Affichage des articles dont le libellé est Politique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Politique. Afficher tous les articles

12 juillet 2013

Pour mémoire : un homme qui protège l'évasion fiscale est-il digne d'être président ?

Extrait d'un entretien avec Hervé Falciani paru dans Libération ce jour;

Je veux rappeler que dans l’héritage de Nicolas Sarkozy, il y a le fait que Panama soit sorti de la liste noire des paradis fiscaux. Ce n’est pas anodin car tout l’immobilier louche se retrouve là-bas. Sarkozy a fait obstruction sur le plus grand dossier fiscal de l’histoire, il est le premier président à bénéficier d’autant de données et n’en a rien fait. Sauf à consolider une des places financières les plus toxiques par son opacité.

 Pour mémoire. Ceux qui voteraient pour lui le feraient en connaissance de cause.

9 mai 2013

Mafia

Dans Marianne, Guy Konopnicki présente un livre remarquable. Extrait.

Dans un livre choc, un policier et un limier du fisc racontent l'instauration d'un système politique et affairiste dans les Hauts-de-Seine. Une enquête édifiante.

Dans 92 Connection, Noël Pons et Jean-Paul Philippe retracent la saga des barons des Hauts-de-Seine qui, après avoir conquis la banlieue ouest de Paris, se partagèrent les fabuleuses richesses du département. Ce livre est en soi un événement par la qualité de ses auteurs : Noël Pons, fonctionnaire de la direction générale des impôts, a été conseiller au Service central de prévention de la corruption ; Jean-Paul Philippe a dirigé la brigade anticorruption de la police judiciaire.

L'un et l'autre ont enquêté pendant des années sur ce département. Une tâche d'autant plus ardue que sous les gouvernements de droite, depuis 1986, la Place Beauvau a souvent été une colonie des Hauts-de-Seine, occupée par Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy, tour à tour présidents du conseil général, puis par Brice Hortefeux et Claude Guéant, ombres portées de l'ancien maire de Neuilly.

Cette singularité alto-séquanaise ne simplifiait pas le travail des enquêteurs. Pourtant, dans leur style, celui des rapports de police et des enquêtes fiscales, Noël Pons et Jean-Paul Philippe livrent la matière brute d'un véritable roman. Une suite de la Curée, d'Emile Zola, qui évoquait les affaires politico-financières nées, sous le second Empire, de l'extension de Paris.

Un eldorado immobilier, qui n'était rien en regard de ce méandre de la Seine où, du Point-du-Jour à Rueil-Malmaison en passant par la Défense, les grandes industries mécaniques laissèrent, dès la fin des années 60, d'immenses friches, sur lesquelles furent bâtis les nouveaux quartiers d'affaires et les ensembles résidentiels. Une terre idéale pour les aventuriers.

Car les maîtres des Hauts-de-Seine ne sortent pas de l'ENA, à l'exception de Charles Ceccaldi-Raynaud, qui intégra la promotion Tocqueville et fut administrateur civil. Les principaux héros de cette histoire, qu'ils s'appellent Charles Pasqua, Patrick Balkany ou Nicolas Sarkozy, ont en commun d'avoir conquis eux-mêmes le pouvoir, en ne se laissant pas tétaniser par les principes moraux. Le département des Hauts-de-Seine appelait ce type d'homme politique : il fut d'abord une terre de conquête pour le parti du pouvoir, l'UDR des années Pompidou. 

10 avril 2013

Icône libérale, nullité économique

Ainsi Christian Lehmann qualifie-t-il Margaret Thatcher, qui après une vie à droite vient de passer l'arme à gauche...

En 1990, Margaret Thatcher fut évincée du leadership du Parti Conservateur britannique. La Dame de Fer, dont le poster orne les toilettes pour hommes de tout Parti Libéral qui se respecte, mit sa considérable intelligence et son pragmatisme réputé au service du privé.

thatcher hell.jpg
L’industrie du tabac vivait des heures difficiles. Les campagnes de santé publique commençaient à faire effet dans les pays Occidentaux, et Big Tobacco, qui tue chaque année deux pour cent de sa clientèle, voyait d’un œil inquiet les jeunes commencer à se détourner de la cigarette. Qu’à cela ne tienne. Maggie était là, et fut engagée par Philip Morris comme VRP de luxe dans les pays de l’Est et du Tiers-Monde, là où la jeunesse, mal informée, pouvait encore rêver du cow-boy Marlboro sans savoir qu’au moment même, après avoir témoigné en faveur d’une législation anti-tabac, celui-ci mourait d’un cancer du poumon à 52 ans.

La suite sur le blog "en attendant H5N1"...

19 mars 2013

Le racisme des élites françaises

Les réactions aux récentes déclarations de Victorin Lurel, ministre de la République et éminent représentant de la Guadeloupe ont mis en évidence ce que le "politiquement correct" refuse de dénoncer: le racisme des élites françaises, sur un large éventail des partis politiques, de la "gauche de la gauche" à la droite parlementaire qui a glissé à l'extrême-droite il y a quelques années déjà (l'UMP).

Raciste, Julien Dray, un ancien militant trotskyste qui a intégré le PS mais qui regrette que le gouvernement n'envoie pas aux obsèques de Hugo Chávez "une personnalité de premier plan à cet enterrement".

Raciste, Jean-Luc Mélenchon, un jacobin déjà connu pour sa phobie des langues régionales, Il parle du prétendu "mépris" de Victorin Lurel qui ne fait que prononcer des paroles pleines de bon sens et du respect qui est celui avec lequel on parle des morts dans la Caraïbe, région d'où il vient comme Hugo Chávez. Mais c'est plein de ses préjugés et débordant de suffisance que ce fils de colon en Afrique du Nord attaque M. Lurel et se montre sous son vrai visage.

Le racisme de la droite est moins inattendu, mais quand même. Commençons par Madame Laurence Parisot (combien de chefs d'entreprise antillais encore adhérents au MEDEF oseront l'avouer aujourd'hui ?) qui ressert au passage le mythe de Chávez dictateur, alors qu'il avait été élu démocratiquement, et qu'elle même vient de faire modifier les statuts du MEDEF pour briguer un troisième mandat de présidente...

On peut nommer aussi Hervé Morin, prétendu "centriste", qui en rajoute "J'ai honte pour mon pays". Toute honte bue, lui qui a trahi sa famille politique pour rallier l'extrême-droite et M. Sarkozy.

Enfin, Jean-François Copé, qui a endossé les habits de raciste patenté de notre ex-président, ne nous surprend guère, d'autant qu'il parle de "dictature", lui qui est parvenu comme chacun sait à la présidence... de l'UMP.

11 février 2013

Le nazisme à la française

Parmi les remparts idéologiques du nazisme à la française, si à la mode ces derniers temps (entre Civitas, qui me donnerait presque honte d'être chrétien, si je n'avais pas cette fâcheuse tendance à pardonner à ceux qui m'ont offensé, les Vanneste, Luca, Copé...), il y a le prétendu "génocide" qui serait arrivé pendant la guerre civile qu'a été la Révolution française.

Un article salutaire de Pierre Serna essaie de démonter cette falsification, qui a trouvé une exposition de choix récemment à la télévision.

Les trafiquants de mémoire, ou la Vendée vendue...
En moins d’un an, la direction de la programmation de France 3, chaine publique, met à l’affiche, cette nuit, 4 février 2013, une émission au titre des plus nuancés, comme si le point d’interrogation devait lever un doute « Robespierre, bourreau de la Vendée ? ». Non spécialiste de la Vendée, et plutôt rétif, à tort, à la culture télévisuelle, j’avais décidé d’ignorer l’émission. Mais devant ce qu’il convient d’appeler un acharnement médiatique dont le but ou la conséquence est de créer une vulgate partagée et finalement acceptée à force d’être répétée et ânonnée, quelques réflexions s’imposent. Un génocide aurait eu lieu en Vendée et qui dit génocide dit forcément que le coupable de l’histoire ou celui que l’on peut comparer à Hitler n’est personne d’autre que Robespierre.

