept heures en garde-à-vue, en l'accusant du délit-type prétexté pour justifier tout l'arbitraire répressif : outrage, basé sur le seul témoignage du policier. On expulse même des réfugiés politiques, obligeamment renvoyés vers leurs bourreaux. Mais ça ne suffit pas encore : chaque jour, plusieurs fois par jour, on contrôle, on enquiquine, on gâche la vie. Encore un exemple ? "Depuis 4 à 6 mois il y a une recrudescence d'opération de bouclage par les forces de l'ordre, demandées par le procureur de la république, révèle le secrétaire général de la CGT à la RATP. On boucle les sorties du métro et on controle systématiquement titres de transport, pièce d'identité des usagers qui sortent du métro. Je tiens à préciser que l'absence de titre de transport est une infraction, ce n'est pas un délit, et que les usagers qui sont en infractions concernant le titre de transport ne sont pas délinquants". Mais bien vite traités comme tels. Vous avez parlé d'Etat policier ? Forcément, tout cela crée une ambiance de défiance, voire de révolte envers la police républicaine. Même une majorité des gardiens de la paix n'en peuvent plus : "Les policiers en ont ras-le-bol de la culture du résultat et des pressions", explose Joaquin Masanet, secrétaire général de l'Unsa-police, syndicat proche de la gauche et majoritaire, devant Alliance, dont les dirigeants ont par contre salué l'action de l'ex-ministre de l'Intérieur. Les militants de l'UNSA étaient environ quelque 4000 le 27 mars dernier dans les rues de Marseille, pour crier leur protestation devant la dégradation de leurs conditions de travail. Nicolas, pourquoi tu tousses ?

Instrumentalisation simple, aggravée ou manipulation ?

"Cette affaire, c’est bon pour Nicolas : ça met l’insécurité au coeur de la campagne", a déclaré son conseiller politique, Patrick Devedjian. Comment alors l'exploiter ? José Bové explique que le candidat UMP "essaie de nous faire le même coup qu'il y a cinq ans pour faire peur aux gens", et cette argumentation est validée par la position de matamore de l'ancien premier flic de France, se positionnant comme le seul à même de nous "débarrasser des racailles". Dans la France actuelle, avec la précarité sociale qui s'aggrave, la misère qui gagne, où les gens sont d'abord préoccupés par le chômage et le pouvoir d'achat, quels sont en effet les arguments sociaux de Sarkozy ? L'absurde gimmick du "travailler plus pour gagner plus", ressassé jusqu'à la nausée durant cette campagne, par exemple par un Jean-François Copé plus tête à claque que jamais. Quand on sait le nombre écrasant de situations individuelles dramatiques auxquelles cette mesure n'apporte strictement aucun secours, on mesure bien que la réponse est un peu courte... Et ce n'est pas non plus le bouclier fiscal à 50% ni la suppression des droits de succession qui va aider cette France qui souffre. "Antisocial, tu perds ton sang froid !", écrivait le leader du groupe Trust, Bernie Bonvoisin (qui soutient aujourd'hui Ségolène Royal). Alors il faut faire parler d'autre chose. "Répression dans l'hexagone", écrivait encore le même, comme Renaud (autre actuel ségoliste) avant lui : bingo, immigration, insécurité ! "Qui bono ?" demandait déjà le Cicéron de la Rome antique, "qui profite ?" Sans bien-sûr prouver une autre responsabilité de Sarkozy que morale dans les événements de la gare du Nord, cette question éclaire le déroulement de ces six longues heures et les nombreux témoignages de protagonistes sous un jour troublant. L'incident de l'arrestation ultra musclée du "resquilleur clandestin délinquant multirécidiviste nègre" (qui ne l'est finalement pas tant que ça, apprend-on le lendemain par Reuters), après que l'individu a molesté deux contrôleurs, se déroule à 16h15. Oui, Monsieur Sarkozy, il fallait l'interpeller. Le tabasser, lui casser le bras, ou la main, suivant les sources (il semble qu'il s'agissait d'une rumeur, mais elle est révélatrice, Ndlr)), est-ce bien la procédure d'interpellation réglementaire de votre police ? En tout cas, les premiers témoins de la scène ont été si révoltés par cette violence qu'ils ont aussitôt protesté, et il ne s'agissait pas encore de casseurs. Juste des usagers de la RATP, choqués en tant que citoyens. Une manifestation spontanée, ponctuée d'insultes à l'égard de Sarkozy et de slogans comme "police partout, justice nulle part". Certains, plus énervés que d'autres, ont lancé quelques bouteilles en plastique vides.

