9 novembre 2006

Le joueur de jeux

J'ai aussi découvert cet écrivain écossais incroyable, qui utilise son middle name pour signer ses romans de science-fiction (Iain M. Banks), pas les autres (Iain Banks)...

Son univers s'appelle la Culture, chaque roman constitue une histoire à part. J'ai commencé par la première, celle qui parle d'un "joueur de jeux" qui va défier un Empire étranger a priori hostile à "la Culture". Le titre est l'homme des jeux...

Je ne vais pas raconter l'histoire... on se laisse emporter par le style de l'auteur, bien servi par le traducteur...

Un extrait de critique : « Les systèmes coupables n'admettent pas l'innocence », pense le vieux vaisseau spatial Facteur Limite, sur lequel le plus grand joueur-de-jeux de la Culture, Jernau Gurgeh, vient d'embarquer. C'est d'ailleurs parce qu'il se sent coupable que cet indolent dilettante vient d'accepter un pari insensé : battre sur son propre terrain le peuple d'Azad, qui s'affronte au cours d'un tournoi fabuleux pour choisir son empereur. Gurgeh vient de tricher pour la première fois de sa vie, et le défi insensé qu'il porte à cet Empire sanglant fera taire ses remords et celui qui veut le faire chanter, le rancunier petit drone Mahwrin-Skel. »

L'épilogue aussi vaut d'être lu, car il contient une information inattendue...

8 novembre 2006

La voix du maître

Ce post et les quelques suivants sont antidatés. Cela fait plusieurs jours que le contenu est dans ma tête, autant profiter des fonctions de blogger...

C'est un roman de Stanisław Lem. Bon, ça commence, tous les éditeurs français le prénomment Stanislas... Alors que ça se prononce, en plus, Stanis'ouaf...

Un grand roman d'un grand auteur, avec, vu la difficulté de la langue et du texte, un formidable travail de traduction d'Anna Posner. Que dire de ce livre ? Lem s'était fait des tas d'ennemis en attaquant de front les auteurs de science-fiction coupables à ses yeux de légèreté scientifique et de facilité stylistique. Là, c'est tout le contraire. Les débats épistémologiques font rage, les descriptions psychologiques aussi, un roman prise de tête mais dont on sort en se disant que finalement, le langage ça peut aussi servir à ça.

7 novembre 2006

Violences

Source : http://altermonde-levillage.nuxit.net/article.php3?id_article=7346

J'ai retiré l'introduction... Michel, on ne répond pas à la violence par la violence, ni aux terroristes par la terreur, sinon on ne vaut pas mieux.