Le véritable génocide des uns est relativisé – 6 millions de personnes sont mises sur le même pied que 170 000 personnes- le génocide inventé des autres se trouve décontextualisé et rendu incompréhensible parce que bricolé et impossible historiquement à démontrer.

J’ai dû regarder l’émission deux fois pour mieux comprendre les ressorts émotionnels qui structurent le docu-fiction avec ses ficelles, comme le film des cadavres et squelettes, exhumés sur fond de film de musique d’horreur dès l’introduction, ou bien à d’autres moments, c’est une musique de série d’angoisse qui envahit l’espace sonore.

Passe encore sur les approximations historiques, les documents filmés non identifiés, les interprétations des personnes interrogées, par exemple la théorie selon laquelle l’étude des coups d’épée relèveraient d’une situation d’acharnement, là où quelques années d’études de combat à l’arme blanche amènent à des conclusions inverses pour qui connait la force d’un sabreur à cheval (1).

Passe les ignorances sur le contexte de guerre européenne, passe sur les interprétations fondamentales de la thèse sur la Vendée de Jean-Clément Martin, non utilisées, alors que l’ancien directeur de l’IHRF, auteur d’un travail magistral sur la Vendée et son invention est interrogé seulement sur des aspects factuels et en tout dernier lieu sur l’interprétation des faits, là où tous les autres historiens soutiennent de suite leur position, des positions différentes et le plus souvent hostiles, développant longuement leur interprétation… Passe sur l’ignorance de ce qu’est dans l’histoire longue des répressions, les formes de mises à sac que des troupes militaires peuvent perpétrer sur des populations civiles comme un fait connu, et hélas déjà bien intégrées par les populations de Provence, des Cévennes dans la mémoire douloureuse des armées catholiques du roi massacrant des sujets protestants de sa majesté, bien avant la Vendée. Passe sur le feint étonnement de voir des ennemis traités de brigands et donc pourchassés et exécutés lorsque pris les armes à la main… comme si les cours prévôtales d’Ancien Régime et de la guerre des farines en 1775 et 1776 n’avaient pas connu le terme de brigand. Passe sur l’incapacité à penser la spécificité des combats entre militaires de lignes et population civiles révoltées qui, sous toute latitude, conduit les premiers à une férocité disproportionnée parce qu’ils ne reconnaissent pas aux seconds le statut de combattant, élément expliquant l’ensauvagement des guerres civiles.

A ce propos, passe aussi le long entretien demandé au spécialiste des guerres révolutionnaires, Bernard Gainot dont tous les propos ont disparu (censuré ?) au montage. Il avait osé comparer et montrer des parallèles entre la violence extrême des soldats bleus, et la brutalité sans limite des soldats anglais au même moment contre les patriotes irlandais, finissant par inquiéter leurs officiers soucieux de voir se transformer en animaux féroces leurs soldats, selon les témoignages de l’époque. Surement les propos de Bernard Gainot, maître de conférence habilité à la direction de recherches, ne cadraient pas avec la volonté délibérée de démontrer l’unicité du crime franco-français, hors de tout contexte de guerre…

Passe l’ignorance de Stéphane Courtois faisant preuve de sa demi-science en soutenant que le concept de crime contre l’humanité avait été inventé en 1944. S’il connaissait un tant soit peu l’an III et la réaction thermidorienne il saurait que les contemporains eux mêmes et Cambon en particulier ont conscience de l’importance de la violence qui vient de se déchaîner (qui le nie ?) et emploie déjà l’expression dès l’automne 1794 (2).

La litanie peut être longue. On arrête ici le démontage de la manipulation d’histoire et de la transformation des faits au profit de deux thèses : il y eut génocide, mieux « dépopulation » (ce n’est pas nous qui le disons, affirment les concepteurs de l’émission, c’est Babeuf lui-même, donc on peut le dire après lui, belle démonstration d’une imposture méthodologique : une fois, l’on utilise les propos des révolutionnaires contre eux, une autre fois pour la cause de la démonstration !!).

Deux point cruciaux, car ils sont les structures invisibles de l’émission, retiennent l’attention tant ils encadrent l’émission et constituent les deux bornes idéologiques sur lesquelles se construisent les deux supercheries constitutives du message matraqué pour la quatrième fois le 4 février.


Les deux mensonges de l’émission

Le premier est répété par S. Courtois, qui n’a jamais travaillé sur la Révolution française, et qui comme tous les convertis à la cause adverse de ce qu’il a adoré dans sa jeunesse, a fait son fonds de commerce de la détestation de tout ce qui est resté un peu plus à gauche que lui dans le monde universitaire, sans partager ses outrances de jeunesse. Comportement des plus banals. S. Courtois assène donc qu’en France, il est impossible de critiquer la Révolution ! Il est le premier historien à intervenir dans l’émission, l’un des derniers à donner son avis final, alors qu’il n’a jamais travaillé sur la période. Son avis est net. En France « on ne touche pas à la Révolution ». Dont acte. Mais qu’à cela ne tienne dans cette émission, des journalistes courageux vont défaire le mythe pour faire la lumière sur le génocide, ou pas ... La seconde posture qui encadre le film est celle de R. Sécher qui soutient sans hésiter l’idée que l’on tue deux fois la Vendée par l’opération du mémoricide. Selon le polygraphe, on tue une seconde fois la Vendée en l’oubliant systématiquement, en refusant d’en parler, en l’omettant sciemment des histoires. Ces deux faits énoncés aux moments clés de l’émission constituent le principal piège du documentaire qu’il faut avoir à l’esprit.

Pour cela, il faut convoquer le livre de Pierre Vidal Naquet pour bien comprendre le fonds négationniste de cette présentation historique et sa recette que le grand historien de la mémoire assassinée et spécialiste des négateurs des chambres à gaz a construit. P. Vidal Naquet explique la ruse du fonctionnement des négationnistes : il s’agit de construire une fausseté que personne n’a jamais soutenue, pour, en la déconstruisant, remettre en doute une autre vérité qui, elle, a été établie (3). Que font d’autres S. Courtois et R. Sécher que d’utiliser ce procédé pour mettre en doute la valeur de la Révolution et instiller l’idée d’une volonté politique et planifiée de destruction d’une population ?

Première contre vérité patente donc : en France on ne critique pas la Révolution , on n’y touche pas…Mais dans quel monde vit S. Courtois ? Depuis le 15 juillet 1789, on n’a cessé de critiquer, vilipender, détester, démonter et blâmer la Révolution. Depuis le 15 juillet 1789, dans ce pays, il y a au moins 10 % de la population qui n’a jamais accepté la Révolution, ses principes, ses valeurs et qui l’ont exprimé… parce que le nouveau régime leur en a donné le droit. Ils n’ont cessé de s’exprimer, au mieux dans la meilleure tradition libérale des études historiographiques, depuis Madame de Stael jusqu’à François Furet. La révolution a été l’objet de critiques parfois fondées, acceptables , mais permanentes, continues, à livres édités à des dizaines de milliers d’exemplaires. A qui fera–t-on croire qu’en France « on ne touche pas la Révolution » ? C’est là une contre vérité qui permet d’inventer un doute là où toute la verve anti et contre révolutionnaire s’est toujours tranquillement exprimée. Et que l’on ne prenne pas comme exemple la chaire d’histoire de la Révolution française que j’ai l’honneur de diriger, comme exemple d’une volonté d’imposer un seul discours. Elle a été explicitement fondée pour contrer Taine et Sorrel qui ne cessaient de massacrer l’héritage de la Révolution en présentant une lecture univoque aux jeunes élites de la France en 1880-1890 ! Comme dans le procédé négationniste, disséqué par Vidal-Naquet, cette fausseté permet d’instiller l’idée que la République cache quelque chose, une histoire monstrueuse , le crime de la Vendée et son oubli.