Pour de belles images au 20 heures

Et puis, au fil des minutes, pas grand chose, le calme qui revient. Pendant presque deux heures ! Mais les renforts de police affluent. En tenue anti-émeutes et formation de combat, comme la tortue des légions romaines. Et le temps encore passe. Avec ce déploiement insensé de force en guise d'appel provoquant aux vrais casseurs et émeutiers. Etaient-ils convoqués ? Allaient-ils arriver à temps pour le 20 heures des télés ? Rassurez-vous, ils furent au rendez-vous. Quoi que sans doute pas aussi nombreux qu'on tente de nous le faire croire. Ainsi le site militant Bellaciao publie-t-il la photo d'un homme avec cette légende : "Juste avant il a été aperçu par de nombreux témoins en train de parler aux CRS et à des BAC en civil (Brigades anticriminalité, à la solide réputation de cowboys, Ndlr) (...) Ce jeune homme a été reconnu par de nombreux témoins comme n’étant pas un "jeune casseur" mais bien un flic aux ordres de Sarkozy, en plein boulot de provocation" (photo ci-contre). Que voilà une grave accusation ! Et quid des gaz lacrymogènes déversés au milieu de simples voyageurs rentrant chez eux, est-ce la manifestation de cette remarquable maîtrise que loue le nouveau ministre de l'Intérieur, le freluquet François Baroin, qui vole sur les traces de son maître ? Une enquête pourrait permettre de voir clair dans tout ça. Mais pas sûr : les coupables de la très suspecte agression du papy Voise, à la veille des élections de 2002, n'ont jamais été retrouvés, et les casseurs issus des rangs de la police, qui s'étaient déchaînés lors des manifestations anti-CPE, jamais identifiés. Favoriser la violence, voire l'organiser, tout faire pour l'amplifier, pour que la télégénique insécurité revienne à la Une ? Et qu'on ne dise surtout pas que Sarkozy est responsable : qu'on lui objecte les effets détestables de sa stratégie de l'escalade ultra-sécuritaire et il dégaine aussitôt sa propre explication. La faute à... une "pensée unique" et "post-soixante-huitarde". En gros, ça fait 25 ans qu'il manque de l'autorité dans ce pays, et il va nous faire marcher tous ces gauchistes et racailles à la schlague. Le pire est évidemment que ce discours prend, il suffit pour le savoir d'écouter les conversations dans les bistrots.

La France en danger

"Qui profite ?", donc, demandait notre grand avocat. "Moi", pense Sarkozy. "Lui", confirme Devedjian. Mais attention, Messieurs. En embuscade, l'original face à sa copie. Le roué borgne attend son heure pour tirer les marrons du brasier. Le candidat UMP est doublé sur sa droite - si, c'est possible, tournez la tête, tellement à droite qu'on l'a dans le dos ! -, à l'extrême donc qui l'accuse d'être... laxiste, bien-sûr. Villiers fustige "bandes ethniques" et "barbares". Le Pen en personne s'exalte que ces violences "mettent en évidence la faillite de la soi-disant "politique de sécurité" de l’ex-ministre de l’Intérieur et candidat permanent (et sont) la conséquence directe de la politique d’immigration massive et aberrante menée par les gouvernements successifs depuis 30 ans". C'est ça, avec tous ces noirs et ses arabes... Et on leur laisse tout faire, pas vrai ? Ils se croient tout permis ! Tu nous remets une tournée, Jean-Marie ? Buvons entre Français. Et le vote frontiste, qui grimpe, grimpe... La campagne n'est pas finie, rien n'est joué, Sarkozy n'a pas toujours pas publié sa déclaration de patrimoine, comme il l'avait promis, ni transmis les documents le disculpant d'être coupable de "prise illégale d'intérêt", pour ses bonnes affaires immobilières. Et il peut encore, au train où vont les choses, survenir nombre d'événements, pour influer de façon décisive sur le vote des électeurs. Et si le candidat UMP s'écroulait ? Nicolas, pourquoi tu tousses plus ?