La police nous protège ? Qui nous protège de la police ? Agen, dimanche 23 avril 2006. Une ambiance sympa, des gens tout sourire... Une soirée cabaret à la Baraq'abricot à l'occasion de la clôture de la semaine sans télé... Théâtre, animation pour enfants, clowns, spectacles, concerts... Une belle soirée... Blaise, comédien d'une petite troupe de théâtre amateur, vient de jouer un petit spectacle en compagnie de ses amis. Au programme ce soir : Raymond Devos... Le public est ravi, les enfants enthousiastes et les plus grands aussi. L'ambiance est à la bonne humeur... Mais la route est longue et Blaise et le reste de sa troupe quittent la Baraq'abricot juste après leur petit spectacle. En sortant, Blaise, qui suit ses amis de quelques mètres, reconnaît un autre ami sur le trottoir d'en face. Celui-ci est entouré de trois personnes. Blaise lui demande si tout va bien ? Son ami lui répond : « - non, ça ne va pas ! » Inquiet, Blaise traverse la rue et se rapproche du groupe des trois hommes qui entourent son ami. Solidaire, il veut comprendre ce qui se passe, pourquoi ça ne va pas ? Arrivé à la hauteur du groupe, l'ambiance est déjà beaucoup moins bonne. Les trois individus ont une attitude étrange, ils sont distants et menaçants. Blaise veut savoir pourquoi son ami est angoissé et il le lui demande, mais les autres hommes de plus en plus menaçants l'empêchent de répondre et refusent eux aussi de s'expliquer. Blaise insiste. Hors de question de laisser son ami dans cette situation. L'atmosphère est tendue, les regards sont glaciaux. Les trois hommes prétendent que tout va bien, simulent la décontraction, mais leurs regards les trahissent. Et puis son ami angoissé lui a bien dit que ça n'allait pas. Blaise reste. Au bout de quelques minutes l'ambiance est de plus en plus tendue. Soudain un des trois individus brandit son portefeuille en l'air et crie : « - Police ! » Au même instant et de manière bien coordonnée, un des deux autres hommes s'empare fermement du bras droit de Blaise en lui serrant le poignet. En quelques secondes Blaise se retrouve menotté dans le dos. Il ne comprend rien de ce qui lui arrive. Il ne résiste pas physiquement, mais proteste verbalement, énergiquement, contre ce que sont en train de lui faire subir ces hommes, qui se sont révélés être des policiers en civil. Il proteste contre cette privation de liberté totalement injuste et injustifiable, mais les trois policiers ne veulent rien entendre. Ils le conduisent vers une voiture de police qui vient d'arriver, depuis quelques secondes, tout gyrophares allumés. Blaise menotté dans le dos, accompagné des trois policiers, croise son groupe d'amis de la troupe de théâtre, incrédule et sidéré devant ce spectacle stupéfiant. Blaise continue d'avancer vers la voiture quand tout à coup surgit derrière lui un quatrième policier, en uniforme, qui lui crie dessus totalement surexcité. Blaise, excédé, n'en croit pas ses yeux ni ses oreilles. Il se retourne vers lui et a l'audace de répondre verbalement au « gardien de la paix »... Erreur. Les choses se gâtent alors pour lui. Les quatre policiers se jettent violemment sur lui, le soulèvent de terre et le projettent littéralement dans la voiture. Blaise, choqué, se retrouve dans une position douloureuse, la tête au sol sous le siège, les pieds sur la plage arrière, menotté dans le dos. Pendant ce temps là, d'autres policiers en uniforme sont arrivés, et ont entouré le petit groupe de comédiens, choqués par ce qui est en train de se dérouler sous leurs yeux. Dans la voiture, Blaise essaye tant bien que mal de se redresser. Au bout de plusieurs minutes, il y parvient, il arrive à ouvrir la portière et à sortir du véhicule. Il hurle au secours et alerte ainsi plusieurs personnes du voisinage, qui sont alors témoins elles aussi de ce qui va suivre. Les policiers, à raison de cinq ou six, se jettent très brutalement sur lui, le fauchent et le frappe à terre alors qu'il est toujours menotté dans le dos. Les policiers injurieux s'en donnent à cœur joie. Blaise hurle de douleur. C'est alors que l'un des policiers entoure de son bras le cou de Blaise et l'étrangle pour le faire taire. Il serre très fort mais on parvient toujours à entendre quelques cris qui sortent de la bouche de Blaise. Cela dure plusieurs minutes, de très longues minutes. C'est alors que les cinq ou six policiers qui s'acharnent sur lui, le soulèvent à nouveau de terre, en position horizontale, ce qui permet au policier qui l'étrangle de resserrer complètement son bras sur son cou. Plus aucun son ne sort de la bouche de Blaise. Il est complètement étranglé, incapable de respirer ni d'expirer. Ses poumons sont complètement congestionnés. Déjà durant les minutes précédentes, il avait du mal à respirer, mais là pendant de très longues secondes il n'a plus d'air du tout. Au bout de trente secondes, tous le muscles de son corps se relâchent. Au bout de quarante secondes, ses jambes se mettent à battre dans tous les sens en des mouvements compulsifs. Au bout de cinquante secondes, le policier desserre sa clé. Blaise est en vie, mais sérieusement commotionné. Il est emmené au commissariat pour une garde à vue qui va durer... 18 HEURES. Ses amis, restés sur place, subissent un contrôle d'identité autoritaire et provocateur. Pendant sa garde à vue, alors qu'il souffre de multiples douleurs sur tout le corps et notamment à la tête et au cou, il n'est pas soigné. On l'oblige à se mettre nu et à faire des flexions pour vérifier qu'il ne dissimule rien dans son intimité. Procédure visant évidement à l'humiliation, comme si ce qu'il venait de vivre ne suffisait pas. Il a également fait l'objet d'un contrôle d'alcoolémie : Zéro grammes d'alcool dans le sang. Le lendemain en fin d'après-midi, quand il récupère ses affaires personnelles, il manque 50 € dans son portefeuille, ainsi que sa carte d'identité. Il essaye de porter plainte, notamment pour vol, mais cela lui est refusé ! Ne parvenant pas à joindre ses amis, c'est en auto-stop qu'il doit rentrer chez lui, à plus de 50 kms de là, blessé et affaibli par les 18 heures d'enfermement. Plus tard dans la soirée, il se rend à l'hôpital où les médecins constatent ses blessures et le soignent. Après ce cauchemar, les policiers ont... porté plainte contre Blaise pour « outrage et rébellion » ! Blaise aussi a porté plainte contre les policiers. Le procès aura lieu le vendredi 10 novembre à 14h00, au tribunal de grande instance d'Agen.* Venez le soutenir. * le procès pour le vol de son argent pendant sa garde à vue par une « personne dépositaire de l'autorité publique à l'occasion de l'exercice de ses fonctions » a été fixé un autre jour, le mardi 14 Novembre, à 14h00 heures.
Rien à ajouter...