Car c’est là le second mensonge patenté soutenu par M. Sécher, l’idée du mémoricide qui repose sur le même principe : on veut oublier donc on veut cacher le génocide. La fable du mémoricide est donc construite. On aurait voulu occulter la Vendée. Mais combien de centaines et de centaines, voire de milliers d’ouvrages ont été écrits sur tous les épisodes sanglants de la Vendée depuis 1793 ? En affirmant cette contre vérité patente, l’auteur du pamphlet invente une fable avec tous les atours de la vérité pour instiller un autre mensonge, celui du génocide caché par la République et ses universitaires. Mais où est passée dans cette émission le travail de Jean-Clément Martin, certes interrogé mais point sur le fonds de son travail. Cet historien est le fondateur d’une autre vérité, sur l’absence d’un pouvoir au printemps 1793, capable de contrôler les troupes militaires, fin observateur de la manipulation à Paris, par les différentes factions de la violence désordonnée en Vendée pour s’imposer dans la capitale, en inventant "la Vendée" (4) ? Ce n’est pas là un oubli des contemporains ni des historiens mais au contraire une sur-présence de cette violence, de son récit, de son traumatisme et de ses séquelles dans la mémoire de l’Ouest de la France et de la république allant jusqu’à imaginer et nommer un espace qui n’existait même pas en tant que tel avant la Vendée !! de tout cela rien. Ou plutôt si avec l’aplomb des négationnistes connus dans d’autres champs : la fausseté affirmée avec une certitude sans faille. Ne tombons pas dans le piège de la surenchère. Ici, ce ne sont même pas des assassins de la mémoire, tout au plus des trafiqueurs de l’histoire. C’est leur droit, ils ne poursuivent qu’une longue généalogie de fossoyeurs des faits historiques, les fossoyeurs d’une histoire complexe, nuancée, douloureuse mais faisant sens, de la république. Les trafiquants du doute bricolent la montée de l’audimat… France 3 se prête à ce jeu, et nombre de leurs lecteurs n’ont jamais constitué une minorité brimée… Heureusement quelques historiens ont encore un peu de mémoire, la cultivent, non pour raconter la fable rose ou le livre d’horreurs du passé, mais pour comprendre et expliquer la violence outrancière des guerres civiles dans leur contexte.


Pierre Serna, directeur de l’Institut d’Histoire de la Révolution française.


(1) P Brioist, H Drévillon , P Serna, Croiser le fer, culture et violence de l’épée dans la France moderne XVI-XVIIIe siècle, Seyssel Champ vallon, 2002 réed. 2008
(2) « Cambon à la séance du 3 frimaire an III affirme que « Carrier a participé à des actes atroces exercés à Nantes, contre l’humanité », Moniteur XXII, p 595
(3) Pierre Vidal Naquet, Les Assassins de la mémoire, « Un Eichmann de papier » et autres essais sur le révisionnisme), 1981, Paris Maspéro.
(4) Depuis 1985, et la parution au Seuil de La Vendée et la France, Jean-Clément Martin, auprès d’un lectorat nombreux n’a jamais cessé de travailler sur la guerre de Vendée et sa mémoire, renouvelant sans cesse ses travaux, ses analyses, offrant régulièrement au public l’avancée des travaux les plus récents et fort nombreux sur la guerre civile dans l’Ouest de la France


1 février 2013

Pieds nickelés

Sur le "blog du forgeron", une histoire digne des pieds nickelés ou plutôt décrivant nos pieds-nickelés modernes, basés à Levallois-Perret:
Le 23 février 2012 à 6h du matin, une trentaine de policiers de l’anti-terrorisme débarque dans la campagne rouennaise. Sous les ordres du célèbre juge Fragoli, la meute cagoulée est à la recherche d’un forgeron, ou bien de son père. Ils trouveront l’un et l’autre à Roncherolles-sur-le-viviers, chez eux, en train de dormir.

Ca frappe à la porte, ça hurle, ça envahit la maison. Il est grand temps de se lever. Pourquoi ici? Pourquoi Roncherolles et pas ailleurs? La réponse ne se fait pas attendre, le forgeron est un ami des mis en examens de Tarnac. La police fouille, les canards caquetent, on auditionne le père. A 86 ans il sait manier la forge. Il suffit parfois de pas grand chose pour avoir les honneurs de la police anti-terroriste. Dans le fond, ils se prennent au sérieux ces officiers et ces juges avec leur histoire de Tarnac; mais tout de même, qui va ranger derrière eux?
Ce ne sera pas le forgeron car lui, on va l’emmener au siège de la DCRI à Levallois-Perret. Il n’y a pas de petites économies dans la traque au terroriste.

Aux policiers, le forgeron ne dira rien, trop impatient de rencontrer le médiatique juge Frangoli et d’entendre les raisons d’une telle fanfare. On lui demande quand même ses empreintes et son ADN. Lui, demande ce qui lui vaut d'être menotté et enfermé dans une espèce de grosse boite blanche au troisième sous-sol de la DCRI. C’est donnant-donnant, il ne donnera rien. En anti-terrorisme, on a souvent le droit à 96H de garde-à-vue, c’est le temps que la loi octroie aux professionnels de l’interrogatoire pour briser du terroriste. Bizarrement, il resort à peine 35 heures après son arrive. Peut-être s’est-on trompé de loi?
Le forgeron repart, libre mais dépité: le juge Fragnoli n’aura même pas eu 5 minutes à lui accorder. Ah mais non, attention, avant de rentrer chez lui, il doit faire une nouvelle garde-à-vue, il a refusé de donner son ADN. Encore une heure donc, au coeur des services secrets français. Puis s’en va acheter un billet de train. Ca a d’ailleurs encore augmenté.

C’est cependant le coeur plus léger qu’il accomplit le trajet retour. Il sait désormais pourquoi son telephone a été mis sur écoute pendant 2928 heures et ce qui lui a valu d’être suivi et surveillé pendant des mois: il est forgeron. Oui, cela il le savait avant d’être menotté par la police anti-terroriste mais ce qu’il ne savait pas, c’est que c’était un élément suffisant pour justifier son enlèvement à 6H du matin.
Mais comme le comique s’accommode toujours bien du dérisoire, notre ami forgeron est convoqué au tribunal de Rouen le 6 février prochain. Ce n’est pas parce que les sbires de l’anti-terrorisme n’ont rien à lui reprocher qu’on ne peut pas lui faire un petit procés pour avoir refusé son ADN aux policiers forts mal élevés qui l’avaient réveillé, sequestré puis relâché sans la moindre charge.

Parce qu’on ne peut que se réjouir de chaque humiliation que l’anti-terrorisme s’inflige à lui-même, nous vous invitons à venir rire avec nous mercredi 6 février au TGI de Rouen.