Le cauchemar Sarkoland

"La France est en danger" : c'est le centriste Bayrou qui le proclame. Nous l'approuvons sur ce point. Elle est victime de cette surenchère entre le candidat UMP et l'extrême droite. Aspiré toujours plus loin dans cette fuite en avant, Sarkozy durcira-t-il encore son action, tant il semble qu'il n'ait que prêté les manettes du ministère de l'Intérieur au zélé petit Baroin ? Jusqu'où la spirale de la violence fera-t-elle la folle toupie ? Et si d'aventure les présidentielles sacraient le petit Néron empereur d'une France policière, livrée à une répression aveugle, disproportionnée, arbitraire, raciale et sociale ? Rappelons que notre pays est déjà condamné par Amnesty International, dans son rapport annuel portant sur l'année 2005, pour "les mauvais traitements et les homicides racistes imputables à la police" et l'impunité dont jouissent souvent leurs auteurs. Mais encore un effort, on peut faire mieux ! Pourquoi pas un nouveau Charonne ? Ou des ratonnades comme en 1961, sous ce cher Papon ? Mais modernisées : avec flashballs et Tasers, ces nouvelles armes qui envoient des décharges électriques de 50 000 volts (167 morts recensés aux Etats-Unis et au Canada depuis 1999 - on n'a entendu qu'Olivier Besancenot s'indigner de leur usage en France). Un Sarkoland tel qu'on le cauchemarde pourrait vite être déchiré par des affrontements insurrectionnels, bien au-delà du cercle des casseurs et des voyous. Certains n'attendent que ça, les "hommes forts", les nazis en herbe. Sait-on les manipulations que peuvent fomenter des groupuscules d'extrême droite, dans une dérive vers la stratégie de la tension chère aux "années de plomb" en Italie ? Ne sont-ce pas là les germes de la guerre civile ?


Sans danger ?

Certains continuent de nous faire croire à la nécessité de l'énergie nucléaire... sans parler de ceux qui le proclament sans danger.

Cet article trouvé ici leur ouvrira-t-il les yeux ?

L’affaire gêne, bouscule la confiance dans les notables et les institutions, dépasserait ce qu’une simple association (Cedra) a mis à jour ; et puisque les "responsables" se terrent, nous publions ci-dessous un témoignage local sidérant...
Et si celui-ci vous révolte, faites circuler cette info à tout va, la force de l’opinion publique étant ce qui reste de plus efficace...

Les faits en 40 lignes

Les faits en 40 lignes

Remis à jour le 29-07-2007

C’est l’histoire incroyable d’un champenois, Michel GUERITTE, qui, inquiet du trop grand nombre de malformations congénitales, de pathologies de la thyroïde, de cancers de toute sorte, dans sa propre famille, et dans son village, Ville-sur-Terre, dans l’Aube, commence une enquête sur un éventuel rapport de cette situation sanitaire anormale avec les effets du fameux nuage de Tchernobyl.

En novembre 2006, au moment même où il s’apprête à commencer le montage d’un film, judicieusement titré : Tchernovil-sur-Terre, explicitant le rôle de l’iode 131, des cesium 134 et 137, dans cette partie de la Champagne, il apprend qu’un site nucléaire, situé à 8000 m de sa maison natale, le CSA de Soulaines, (Centre de Stockage de l’Aube), rejette dans l’atmosphère des gaz radioactifs. Activité cachée aux riverains et aux élus, depuis 14 années !

Effectivement, avant d’être enfouis dans des alvéoles en béton , les fûts de déchets radioactifs sont écrasés par une énorme presse , pour économiser du volume. Le volume total du stockage étant limité à 1 million de m3 !

Les galettes sont alors reconditionnées dans des fûts neufs.

Dans un atelier confiné, malgré une ventilation nucléaire et des filtrages soit disant appropriés, des effluents gazeux radioactifs sortent par une cheminée de 17 m, et se répandent dans l’atmosphère.

Rappelons que l’ANDRA Soulaines est autorisée par l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) à rejeter environ 50 Giga Becquerels par an. Le 25 janvier 2007, la preuve est établie, que les villages sous les vents dominants, donc à l’est de l’Aube, et à l’ouest de la Haute-Marne, sont gravement contaminés par les radionucléides issus de la cheminée.

Exemples : 5 fois plus de cancers de la thyroïde, (cinq fois), dans 11 villages haut-marnais, par comparaison avec les chiffres du registre des cancers Marne-Ardenne, chiffres enfin communiqués par Madame Claire Schvartz de l’Institut Jean GODINOT à REIMS.

