21 janvier 2008

BHL

Cas typique dans la société française ? Avant-garde ? Bernard Henry Lévy est la cible justifiée de bien des polémiques.
Dans le Diplo, Serge Halimi l'associe justement à cette oligarchie qui non contente de s'enrichirà nos dépens prétend nous gouverner et nous faire la morale.
Un retour sur sa "qualité" de "philosophe"...



















Une critique précise de Pierre Vidal Naquet, auquel il répond par l'invective, une de ses spécialités, voir encore Serge Halimi, dans le Diplo, que je cite :

Dans son dernier livre, Bernard-Henri Lévy entend dresser un « relevé des laboratoires où fermente le pire (1) ». Y figurent par ordre d’apparition :

Hugo Chávez, « dont l’épiscopat latino-américain lui-même note que la rhétorique antilibérale rappelle celle “des régimes de type fasciste ou nazi” ! ». (p. 200)

Etienne Balibar, Daniel Bensaïd, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida, jugés responsables de « la redécouverte affirmée, et même claironnée, (...) d’un théoricien que son antilibéralisme a conduit au pire, c’est-à-dire au nazisme : Carl Schmitt. (...) Un Carl Schmitt qui nous est carrément présenté comme le sauveur d’une gauche à la dérive ne sachant plus à quel saint ni, en l’espèce, à quel diable se vouer ». (p. 203-209)

Slavoj Zizek, Peter Sloterdijk (en plus des précédents) : « C’est tout un pan de l’intelligentsia européenne qui marche comme un seul homme derrière cette idée curieuse et, plus on y réfléchit, hallucinante selon laquelle il reviendrait à un penseur nazi [Schmitt] de tirer la gauche de son impasse. Seul un dieu peut nous sauver, disait Heidegger. Seul un nazi peut nous sauver, répète, en écho, cette frange de la gauche. » (p. 210)

Emmanuel Mounier, Jean-Marie Domenach : « Cette idée [attribuée à Mounier et à Domenach] que le vrai danger n’est pas l’URSS mais l’Amérique, le communisme mais l’américanisme, on la retrouvera chez les idéologues de la nouvelle droite des années 1980. Puis, dans toutes les sectes néonazies, déjà évoquées, du type Nouvelle Résistance. Puis, enfin, au Front national » (p. 262)

Le Monde diplomatique : « Prenez tel éditorial du Monde diplomatique expliquant comment l’Amérique (...) a trouvé l’arme secrète pour “domestiquer les âmes” (...) – quasiment les mots de Drieu la Rochelle (...). Prenez encore, dans le même numéro du Monde diplomatique, (...) les troubles relents qu’a la dénonciation de l’“establishment cosmopolite de banquiers et de juristes d’affaires” qui domine l’Amérique et, donc, le monde. Maurras ou, aujourd’hui, Le Pen n’aurait pas dit mieux... Et dans tel autre article signé Loïc Wacquant et Pierre Bourdieu, (...) comment n’être pas sensible, encore, aux troubles assonances avec l’autre antiaméricanisme, le seul, le vrai, celui d’Arthur Moeller Van den Bruck, inventeur de la formule “Troisième Reich”. » (p. 269-270)

Michael Moore : son film Fahrenheit 9/11 « n’était qu’une variation sur les vieux thèmes isolationnistes, populistes, hypernationalistes et chauvins des Pat Buchanan et autres extrémistes de droite américains (...) ». (p. 271)

Harold Pinter (et, à nouveau, Chomsky et Bourdieu) : « On croit écouter Pinter, Chomsky, Bourdieu, ou un néotrotskiste. Mais non. Ce souffle, ce style policier, cette obsession des manipulations (...), cela nous ramène tout de même, je le crains, aux délires de la police tsariste fabriquant son fameux faux censé prouver la domination du monde par les juifs. » (p. 287)

Noam Chomsky, « ce maniaque du négationnisme ». (p. 295)

Olivier Besancenot, l’association Attac : « Pourquoi n’en avons-nous entendu aucun, jamais, nous dire ce qu’il pensait du président iranien Ahmadinejad déclarant, de façon répétée, que l’annihilation d’Israël était son rêve ? » (p. 341)

Parlant des écrits de « BHL », Cornelius Castoriadis y découvrait dès 1979 « un bon échantillonnage des procédés de la fourberie stalinienne ». Le jugement est sévère car Bernard-Henry Lévy nous assure écrire « sans esprit de polémique » (p. 243), même si « je simplifie, naturellement » (p. 251). Il nous recommande même : « Voyons plutôt les choses avec calme et sang-froid » (p. 264). Lui est « formé, je crois, à la curiosité et au respect » (p. 395).

Sur ce ton respectueux, on fera observer à « BHL » qu’il prend la défense de l’industriel américain Henry Ford (p. 262). Lequel inspira Adolf Hitler (2). Que, comme il le note lui-même, son engagement dans la cause du Darfour l’a fait « croiser un nombre croissant de militants islamiques, voire islamistes, liés, en particulier, au Nation of Islam de Farrakhan... ». M. Louis Farrakhan est un prédicateur antisémite.

Mais, plutôt que de lui faire observer quoi que ce soit, mieux vaut peut-être le renvoyer à ses propres écrits :

« Parfois, les bras vous en tombent, la lassitude vous vient, ou le dégoût – à quoi bon ? jusqu’à quand ? peut-on faire entendre raison à qui ne veut, de toute façon, rien entendre ? » (p. 322)

En effet.

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