4 janvier 2013

À propos de Жерар Депардьё, un autre ami des dictateurs

Le blogue de Claude-Marie Vatrot, sur Politis, nous rappelle combien le poivrot de Châteauroux planqué en Belgique est compromis avec les dictatures satellites de l'empire de Monsieur Poutine dont il vient d'obtenir la nationalité. Extrait:
Avec son courrier lu jeudi à la télévision russe, courrier dans lequel il vante la qualité de la démocratie locale, Depardieu a donc payé son écot et finalement avoué son penchant pour les régimes ... forts. Comme lorsqu’il assiste aux fêtes du 36 éme anniversaire du sanguinaire président-dictateur de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, le 5 octobre 2012. Comme le chèque rétribuant ce genre de participation est en général plus que généreux, il ne fut pas le seul puisque des gens comme les footballeurs Barthez, Jean-Pierre Papin ou des acteurs comme Jean-Claude Van Damme sont venus en d’autres occasions honorer le dictateur mis en place par Vladimir Poutine.
Son inclination pour les dictatures conduit souvent Depardieu dans l’Ouzbékistan de l’indéboulonnable Islom Karimov, « élu » président depuis 1990 ; il y a chanté en compagnie de Gulnara Karimova, sa fille, et y prépare une série télévisée sur la route de la soie. Autre fréquentation « démocratique » de l’acteur français : le Kazakhstan présidé depuis 1990 par un des autres dictateurs de la région, l’inamovible Noursoultan Nazerbaëv qui se proclame volontiers descendant d’Attila. Il y a tourné en 2010 dans « l’inoubliable » Amour inopinée par Sabit Kurmanbekov dont la carrière n’a pas dépassée les frontières du pays malgré sa présentation en grande pompe au Festival de cinéma Eurasia. Un festival ou Gérard Depardieu fait fréquemment de la figuration à la fois intelligente et rémunérée entre 100 000 et 150 000 dollars pour deux ou trois jours de présence et de consommation des alcools locaux. Il n’est pas le seul à fréquenter ce pays dictature car il y a croisé à plusieurs reprises Patricia Kaas et aussi Régine qui a ouvert une boite de nuit à
Astana, la nouvelle capitale de ce pays qui emprisonne tous les opposants.

Sans commentaire.

17 décembre 2012

Connaître Manuel Valls

Il suffit d'une phrase d'Oscar Wilde:
Une communauté s’abrutit infiniment plus par un usage régulier de la répression que par une criminalité occasionnelle.
Monsieur Valls est ministre de l'Intérieur de la République française lorsque:
La police a arrêté Aurore Martin, cette militante du parti basque indépendantiste Batasuna de 33 ans. Elle était depuis 2010 sous le coup d'un mandat d'arrêt européen pour "participation à une organisation terroriste et terrorisme", car le parti Batasuna est illégal en Espagne, ce qui n'est pas le cas en France. 
Ce n'est pas la première fois que l'état français arrête un de ses citoyens, qui n'a commis aucun crime ni délit, pour le déporter vers un pays étranger.

Dès octobre 1940, avec la promulgation d'un statut des Juifs, la politique vichyste d'exclusion et de persécution, expression d'un antisémitisme et d'une xénophobie à la française, a défini, classé et isolé les Juifs résidant en France.
À partir de 1942, l'appareil d'Etat français, sous la direction de Pierre Laval, a apporté son concours à la mise en œuvre en France par les nazis de la « solution finale », en particulier lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver à Paris où, les 16 et 17 juillet 1942, la police française sous l'autorité de René Bousquet a arrêté 13 000 juifs « apatrides ».
Plus de 80% des Juifs déportés de France ont été arrêtés par la police française. (Centre National  de Documentation Pédagogique)
Mon dernier vote pour un candidat du Parti socialiste ? Juin 2012.

10 juin 2011

Contre l'assistanat

Trouvé sur Actu Chômage:

L'UMP s'indigne que des petites gens touchent 400 € par mois sans rien faire. Nous nous indignons que des "importants" touchent 4.000 € par mois pour des emplois fictifs.

On reproche aux allocataires du RSA de vivre aux dépens de la collectivité et on les soupçonne — pardon, on les accuse — de ne faire aucun effort pour se "réinsérer".

Faut-il rappeler que ces personnes survivent avec 400 € par mois, ce qui est en soi un exploit et une occupation à temps plein ? Faut-il rappeler que nombre d'entre elles doivent, en outre, résoudre des difficultés de logement ou de garde d'enfant, quand elles n'ont pas de gros problèmes de santé ?

Faut-il rappeler que la plupart de ces personnes, avant de sombrer dans la misère et le déshonneur, étaient "insérées" dans la société jusqu'à ce qu'un accident de la vie — plus généralement, une perte d'emploi liée aux aléas de la conjoncture… — ne les désinsère et les isole durablement ? Faut-il rappeler que la grande majorité d'entre elles ne souhaite que travailler, avoir un emploi digne de ce nom qui leur permette enfin de sortir définitivement de l'«assistanat» ?

Tandis que, pour des millions de Français, les emplois manquent, une poignée les cumule sans les honorer.

En pleine fronde anti-RSA, nous devons remercier Le Canard Enchaîné qui dévoile l'affaire, ainsi que Vincent Berger, le président de l'université Paris-Diderot qui convoque ce matin l'ex ministre de l'Education nationale, arrière-petit-neveu du fondateur de l'«école gratuite, laïque et obligatoire» et "moraliste" Luc Ferry, censé prodiguer 192 heures de cours de philosophie depuis la rentrée 2010 contre un salaire mensuel de 4.500 € nets, et qui n'a toujours pas mis les pieds sur le campus.

A l'heure où l'on tape sur les fonctionnaires (qui se la coulent douce et coûtent trop cher) et où des vacataires font la queue à Pôle Emploi, voici un enseignant-chercheur statutaire qui jongle avec les mises à disposition en fonction de ses divers mandats, perçoit un généreux traitement tout en étant déchargé de ses fonctions. Non pas victime de la crise mais de la loi d'autonomie des universités votée par son propre camp politique, le voici obligé de rendre des comptes.

Que voulez-vous, Luc Ferry a trop de travail ! Ecrivain prolixe, il est par ailleurs :
• président du Conseil d'analyse de la société depuis sa création en 2004 et perçoit à ce titre une "allocation de fonction" mensuelle de 1.700 € (véritable salaire de rêve pour nombre de chercheurs d'emploi et de travailleurs acculés au Smic…)
• membre du Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, ou comité Balladur, depuis sa mise en place en 2007 par Nicolas Sarkozy (montant de la rétribution inconnu)
• membre du Comité consultatif national d'éthique depuis 2009, encore nommé par… Nicolas Sarkozy (montant de la rétribution inconnu).

Aux dernières nouvelles, il s'agirait d'un «pépin administratif» : la mise à disposition de Luc Ferry auprès du CAS, obsolète depuis septembre 2010, devait bien être renouvelée. En attendant, l'université Paris-Diderot ne peut plus justifier cette décharge non compensée, et c'est au CAS ou à l'Etat de continuer à verser les 4.500 € mensuels de M. Ferry en plus de ses "allocations de fonction" : ça reste de l'argent public, et l'on constate une fois de plus que la "sécurisation des parcours professionnels" réservée au gratin du pouvoir est sacrément béton tandis que celle du citoyen lambda est inexistante...

Nouvelle preuve que le «travailler plus pour gagner plus», même réservé à une élite cooptée, à ses limites ? Voyez Christine Lagarde, candidate à la direction du FMI. Faut-il rappeler qu'elle est élue du 12e arrondissement de Paris et qu'à ce titre elle perçoit, en plus de son traitement de ministre des Finances (14.000 €/mois), une indemnité mensuelle de 4.000 € ? Comme le précise le premier-adjoint à la mairie, c'est le premier mandat électif qu'elle a l'occasion d'exercer durant sa brillante carrière. Mais Madame la Marquise est, elle aussi, complètement overbookée : depuis son élection en mars 2008, elle ne s'est pas présentée une seule fois au Conseil d'arrondissement et n'a fait acte de présence que quelques heures au Conseil de Paris, raflant la palme de l'absentéisme.