Un courrier a été adressé au 113 médecins de la couronne autour du CSA, leur demendant de recenser le nombre de cancers de la thyroïde dans leur clientèle. Les premières réponses sont inquiétantes

550 malades de la thyroïde à Bar-sur-Aube,

- Une pharmacienne déclare : « Les ventes de Lévothyrox sont exponentielles ».

- Un médecin confie : « En ce moment je diagnostique deux nouveaux cas de thyroïdie par jour dans mon cabinet »

- Un autre : « Il y en a 100 fois plus qu’avant »

Des quantités de cancers du pancréas, du foie, du colon, de la prostate, de la vessie, du sein…

Sans oublier les Alzheimer, les apparentés Alzheimer et les Parkinson, et les traitements de la stérilité…

Bref des milliers de vies brisées…

Les vétérinaires et les pharmaciens ont remarqué que même les chiens sont malades de la thyroïde !

Michel GUERITTE entreprend alors de dénoncer l’affaire. Il crée une association : La Q.V. (Qualité de Vie à Ville-sur-Terre et ses environs)

Il essaie d’utiliser la presse locale, mais en vain. Le journal L’Est Eclair, « acheté » tout comme les élus, par l’ANDRA, fera tout pour étouffer l’affaire et nier l’évidence.

Pour obtenir un temps de parole, Michel GUERITTE s’est même présenté aux législatives de juin 2007. Mais en vain : il n’obtiendra pas une ligne dans l’Est-Eclair, ni une seconde sur France3.

Invité à la réunion de la CLI du 26 juin 2007, il est finalement « interdit d’exposé ».

Par ailleurs, le Directeur de la DDASS de l’Aube, qui devait donner des informations sur l’éventualité d’une enquête épidémiologique, s’est fait représenter par le Sous-Préfet. La lecture d’une lettre de ce directeur nous a appris les difficultés d’une telle enquête, pour diverses raisons alibis, notamment parce que la population n’est pas assez importante autour de Soulaines !

Difficile de lutter contre le lobby nucléaire.

Vous trouverez toute information complémentaire sur le site : villesurterre.com

Vous comprendrez le rôle du cumul des faibles doses.

Vous constaterez que les centrales nucléaires ne sont pas aussi propres qu’on voudrait vous le faire croire, puisqu’elles aussi ont des autorisations de rejets radioactifs.

Vous apprendrez qu’une enquête épidémiologique vient d’être lancée autour du Tricastin. Vous apprendrez comment un petit groupe d’irréductibles manifeste à Genève pour que l’OMS ne subisse plus la loi de l’AIEA…

La Q.V. souhaite qu’au nom du principe de précaution le compactage et tout process générateur d'effluents radioactifs soient stoppés au plus vite.

La Q.V.a entamé des démarches pour que les victimes puissent porter plainte contre X.

Plus de détails sur http://www.villesurterre.com.

30 mars 2007

Petits meutres entre amis ?

Trouvé sur http://hebdo.nouvelobs.com/p2212/articles/a337804.html. Une chronique de la France qui souffre, qui se lève tôt et qui paie pour les fraudeurs du métro ?

Enigme à Neuilly-sur-Seine

Les liaisons dangereuses de Sarkozy

Enterrée, l’affaire de l’appartement du candidat de l’UMP ? Ou seulement étouffée, le temps d’une campagne électorale ? Olivier Toscer revient sur ce dossier troublant, où l’on découvre une promotrice octogénaire murée dans le silence, un mort tombé d’un toit et quelques combines douteuses

Elle n'a opposé grande résistance. A 85 ans, Denise Lasserre, l'ancienne légende des belles années de l'immobilier à Neuilly, n'a plus aujourd'hui la force de se battre. L'émissaire de Nicolas Sarkozy a facilement obtenu ce qu'il était venu chercher, jusque chez la vieille dame. Arrivé en voiture officielle et reparti avec le certificat de bonne conduite qu'il cherchait pour son patron : un communiqué public de Denise Lasserre assurant avoir vendu un appartement au candidat UMP à l'Elysée sans la moindre remise sur le prix, ni largesses sur les travaux. Un témoignage censé démentir les informations avancées avec force détails par « le Canard enchaîné » du 28 février.
Depuis, Denise Lasserre, ex-dirigeante de la plus prestigieuse entreprise immobilière de Neuilly dans les années 1990, s'est recluse chez elle. Barricadée derrière sa porte blindée, entourée des souvenirs de sa splendeur passée. Celle d'une petite architecte juive roumaine, diplômée de l'université Ion-Mincu de Bucarest, arrivée en France en 1967. Elle a construit son empire immobilier à la force du poignet. Une réussite exceptionnelle, accomplie à l'ombre de la riche mairie de Neuilly et de son maire, Nicolas Sarkozy.