6 novembre 2006

L’occitan interdit en Île de France

C'est un communiqué de la FELCO (Fédération des enseignants de langue et culture d'oc) qui rassemble les enseignants d'occitan de l'enseignement public...

La FELCO a appris avec surprise et indignation que le Ministère de l'Éducation Nationale avait demandé à la Maison des Examens d'Arcueil (Services des Examens des Académies d'Île de France) de refuser l'inscription, cette année, des candidats aux épreuves d'occitan (l'option facultative d'occitan au baccalauréat, étant la plus importante) des examens du secondaire, en application de la loi Fillon. Ce refus d'inscription, l'origine de la décision et le motif ont été notifiés par les Services d'Arcueil au Proviseur du Lycée Flora Tristan de Noisy le Grand d'où proviennent la majorité des candidats. Nous supposons que les autres langues régionales sont également concernées par cette décision brutale.

Nous ne pouvons croire qu'une telle décision ait pu être envisagée. Elle nous interpelle dans son principe même. Elle est juridiquement attaquable sur plusieurs points, notamment en ce qui concerne les garanties apportées par l'État concernant les validations et les certifications. Certes, la Loi Fillon aurait besoin d'être sérieusement amendée pour lever certaines ambiguïtés. Nous n'avons pas noté, cependant, qu'elle puisse avaliser une telle lecture restrictive qui prend le contre-pied d'autres textes officiels ou d'autres déclarations officielles, éminemment plus positifs.

Depuis 1951, il a toujours été possible de subir en région parisienne les épreuves d'occitan, comme de toutes les langues inscrites sur la liste des langues régionales, à partir du moment où il y avait sur place un examinateur compétent, ce qui a toujours été le cas jusqu'à présent. Le suivi des opérations de validation a, par ailleurs, été assuré depuis 1981 par le corps d'inspection voire par l'inspection générale.

Le refus d'inscription - entraînant la suppression de ces épreuves - est d'autant plus grave, s'il est confirmé, que l'on prévoit pour la session de juin que, comme chaque année, un contingent d'élèves du lycée Flora Tristan de Noisy le Grand s'y présenteront, auxquels il faudra sans doute ajouter des candidats isolés venus d'autres établissements. A-t-on songé - chez ceux qui ont pris la décision, que nous condamnons - au préjudice que l'on fait subir automatiquement à ces candidats ?

Le Ministère, quand il est interpellé à l'Assemblée sur sa politique en matière de langues de France, n'est jamais avare de déclarations émues élevant ces langues au rang de patrimoine national. Nous voyons à présent que dans sa géographie particulière, le caractère national de ce patrimoine s'évanouit aux portes de la Maison des Examens d'Arcueil qui accueillait tous les candidats en occitan qui se présentaient « au nord de la Loire ». Sans doute considère-t-on, dans quelque bureau de la rue de Grenelle, que ces langues régionales doivent rester à leur place, cantonnées comme dans une réserve sur le territoire de leur province. Ce n'est pas de cette méprisante façon qu'il convient d'aborder le problème.

Nous demandons donc aux autorités compétentes de bien vouloir rapporter sans délai la mesure discriminatoire qui frappe l'occitan et, dans les faits, l'interdit de séjour dans les établissements scolaires publics de la région parisienne.

D'ores et déjà, nous alertons sur cette question les élus de nos régions, les organisations syndicales, les associations amies et la presse.