Que faut-il en conclure ? Que Luc Ferry ou Christine Lagarde (qui ne sont pas des cas isolés) ont bien de la chance d'avoir du boulot par dessus la tête — de surcroît, de prestigieuses "tâches d'intérêt général" à accomplir — et que la collectivité reconnaissante les récompense d'autant. Ainsi, même pour un emploi fictif, perçoivent-ils en un mois ce que l'allocataire du RSA — jeté au rebut — touche en une année.

SH

17 mars 2008

Bilan

Tout va bien... maire socialiste réélu avec 56% des voix contre un ex-maire incompétent et xénophobe. Le conseil général qui reste à gauche.



Tout pourrait aller mieux... encore 4 ans avec un président incompétent et xénophobe et sa majorité parlementaire. D'autant que ces incapables vont devoir faire face à une crise économique majeure.

Garder le sens de l'humour... (source Courrier
international)

6 février 2008

Françafrique quand tu nous tiens

C'est écrit dans les dépêches d'agences qui remplacent peu à peu la presse, Idris Déby, président du Tchad, pourrait gracier les condamnés de l'arche de Zoé en remerciements pour l'intervention française qui lui a permis de sauver son régime. En termes de pratiques françafricaines, la rupture avec la rupture est donc consommée.

D'ailleurs, un vrai organe d'information, Bakchich, nous raconte les mésaventures d'un fournisseur français du propriétaire du Congo-Brazzaville :

Bricolage judiciaire autour de la villa de Sassou
mardi 5 février 2008 par Jacques-Marie Bourget

Que pèse un petit maçon français face au dictateur congolais quand ce dernier a « omis » de lui régler quelques menues factures ? La justice tricolore semble avoir son avis.

Le type qui n’a vraiment pas de chance c’est l’entrepreneur en bâtiment français qui poursuit depuis des mois Sassou Nguesso, le dictateur rouge (la couleur du sang noir) qui règne sur le Congo. Mardi 5 février, le maçon très entêté a fait, une fois de plus, convoquer le clan Nguesso devant le tribunal de grande instance de Versailles, porte 152 à 8 heures 45. Il réclame qu’on lui paye enfin une facture de travaux bel bien exécutés. Quelle sotte idée de réclamer des sous à ce sage d’Afrique, au moment où l’appui qu’il donne à Idriss Déby, dans l’embarras avec ses rebelles sur le dos, est jugé « capital » par l’équipe Sarkozy. Nguesso envoie donc des armes à son ami tchadien, et même quelques-uns de ces hommes qui vont si bien avec le bon bout du fusil, la crosse. Troubler en ce moment la bonne volonté d’un ami d’ami de la France ? Ce n’est pas bien malin. D’autant que ce Sassou (combien d’opposants morts au compteur ?), Nicolas Sarkozy le trouve « sympa ». Il n’y a que Rama Yade qui a boudé ce grand Congolais lors de sa visite à l’Elysée. On se demande pourquoi ?

Sur le sujet, celui de cet entrepreneur qui veut ses sous, le tribunal de Versailles a été bien « briefé » par la chancellerie de Rachida Dati. L’affaire est ultra « signalée ». Un membre du parquet aurait même pris contact avec l’avocat du maçon pour le dissuader « de faire du tapage. De traiter tout cela dans la discrétion qui convient… » à cette affaire d’Etat. Pas de chance, Bakchich, qui suit le rôle des tribunaux avec attention, a repéré la discrète audience. Au cours de laquelle le tribunal, hélas, va examiner des documents, titres de propriété et papiers de succession qui ne correspondent pas tout à fait à la réalité.

Sassou perd la tête depuis qu’il a vu Suzette

Donc ce bon maçon, sur ordres de la nébuleuse familiale Nguesso, a effectué des travaux dans un hôtel particulier du Vésinet, la « Villa Suzette », au 45 de la rue Maurice Berteaux. Officiellement c’est Valentin, frère du « conducator » africain, qui est le propriétaire de « Suzette ». Sassou ne faisant « qu’utiliser » la maison de son frère… Dans l’histoire de ces 485 m2, il y a aussi Wilfrid, le neveu du maître, qui met aussi son nez. Wilfrid agit par amour pour son oncle. Car le neveu n’est pas à l’étroit. Il vit à Courbevoie dans une villa un peu plus grande, 550 m2, avec garages pour Porsche, Ferrari, Aston Martin et autres crache-carbone.

Entre Chirac et Sassou, Wilfrid a joué un rôle de grand tisonnier : celui qui entretient la flamme de l’amitié. Par ailleurs, dixit le Canard Enchaîné : « Wilfrid Nguesso joue un rôle important dans le business franco-congolais : il dirige la Société Congolaise de Transports Maritimes, qui a pour partenaires le pétrolier Total ainsi que le groupe Bolloré et les autres. » Un type qui est ami de Deby et de Bolloré ne saurait être fondamentalement mauvais.

Bref, au Vésinet, une première tranche de travaux (3 400 000 euros), jugée pas assez chic, est cassée pour qu’on s’oriente vers les robinets d’or et le marbre de Carrare. On attaque donc une seconde tranche qui se monte à 800 000 euros. Sassou le vaut bien. Sur ce chantier de la gloire, l’entrepreneur, lui, attend toujours un solde de 600 000 euros, ce qui le rend grincheux. Sassou argue que cette maison n’est pas à lui. Quant à Wilfrid, il a tout oublié de « Suzette ». L’hôtel particulier, c’est bien commode, est présenté aujourd’hui comme la propriété d’une société de droit luxembourgeois aux actionnaires anonymes. Vivre heureux, c’est vivre caché.

« Sherpa » monte au créneau

Bien plus commode quand on sait que, cet été, ce bien de famille a été au cœur d’une autre bataille judiciaire. « Sherpa » , le réseau international de juristes qui n’a rien compris à la nouvelle politique sarkozienne de « rupture », a assigné Sassou devant la justice française. Avançant que les biens hexagonaux du dictateur « ont été payés avec l’argent du peuple congolais ». Incroyable. Et nos magistrats du parquet ont dit que non. Que la preuve de la chose n’était pas rapportée et qu’il n’y avait donc pas matière à poursuivre. Mais l’impérial William Bourdon, l’avocat-président de « Sherpa » et par ailleurs ami de Bakchich, continue d’enfoncer son clou dans la croix de Sassou : « Tous ces biens immeubles ont été acquis par flux financiers qui proviennent de sociétés off-shore, elles-mêmes alimentées par des détournements d’argent public ou d’argent de sociétés semi-publiques. » Et on a le sentiment que, dans cette histoire de robinets, la justice a beaucoup de mal à s’occuper du droit. Alors qu’elle a tant à faire avec le tordu.

Sans commentaire...

12 janvier 2008

Versailles

Le congrès de révision constitutionnelle est convoqué pour contredire la volonté populaire. Le référendum de 2005 a dit non au traité constitutionnel européen, et à toute chance d'avoir une Europe politique réelle qui puisse abolir ces états-nations d'une autre époque fondés sur la négation des minorités et le nettoyage ethnique.

Le président de la république, qui a encore récemment fait preuve de sa lâcheté en faisant annuler le Paris-Dakar en raison de "menaces terroristes", n'a évidemment pas le courage d'affronter ces électeurs. Il est malheureusement soutenu aujourd'hui par le PS qui en appelant au boycott du Congrès risque de permettre à l'UMP d'avoir la majorité nécessaire pour faire passer le "mini-traité".