Il y a encore quelques années, Denise Lasserre possédait l'un des plus beaux carnets d'adresses de la place. On y voyait des artistes cotés comme le sculpteur Arman, des people comme Jacques Martin, l'ex-mari de Cécilia, des hommes de presse comme Yves de Chaisemartin, alors patron du « Figaro ». Mais également du monde politique. Un éventail éclectique de personnalités de droite : de Jean-Pierre Denis, ex-secrétaire général de l'Elysée, à Martine Lehideux, membre de la hiérarchie du Front national. Denise, membre du Rotary Club, fraie aussi avec Didier Schuller, personnage clé de l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine, l'un des scandales politico-financiers les plus retentissants des années 1990. La promotrice venue des bords du Danube fréquente la compagne de l'époque de Schuller, Christine Delaval. Denise est au coeur du pouvoir dans les Hauts-de-Seine. Elle peut joindre, à tout moment, Nicolas et Cécilia sur leurs portables et entretient même des relations amicales avec Andrée, la mère du premier magistrat de la ville.
Avec une quarantaine de vendeurs, le cabinet Lasserre roule sur l'or. «Le groupe travaillait beaucoup sur Neuilly, assure Jacques Havard-Duclos, le directeur des services techniques de la mairie. Lasserre était une référence dans le secteur des immeubles de standing.» Une bonne trentaine d'immeubles haut de gamme portent la marque de la reine Denise.
A ses côtés, elle peut compter sur son fils, Michel. Ce dernier est très proche de Nicolas Sarkozy. «Ils étaient de la même génération et partageaient la même passion pour les cigares», se souvient un excellent connaisseur de la mairie de Neuilly. Les deux hommes passent beaucoup de temps ensemble. Ils sont souvent rejoints par François Fillon, l'actuel conseiller politique du candidat UMP à l'Elysée. Michel Lasserre, le VRP de luxe du cabinet, soigne son carnet d'adresses. L'homme est généreux, par exemple avec « Neuilly Journal indépendant », l'organe officieux de la mairie, dirigé en 1988 par Cécilia Martin, future Mme Sarkozy. Les pleines pages de pub achetées par le groupe Lasserre sont publiées aux meilleurs emplacements. Pendant plusieurs années, les encarts groupe Lasserre sont même annoncés dans le sommaire du journal. Le promoteur paie rubis sur l'ongle. Un parrainage actif et constant. C'est l'époque où Nicolas Sarkozy lance son grand projet d'aménagement de l'île de la Jatte en village pour la jet-set. Là, le groupe Lasserre achète 3 900 mètres carrés d'espace constructible pour y édifier le complexe Victoria XXI, un ensemble de trois immeubles de grand standing, la future résidence privée du candidat UMP à l'Elysée. Cette opération fait partie des grands travaux du maire. Elle se révèle un vrai gâchis financier pour la ville. Au départ, la mairie compte empocher 2,4 millions d'euros de bénéfices sur l'opération. A l'arrivée, elle perd 14 millions d'euros. Dans l'affaire, elle fait aussi preuve d'une grande générosité en faveur de la SEM 92, l'aménageur du projet, en lui accordant 5,7 millions d'euros de prêt sans intérêts. Sans ce prêt «douteux», selon la chambre régionale des comptes, le projet de l'île de la Jatte s'écroulait. Et entraînait les Lasserre dans sa chute. Nicolas Sarkozy fait alors figure de sauveur.
Le fils, Michel Lasserre, n'est pas un ingrat. Il sait être reconnaissant. Au début des années 1990, son ami Nicolas ambitionne de construire une nouvelle maison de retraite et une crèche rue Soyer. Michel Lasserre se lance dans cette opération à haut risque financier. Il rachète le permis de construire à la mairie de Neuilly le 20 mai 1994. Il est alors persuadé qu'il sera exonéré de la lourde taxe liée au dépassement du PLD, plafond légal de densité. En effet, quand un constructeur dépasse la limite de surface autorisée au départ, il doit payer un supplément. Michel Lasserre espère y échapper. Il se trompe lourdement. Il apprend qu'il doit au fisc la somme de 5,49 millions d'euros. Il croit encore que le maire de Neuilly va le sauver. Il refuse de payer. «Sarkozy, qui était alors le tout-puissant ministre du Budget d'Edouard Balladur, assure un proche du promoteur, conseille aux Lasserre de contester ces impôts devant les tribunaux en leur assurant qu'il les soutiendrait de Bercy.» Information démentie par la mairie. Mais confirmée par le promoteur.