D'un còp ai pas mai enveja d'escriure en francés...

3 novembre 2006

En attendant le bus

Ce matin, en attendant le bus, j'ai entendu deux personnes discuter dans une langue étrangère. "Mic"... "Nu"... "vorbesc"... Tiens, du roumain... J'ai commencé à discuter avec eux, leur demandant ce qu'ils faisaient ici. Ils m'ont raconté leur galère, leur satisfaction d'avoir fini par trouver un toit et un petit boulot en France. Ils n'ont pas pris le bus, finalement, qui était plein de contrôleurs (tiens, le premier contrôle depuis le 1er septembre que je reprends les transports en commun...). Les autres personnes qui attendaient le bus et sont montés avec moi m'ont fait de gros yeux. Quand même...

La revedere...

Nos enfants

Un très beau texte de Bernard Langlois dans Politis, j'en reproduis une partie ici. J'ai été choqué par l'incendie de bus de Marseille, mais plus encore par les discours haineux qui ont suivi de la part du "gouvernement" toujours aussi incompétent pour ce qui est de gouverner.

Oui, ce sont bien des enfants, nos enfants, les tristes héros de cette histoire de bus cramé à Marseille.

Des enfants jouant avec de l’essence et un briquet, parce que personne ne leur a jamais appris que ça pouvait être dangereux, que ça pouvait avoir des conséquences terribles. Ce n’est pas la première fois (souvenez-vous de ces gamines qui avaient enflammé la boîte aux lettres d’une copine, pour quelque grief de mômes, et le drame qui s’en était suivi), ce ne sera pas la dernière. Parce que l’émulation, la contagion. Peut-être que le drame de Marseille, le souvenir de cette pauvre petite victime - une enfant aussi, une jeune femme - transformée en torche, le choc que ça provoque donneront un coup d’arrêt à ce jeu de petits cons : faire flamber un bus. Peut-être.

Mais il y aura d’autres jeux de cons qui prendront le relais, et d’autres drames.

Nos enfants ? J’en entends qui protestent. « Les miens ne sont pas comme ça. » Soit. Je vais vous dire : les miens non plus (enfin, mes petits-enfants, parce que mes enfants ne sont plus des enfants...). Ils ont toujours su qu’on ne jouait pas avec les allumettes. On leur a appris.

Quand je dis : nos enfants, c’est manière de parler. Je veux dire : les enfants de ce pays où nous vivons, la France. Les enfants de la République. Je veux dire que nous avons tous, collectivement, la responsabilité de ces enfants-là, qui vivent ici, dans notre pays, qui y sont nés, y resteront - même s’ils ont des origines lointaines, « exotiques », « indigènes ». Ils sont sensibles, gais, attachants, comme tous les enfants ; ils sont aussi remuants, terribles, intenables, comme tous les enfants ; mais à la puissance dix. Parlez-en avec des profs qui exercent dans des quartiers « sensibles » : ils vous diront qu’ils les aiment, ces petits, qu’ils savent être charmeurs, adorables. Mais aussi qu’il leur arrive de les détester, de les craindre. Les mêmes parfois, tour à tour. Prof dans ces quartiers, avec ces gosses-là - qui dès 13-14 ans vous dépassent parfois d’une tête -, ce n’est vraiment pas une sinécure. Il faut, pour tenir, une vraie vocation. Au bout de quelques années de carrière, beaucoup de jeunes profs, usés, demandent leur changement pour des bahuts plus calmes. Ils vont enseigner chez les enfants de bourges, c’est plus « cool », on les comprend.

N’empêche : parfois, ils les regrettent, leurs petits sauvageons.

Le bloc-notes de Bernard Langlois appelle dans la foulée à la démission de monsieur de Petit Botcha, pour incompétence, il a ô combien raison.

2 novembre 2006

Le matin du sagittaire

Non, j'exagère...

Cela pourrait s'intituler Censure. Tombé dessus par hasard, le blog Derrière l'écran où Stéphane Chaudier entre autres vient défendre Sarah Vajda dont le livre Derrière l'écran, consacré à TF1 a été interdit de vente. Oui, en 2006, dans ce pays... Comme quoi cela fait suite au texte précédent.

Je vous en dirai plus quand j'aurai lu le livre en question, qui est téléchargeable sur le site.