Mais pour qui vais-je voter aux municipales ?

7 décembre 2007

Représentativité

Une fois n'est pas coutume, un article de l'Humanité, qui rappelle que le MEDEF, Mme Parisot, ne représente pas grand monde dans le patronat, et n'est donc pas légitime pour exiger la destruction du Code du travail en cours au Parlement.

Le patronat vampirise l'argent public

Révélations . Représentativité quasi nulle, utilisation détournée de fonds publics, inefficacité économique… Une cadre raconte son travail au quotidien dans une fédération patronale.

« Caisse noire » de l’UIMM abondée à l’origine pour casser les grèves et désormais utilisée en bonne partie, semble-t-il, pour arrondir les fins de mois de ses dirigeants et de leurs amis, détournement des moyens de la médecine du travail ou encore de la formation professionnelle au bénéfice des certaines instances patronales…

Englués dans les révélations sur leurs petits arrangements entre amis, le MEDEF, ses fédérations professionnelles et leurs organisations territoriales connaissent une saison difficile… Malgré la lenteur de l’institution judiciaire qui a paru hésiter, deux mois durant, avant d’ouvrir hier, enfin, une information judiciaire sur les retraits suspects à l’UIMM. Et en dépit de la « bonne volonté » bienséante de nombreux médias alléchés, au début, à l’idée de pister les « syndicalistes corrompus » par les fonds secrets du patronat, mais un brin dépités après avoir fait chou blanc…

Après la publication, la semaine dernière, d’un très sévère rapport de la Cour des comptes fustigeant l’inefficacité et l’absence de contrôle des aides des collectivités territoriales versées aux entreprises et aux chambres de commerce (lire page 4), l’Humanité livre aujourd’hui une nouvelle pièce accablante au débat public : comment, dans le patronat, les hérauts du libéralisme le plus échevelé utilisent-ils, sous couvert de « développement économique », des fonds publics pour financer leur fonctionnement et nourrir en fait leurs nébuleuses d’organisations. Dans un monde où la loi du silence règne plus que jamais, nous avons recueilli un témoignage qui vient de l’intérieur. Une ex-cadre d’une fédération professionnelle raconte quelques années de travail dans les méandres du patronat : indifférence face à l’absence totale de représentativité, utilisation abusive de fonds publics, déficit absolu de contrôle démocratique, inefficacité économique, etc. « On m’a laissé courir dans le seul but d’obtenir non pas des résultats, mais des subventions », constate-t-elle. Révélations sur un système opaque, mais au fonctionnement si ordinaire.

T. L.

Quand elle découvre, lors d’un énième entretien d’embauche, que son interlocuteur, « vêtu comme une gravure de mode, soixantaine élégante, manières courtoises » et jusque-là protégé par le flou artistique des annonces, représente en fait une fédération patronale, la jeune sociologue, multidiplômée mais au chômage, tombe de sa chaise : non, tout mais pas ça, jamais elle ne travaillera pour les fumeurs de cigares au volant des grosses cylindrées, debout les damnés de la Terre… Elle reste quand même, provoque un brin et prend le parti d’en rire. Au bout du compte, malgré ses piques, même réitérées au deuxième entretien, et « pour je ne sais quelles obscures raisons », insiste-t-elle, elle sera embauchée. À l’automne 1996, Héloïse (1) devient déléguée régionale d’une fédération patronale représentant une cinquantaine de syndicats professionnels et qui compte dans l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), au Groupe des fédérations industrielles (GFI) et au MEDEF.

Bien sûr, elle a du mal, au début : à l’occasion d’une réunion de l’Association des moyennes entreprises patrimoniales (ASMEP), fondée et présidée par Yvon Gattaz, l’exaltation frénétique des vertus, par exemple, du « licencier sans entrave » la révolte… Mais petit à petit elle apprend à construire, comme elle dit, l’équation « moi + représentants patronaux = nous », avec la conviction sincère de la nécessité d’une « alliance des producteurs, incluant les forces vives du salariat et du patronat en vue d’une modernisation démocratique de l’économie et de la société française ».

les PME intéressent peu les organisations patronales

Dans la grande région dont elle a la charge, Héloïse est censée représenter la fédération, les syndicats adhérents et les chefs d’entreprises auprès des collectivités territoriales, notamment afin d’obtenir des subventions publiques pour financer des actions de développement économique. Dans un premier temps, après avoir constaté que 6 % seulement des 2 000 entreprises du secteur implantées dans sa région sont affiliées à la fédération, elle part à la rencontre des industriels, histoire de « connaître ses mandants » et, le cas échéant, de les faire adhérer. « Je voulais mieux connaître le tissu industriel de la région, raconte-t-elle aujourd’hui. Cela me paraissait une priorité : il fallait aller dans les entreprises pour savoir au nom de qui j’allais parler. C’est comme ça, me semblait-il, qu’on pouvait construire notre propre représentativité. Un représentant qui ne connaît pas ses mandants n’est pas représentant. Malgré quelques adhésions prometteuses, on m’a vite expliqué, à la fédération, que les cotisations étaient perçues par les syndicats et non par la fédération, et que, par conséquent, je devais arrêter. » Héloïse élargit le propos. « On parle souvent de l’absence de représentativité des syndicats de salariés, mais jamais de l’absence de représentativité des syndicats de patrons. Or, elle est aussi faible. Elle est calculée par rapport au chiffre d’affaires d’un secteur. Dans ces conditions, les organisations patronales ne sont pas intéressées par les petites et moyennes entreprises. Elles disent : "Nous ne sommes pas un service public, notre mode de financement ne nous permet pas de travailler pour tout le monde !" Les organisations patronales sont des ploutocraties qui paient un bon repas aux chefs d’entreprise histoire de leur faire croire qu’ils sont importants, mais les renvoient bien vite jouer dans leurs boîtes. Les choses sérieuses se passent sans eux. »

brutale mise sur la touche après un congé maternité

Dans le même temps, Héloïse découvre la nébuleuse patronale : fédération et syndicats, mais aussi centre d’études techniques, filiale d’investissement, organismes de formation, structure commerciale de promotion des industries du secteur ou encore « associations de projet », comme celle qui gère une manne de 6 millions d’euros décrochée pour servir à la reconversion des industries liées à l’armement dans sa région et dont Héloïse sera écartée après un congé maternité. « Je n’allais pas me laisser pot-de-fleuriser », lance-t-elle. Elle profite de cette brutale mise sur la touche pour se concentrer sur un projet de site Internet pour les entreprises ressortissant de la fédération, financé par des fonds émanant du ministère de - l’Économie et des Finances. « Il s’agissait de stabiliser et fédérer les multiples structures de ce secteur industriel qui entretenaient entre elles des relations souvent conflictuelles, se souvient-t-elle, en rassemblant dans un portail mutualisé un annuaire des entreprises et de leurs offres, des actualités sur le secteur, une "bourse aux affaires" qui devait permettre aux industriels, souvent âgés, de céder ou transmettre leurs entreprises dans de meilleures conditions, et d’autres services encore destinés à accroître l’attractivité de nos industries. À la fin des années 1990, ce projet très innovant avait été cité par le président de la fédération sur LCI et était considéré au ministère de l’Industrie comme une préfiguration de "l’organisation professionnelle de demain". Après une centaine de réunions, j’avais réussi à convaincre les syndicats professionnels de laisser un peu de côté leur sacro-sainte souveraineté pour mutualiser les informations sur leurs adhérents et les développements informatiques. Les perspectives s’annonçaient prometteuses. »