Cette réclamation fiscale tombe très mal pour les Lasserre. La crise immobilière les atteint de plein fouet : ils ont acheté des terrains à des prix exorbitants et peinent à vendre leurs immeubles. «Il aurait fallu déposer le bilan comme les autres promoteurs en plantant les banques», explique un ancien collaborateur du groupe. Mais, chez les Lasserre, ça ne se fait pas. Les petits immigrés roumains s'entêtent. «On va se refaire», décrète la patriarche. Denise la battante préfère la fuite en avant. Elle jongle avec les projets et la trésorerie. Elle croit sortir victorieuse du procès engagé contre le fisc au tribunal administratif de Paris. Elle se trompe : l'affaire liée à la construction de ce complexe immobilier de la rue Soyer devient son chemin de croix. Une malédiction ?
Le 6 juin 1996, Michel Lasserre, en visite sur le chantier de la rue Soyer, tombe du toit et meurt sur le coup. La police enquête durant deux ans avant de conclure à un accident. «Les ouvriers avaient installé une barrière de sécurité sur le toit, se souvient un ancien collaborateur du groupe. Mais, le jour où Michel est tombé, la barrière avait disparu.» Aujourd'hui, malgré l'absence de preuves, la mère n'en démord pas : son fils a été assassiné. A l'époque, Nicolas Sarkozy penche plutôt pour la thèse du suicide. Il s'en ouvre à ses proches : «Ses affaires allaient tellement mal et il doit une somme astronomique en PLD...» Le maire de Neuilly n'ignore rien des difficultés financières des Lasserre, étranglés par les banques. Ni des difficultés de gestion qui ont suivi le décès du fils. Nicolas Sarkozy vit alors rue Pierre-Charron, dans le 8e arrondissement de Paris, dans la même rue que son mentor d'alors, Edouard Balladur. Il cherche à revenir à Neuilly. Coïncidence, la somptueuse résidence Victoria XXI sur l'île de la Jatte, face à la Seine, est pratiquement prête. Une future adresse de prestige : l'acteur Jean Reno vient juste d'y acheter un grand appartement. Une bonne affaire en vue : Denise Lasserre est aux abois. Le projet Victoria est un gouffre et perd 19,5 millions de francs de l'époque. Elle doit vendre vite pour se renflouer.
Nicolas et Cécilia font leur première visite au printemps 1997. L'histoire est maintenant connue. Ils exigent et obtiennent l'appartement à un prix défiant toute concurrence, tout en faisant prendre en charge des travaux pharaoniques d'aménagement par le cabinet Lasserre. Denise est au plus bas. Il y a ce maudit procès pour le complexe de la rue Soyer qui n'en finit pas. Les tribunaux lui donnent tort, les uns après les autres. Denise a le sentiment que Nicolas Sarkozy l'a définitivement abandonnée. Pour elle, il aurait pu faire un geste en payant une partie de la taxe « assassine ». Il n'a pas bougé. Fin 2004, la promotrice perd définitivement en Conseil d'Etat. C'en est fini de la grande bâtisseuse. Celle qui pesait au temps de sa splendeur 800 millions de francs est désormais sur la paille. Elle ne peut plus payer ses équipes. Refuse de les licencier, ferraille au tribunal des prud'hommes. Les huissiers sont à sa porte. Quand ils pénètrent dans son grand appartement de l'avenue Charles-de-Gaulle, l'artère principale de Neuilly, ils emportent tout. Leur butin : 500 000 euros de tableaux de maître, 150 000 euros de tapis précieux et de tapisseries, de l'argenterie, des fourrures, des bijoux. Des biens de valeur estimés par l'assureur à 860 000 euros. La ruine... et la calomnie. Tout Neuilly est aujourd'hui persuadé, sans la moindre preuve, que la tsarine de la pierre, frappée par le malheur, est à l'origine des révélations sur l'appartement de Sarkozy. A 85 ans, Denise Lasserre, plus seule que jamais, refuse de s'exprimer. Elle préfère s'enfermer avec ses lourds secrets.

Olivier Toscer, Léna Mauger
Le Nouvel Observateur

Drapeau

Mon drapeau, ce pourrait être celui-ci :
Drapeau national du royaume de France
adopté officiellement le 4 octobre 1789, puis drapeau de la République française, jusqu'au 15 février 1794. L'ordonnancement des couleurs n'étant pas précisé, on vit de nombreuses variantes. C'est à la demande de la Marine nationale (qui avait adopté des bandes verticales en 1790 - voir plus haut), en 1794, qu'on le précisa afin d'obtenir un pavillon clairement identifiable en mer. Ce fut le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge à bandes verticales que nous connaissons aujourd'hui qui fut alors choisi (Il faudra néanmoins attendre 1812 pour que l'armée de Terre en adopte la disposition).
Source : http://perso.orange.fr/pierre.gay/PagesFra/HisMetro
ou celui-là :
Pavillon de beaupré de la Marine royale
du 24 octobre 1790 au 21 septembre 1792,
puis pavillon de beaupré de la Marine nationale
du 22 septembre 1792 au 20 mai 1794.
(Même source).
mais pas celui-là :


Devinez pourquoi ?

29 mars 2007

Mitterrand 2007

C'est un blog dont je vous recommande la lecture. La thématique : que dirait François Mitterrand s'il pouvait commenter l'actualité de la campagne électorale. Excellent, et pour vous mettre l'eau à la bouche, un extrait :

Droite et information. Nation, Sarkozy et mariage

Les maîtres de la droite, les maîtres de l’argent ne changent guère leurs méthodes, d’une élection à l’autre. Affoler, inquiéter un peuple français, qu’ils supposent frileux, replié sur lui-même, presque veule, et pour lequel ils n’ont finalement que peu de considération, reste leur objectif privilégié dès qu’ils sentent que la victoire, qu’ils considèrent par principe acquise dans toute élection, leur échappe. Vous allez voir, les incidents comme celui de la gare du Nord vont se multiplier. Sous couvert de devoir, il va être demandé à certaines forces de police d’en rajouter, en souhaitant sans doute qu’il se passe quelque chose. Et comme toujours, la droite comptera sur ses amis au sein des medias pour amplifier la peur, la vivifier… J’ai déjà assisté de loin à ce petit jeu, en 2002, et je pressens que la même pièce s’apprête à se jouer. M.Namias est toujours là, à TF1, prêt à rendre service, en échange d’une fonction honorifique pour son épouse, ou d’une décoration… Qu’il en profite bien, car il se murmure que Sarkozy pense qu’il a fait son temps, et il aurait demandé à son ami, Martin Bouygues, un rajeunissement à la tête de l’information de la chaîne privée. Quant à M.Mazerolle, sa capacité de nuisance est aujourd’hui limitée, et il faut s’en réjouir. Je suis chaque fois stupéfait quand je pense que Michelle Cotta, patronne d’antenne 2 à l’époque, et pour laquelle j’ai une certaine estime, serait allée défendre en 2001, à Matignon, dans le bureau du directeur de cabinet de Jospin, Olivier Shrameck, la nomination de ce Mazerolle à la tête de la rédaction d’Antenne 2. Belle idée, en effet, que de laisser s’installer à la tête de l’information de la plus grande chaîne publique, un homme de droite qui, dit-on, tirait les larmes des femmes journalistes sous ses ordres à Radio Luxembourg, en leur parlant comme un sous-officier de la Légion étrangère. [...]

Nicolas Sarkozy, et, pour être exact, M.Henri Guaino, l’homme qui lui écrit ses discours, ont décidé de s’approprier ces temps derniers la Nation. Ils vont même, chacun le sait, jusqu’à citer Jaurès. Pourquoi pas ? Il n’est jamais trop tard pour apprendre, encore faut-il comprendre.