après le harcèlement, licenciement « pour faute grave » en 2001

Sous l’impulsion décisive d’Héloïse, la fédération patronale reçoit de l’État une première subvention de 430 000 euros pour financer le portail. Deux ans plus tard, le ministère en ajoute une deuxième de 280 000 euros pour financer, sur la base des développements réalisés, le système d’information et d’aide à la décision permettant à la fédération d’optimiser ses processus métiers, de piloter son activité et d’offrir d’autres services destinés à améliorer la productivité des entreprises du secteur. « La contrepartie de ces subventions publiques était que les développements soient pérennes et l’association gérant le projet soit viable économiquement, complète la jeune femme. Mais au long du projet, tout a été fait pour saboter le processus décisionnel, il fallait que l’association ne rapporte jamais d’argent. J’ai dû me battre pour que les fonds publics soient uniquement destinés aux investissements et non aux frais de fonctionnement, lorsque j’ai découvert par hasard que la fédération appliquait ses tarifs les plus élevés pour la location du matériel ou la reprographie. Les organisations professionnelles sont peuplées de grands libéraux qui ne financent leurs projets que sur fonds publics et qui s’empressent de les utiliser pour payer les frais de fonctionnement. Si prompts à réclamer toujours plus d’exonérations, ils se comportent comme des rapaces dès qu’ils sont en situation de taxer… Le secrétaire général m’a dit un jour que, si les syndicats disparaissaient, ça ne le dérangerait pas, car cela lui permettrait de louer les bureaux au prix du marché et de gagner plus d’argent. C’est dire le haut sens de l’intérêt général des entreprises et des syndicats qui règne dans cette fédération - patronale… »

Après une série de péripéties plus malheureuses les unes que les autres, qu’elle qualifie de « cas d’école de harcèlement », Héloïse est licenciée « pour faute grave » en 2001 : exaspérée de voir son patient travail piétiné une fois de plus, elle n’a pas pu s’empêcher d’envoyer une « lettre de licenciement » à son supérieur hiérarchique. Dès lors, c’était elle ou lui, et ce fut elle. Aujourd’hui, le portail vivote sous une forme largement réduite et le système d’information et d’aide à la décision de la fédération n’a manifestement pas vu le jour. « Au lieu de développer des outils facilitant la constitution d’offres globales permettant à plusieurs entreprises de concourir aux appels d’offres auxquels elles ne peuvent répondre seules, au lieu de permettre à cette fédération d’améliorer son positionnement stratégique et sa productivité, l’argent public a été utilisé pour financer deux fois la même chose avec un périmètre des plus restreints », regrette Héloïse.

l’histoire relatée dans un manuscrit, Aujourd’hui en quête d’éditeur

Mais ça n’est pas tout : en 2004, la jeune femme, qui a retrouvé du travail, tombe sur l’appel d’offres d’une chambre de commerce et de l’industrie proposant de développer pour le même secteur industriel en région parisienne ce qui l’avait déjà été pour la fédération… « Les cofinanceurs du projet n’ont même pas vérifié si le ministère de l’Industrie dont ils dépendent avait déjà subventionné un projet analogue. L’absence totale de contrôle des fonds publics attribués aux organisations professionnelles favorise le parasitisme. Profitant des failles de la décentralisation, les organisations patronales multiplient les structures bidons pour capter des fonds publics qui ne reviennent pas forcément aux entreprises. Les corps de contrôle de l’État ne font pas leur travail, déplore-t-elle. Ils n’en ont pas la volonté, ou ils ont peur : « Ne mentionnez pas mon nom », m’a lancé un jour un agent de la répression des fraudes. Le ministre de l’Économie était alors Francis Mer, l’ancien vice-président du MEDEF. « Vous pensez bien qu’il ne fera rien contre une fédération patronale, m’avait-il dit. Je risque pour ma part de gros ennuis si l’on apprend la teneur de nos échanges. » Quand un policier commet une bavure, n’importe quel citoyen peut saisir directement l’IGPN. Par contre, dès qu’il s’agit de l’argent public, le citoyen est dépossédé de tout pouvoir de contrôle. On est dans une culture de la défaillance du politique. Depuis des décennies, les entreprises françaises sont pénalisées par leur positionnement intermédiaire et la faiblesse de leurs exportations, nous répète-t-on toujours. Pourtant, des milliards sont consacrés chaque année pour y remédier. Qui gère cet argent et pour quel résultat ? Combien gèrent les chambres consulaires présidées par les chefs d’entreprise, les organisations patronales et leur myriade d’associations de promotion et de développement ? Je parle aujourd’hui parce que ce déficit démocratique et ces carences de l’État de droit se traduisent par une grande inefficacité économique. Combien cette gabegie coûte-t-elle de points de croissance ? »

Aujourd’hui, pour combattre ses illusions perdues sur les « forces vives » du patronat, Héloïse a choisi de relater son histoire dans un manuscrit en quête d’éditeur. Le titre claque : Des vampires chez les patrons. « Ce que je veux à présent ? Une réforme des organisations patronales, auxquelles il faut imposer la transparence de leurs comptes et une obligation de résultats, une refonte de l’action publique notamment en matière de développement économique, et un renforcement du contrôle démocratique de l’utilisation des fonds publics. » Héloïse observe les atermoiements judiciaires dans l’affaire UIMM non sans inquiétude, mais avec la volonté de se battre pour une société plus transparente, plus juste et plus efficace.

(1) Le prénom a été changé.

Thomas Lemahieu

30 novembre 2007

Maîtriser les dossiers

Combien de fois pendant la campagne électorale du printemps ces messieurs de l'UMP ont-ils martelé que "eux maîtrisaient leurs dossiers". Un article intéressant du blog En attendant H5N1 (ici) m'a conduit à la Wikipédia.

M. Sarkozy, vous êtes incompétent. Il suffit de lire la Wikipédia pour trouver comment combler le déficit de la Sécurité sociale.

Extraits de la Wikipédia :

Le gouvernement tablait en septembre 2006, sur un « trou » de 8 milliards d'euros pour 2007 dans son projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) présenté par le ministre de la santé, Xavier Bertrand.

Mais le 23 septembre 2007 la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) prévoit un déficit de 11,7 miliards d'euros pour la seule année 2007.

Cette dégradation est liée aux déficits de :

  • la branche « maladie » qui montrerait un déficit de 6,2 milliards d'euros pour 2007,après 5,9 milliards d'euros en 2006.
  • la branche « vieillesse », dont le déficit 4,6 milliards d'euros en 2007 connait une forte dégradation, (1,9 milliard d'euros en 2006), alors que le gouvernement ne prévoyait un déficit que de 3,5 milliards.
  • la branche « famille » réduirait son déficit: 500 millions d'euros en 2007, contre 900 millions d'euros en 2006.
  • la branche « accidents du travail - maladies professionnelles » serait en déficit de 400 millions d'euros en 2007, après 100 millions d'euros en 2006.
[...]

Par ailleurs, l'analyse doit également intégrer le coût des niches sociales. On appelle niches sociales les dispositifs dérogatoires : exonérations, abattements ...de cotisations sociales. Selon la commission des finances, les pertes de recettes correspondantes avoisinent 50 milliards d’euros en 2007 :

- 20 milliards d’allégements généraux de cotisations patronales,

- 5,5 milliards d’allégements ciblés de cotisations patronales (contrats aidés, zones franches, activités comme les restaurateurs, cafés..)

- 12 milliards d’exonérations au titre des compléments de rémunération (intéressement, participation ...mais soumis à la CSG )

- 7,5 milliards au titre des taux réduits de CSG (revenus de remplacement).