La Nation, c’est une assemblée d’individus égaux en droit qui décide souverainement de son sort en s’en remettant au respect aux Droits de l’Homme et du Citoyen. La Nation offre les même droits à tous, libre à chacun d’en faire ce qu’il veut dans le respect des droits de l’autre. La Nation n’est donc pas un assemblage de communautés, de corporatismes, de clientèles à qui l’Etat octroie des droits à raison de leur particularisme tout en déniant ces mêmes droits à autrui. La Nation ne divise pas, elle rassemble. Sans exception. C’est dans ce sens qu’il faut entendre Jaurès lorsqu’il disait que la Nation, « c’est le dernier bien des pauvres ». La Nation offre, même au plus démuni de ses membres, les mêmes droits qu’au plus fortuné, mais elle ne lui accordera pas de droits particuliers à raison de sa pauvreté, ou de ses croyances, ou de ses opinions politiques, ou de ses mœurs, ou de sa religion… Et si la puissance publique intervient en ces domaines, ce sera pour rétablir l’égalité des droits qui serait, pour une raison ou pour une autre, menacée de disparaître entre membres de la Nation, situation qui mettrait en péril la Nation elle-même. Rétablir un ordre juste, en somme. Relisez ce que j’ai dit sur ces questions lors du tricentenaire de la révocation de l’édit de Nantes en 1985. Dans l’une des premières manifestations de l’esprit national, en 1598, Henri IV avait finalement accordé la liberté de religion. Il avait compris que faute d’égalité religieuse entre tous, les désordres et les guerres continueraient. Il appartenait à l’Etat de faire triompher ce qui n’était pas de l’ordre de la religion, de la foi, de la conscience individuelle, où l’Etat n’a que faire. Mais de l’ordre de la politique, dès lors que ce qui était en danger, c’était la Nation.

Je le déplore pour lui, mais c’est le contraire de ce que professe M.Guaino par la bouche de M.Sarkozy. Ce qu’ils appellent Nation, c’est l’opposition des uns aux autres, c’est la division des uns et des autres, qui mène inévitablement à l’oppression des uns par les autres.

Au risque de surprendre, j’estime qu’il en est aujourd’hui de même pour la question du mariage, et de la famille. Contrairement à ce que dit M.Sarkozy-Guaino, l’Etat n’a pas à se mêler de la vie privée et à définir ce que doit être une famille. Pas plus qu’il n’a à estimer, comme le candidat de l’UMP l’a fait récemment, que les homosexuels ne peuvent assurer « la sécurité » d’un enfant dont ils auraient la charge. Au nom de quoi peut-il en juger ? Au contraire, l’Etat, la Nation doivent aujourd’hui accorder à tous le même droit au mariage et à la famille. Sans distinction. Ségolène Royal l’a bien compris. A sa place, j’aurais adopté une position identique. Nos conceptions personnelles relatives aux moeurs n'ont rien à faire dans le débat public. Elles n'y ont pas place. Cela n'est pas le rôle d'un élu de la Nation. Son rôle, c'est de mettre en accord notre droit civil avec son époque. Souvenez-vous, en 1981, c’est le gouvernement de Pierre Mauroy qui a dépénalisé les relations entre personnes de même sexe de plus de seize ans. La Droite a hurlé. Et alors ? Elle hurlera si le droit au mariage et à la famille est ouvert aux personnes de même sexe. Et alors ? Il faudra supporter les jérémiades de Mme Boutin et les plaisanteries grasses de M.Dutreil ? Et alors ?

C’est ainsi que pour ma part, j’entends affirmer la puissance unificatrice de la Nation au service de tous ceux qui en sont membres. Oui, la Nation unit et ne divise pas, la Nation rassemble et n’oppose pas, la Nation réconcilie et n’oppresse pas. Et oui, j’irai partout le répétant sans cesse, oui, la Nation, c’est l’ordre juste !

Ou encore :
Pour finir, je félicite le directeur du Point pour la photo de une qui orne la couverture de son journal cette semaine. Il s'agit d'un portrait de Ségolène Royal choisi avec soin, on le devine aisément. Moi aussi en mon temps, j’ai eu droit à ces amabilités photographiques de la part de la presse aux ordres. Moi aussi, je me suis retrouvé, plus souvent qu’à mon tour, à la une de magazines, l’air défait, la mine hâve, le regard hagard et l’air tellement absent que je finissais moi-même par me demander si le cliché en question n’avait pas été pris à mon insu, à la fin d’une garde à vue de quatre jours. Soumise à un traitement identique, Ségolène Royal a, malgré tout, un petit avantage sur moi, et qui la préserve du pire. Ils ne pourront jamais la photographier mal rasée.