En 2007 le gouvernement doit présenter un bilan détaillé des différents dispositifs d’exonération de cotisations sociales dans le but de chiffrer les pertes de recettes pour l’Etat et la sécurité sociale.

Au pire, M. Sarkozy, faites lire la Wikipédia à Xavier Bertrand, et faites-le travailler !

27 novembre 2007

Comment dire merci à ses électeurs

Élu essentiellement par les électeurs de plus de 70 ans, M. de Petit Botcha les remercie à sa façon. Comme nous l'explique Olivier :
Voilà donc que l'an prochain, les personnes âgées de plus de 60 ans et au revenu fiscal inférieur à 9 437 euros, ainsi que celles de plus de 65 ans et non imposables, qui étaient jusqu'alors exonérées de la redevance audiovisuelle, devront désormais acquitter ses 118 euros annuels (en augmentation de 2 euros l'année prochaine). Sont concernés 780 000 foyers et 850 000 personnes, qui rapporteront donc 92 millions d'euros. Quel cynisme d'ainsi frapper ceux qui subsistent à peine avec une retraite famélique ! Et quelle ingratitude de la part de Sarkozy, quand on sait la part prépondérante prise par le "vote vieux" dans son élection...
En 2008, pourtant, il y aura des élections... d'ailleurs, on s'y prépare comme on peut, à l'UMP, en cartonnant des jeunes à moto pour déclencher de nouvelles émeutes ? Attention quand même au vote FN...

15 octobre 2007

Nazi (2)

Toujours la tête sous l'eau, mais quand même. Le dernier commentaire sur le post précédent (analogie avec le pétainisme) m'a fait réfléchir, persister et signer. L'idéologie de ce gouvernement n'est pas pétainiste, elle est plus proche du nazisme, avec son instrumentalisation du test génétique. Il ne reste à espérer que, comme le "Reich de mille ans", celui de Nicolae Sarkozescu ne dure que 5 ans.

1 août 2007

Africain

Après son discours douteux de Dakar, l'impression générale est que M. de Petit Botcha est un incompris. C'est certainement le plus Africain de nos présidents... La preuve ? Dans le blog Sarkofrance...

Sarkozy : une présidence qui rappelle certaines dictatures africaines


Une analyse de Nettali: "La politique de communication de la présidence Sarkozy rappelle celle des dictatures africaines des années 1970 et 1980, assises sur la personnification des chefs d’État en qui les peuples africains croyaient. Et pourtant..."
"Les Congolais par exemple, font souvent le parallèle entre le pouvoir de Sarkozy et celui de feu Mobutu, tout aussi omniprésent et dont les moindres déplacements, moindres discours, étaient rapportés quotidiennement dans les journaux."


Les élections françaises furent très suivies, compte tenu de l’histoire entre ces pays et la France. Cette dernière représentait pour eux, un secours et un protecteur."
(...) Bien que la candidate socialiste fut de loin la préférée de ces populations, la réalité est devenue tout autre depuis l’intronisation de monsieur Sarkozy à la présidence de la République française. Le personnage fascine les Africains et rappelle les années de gloire des feus présidents tels Mobutu au Zaïre, Eyadema au Togo, Micombero au Burundi, Habyarimana au Rwanda et autres dictateurs toujours en vie comme Bongo au Gabon, Paul Biya au Cameroun, Sassou Ngueeso au Congo, Kagame au Rwanda, devenus, dès lors, démocrates."
(...) "Les Congolais par exemple, font souvent le parallèle entre le pouvoir de Sarkozy et celui de feu Mobutu, tout aussi omniprésent et dont les moindres déplacements, moindres discours, étaient rapportés quotidiennement dans les journaux. Au début de chaque journal télevisé, il apparaissait sur le petit écran de la télévison zaïroise. Mobutu était considéré par la majorité de la population comme la personne la plus apte et capable de tenir et conduire ce Congo, ex-Zaïre ; sa personne et son image étaient présentes chez tous les Congolais ; il était parvenu à conquérir le subconscient de la majorité de la population ; personne ne pouvait imaginer que Mobutu pouvait être chassé du pouvoir par un petit pays comme le Rwanda ; il était considéré comme un dieu vivant, ou un sauveur venu sur terre. Il pouvait tout et avait tout ce qu’il voulait : les solides opposants de cette période furent récupérés et promus dans le gouvernement, avant d’être salis et rejetés par la suite."

10 juillet 2007

Ouverture...

De temps en temps, d'excellentes synthèses sont disponibles dans la blogosphère. Ainsi celle-ci, sur la prétendue "ouverture", sur le blog "Crise dans les médias" :

L'"ouverture": un mensonge de Sarkozy validé par les médias

Combien de fois avez-vous entendu le mot « ouverture » depuis le 6 mai 2007 ? Des centaines de fois...

C’est le bourrage de crâne habituel. On répète un mot (ou une séquence filmée diffusée en boucle). Au bout d’un moment, ça fini par rentrer dans les crânes.

L’ouverture donc. Gros mensonge. On ne peut en vouloir à Nicolas Sarkozy de mentir : c’est son métier. En revanche, les médias ne sont pas dans leur rôle: ils devraient décrypter le discours du président de la République et non le reproduire sans recul.

Pourquoi l’ouverture est-elle un mensonge ?

1) Main mise sur le pouvoir

La soi disant ouverture vise à cacher la main mise totale de l’UMP sur tous les leviers du pouvoir : présidence de la République, gouvernement, Assemblée nationale, Sénat. Sans oublier, dans la société, des amitiés nombreuses parmi le patronat (du MEDEF à la CGPME), les médias et certains lobbys.

Bref, ce qui menace la France, c’est un étouffement progressif. L’UMP (seulement 31% au premier tour de la présidentielle) accapare tous les pouvoirs.

2) Démocratie du strapontin

Même si on est bien disposé à l’égard de Nicolas Sarkozy, on est obligé de noter que l’ouverture qu’il propose n’en est pas une.

Ainsi, il a offert une « place » à Fadela Amara. Mais c’est un strapontin. Elle est sous la tutelle de Christine Bouttin, dont tout le monde connaît l’ouverture d’esprit. Avec elle, Fadela aura-t-elle le droit de l'ouvrir?

Bernard Kouchner (photo) a un ministère entier, direz-vous ! Mais les Affaires étrangères sont le domaine réservé du chef de l’Etat. Ré-ser-vé! Ca veut dire pas touche. Donc, Kou-kouch’ panier.

b33c90e44142b06509638b814e3961f8.jpg

Jouyet, n’en parlons pas. Puisqu’il dépend de Kou-kouch’ qui dépend du chef de l’Etat, vous avez compris quel sera son degré d'action!

Jean-Marie Bockel dépend aussi de Kou-kouch’. Dites donc, le quai d’Orsay, c’est un nid à d’anciens socialistes ! Sarko veut les avoir à l’œil on dirait.

Voilà. Concrètement, l’ouverture c’est ça. Kouchner aura le droit d’être sur la photo à côté de Sarkozy quand ce dernier ira faire le beau devant Condolizza Rice.

Pour résumer, Sarkozy propose une démocratie du strapontin. Si tu te soumets à lui, tu as droit à un strapontin. Un joli siège éjectable. C'est très facile d'agir en citoyen libre quand on est assis sur un siège éjectable...

3) Dissoudre l'opposition

L'ouverture est un procédé bien peu démocratique.

La démocratie suppose qu'il y ait débat. Ce débat est censé se dérouler à l'Assemblée nationale.

En débauchant des membres de l'opposition, Nicolas Sarkozy sous-entend que l'opposition ne sert à rien. En effet, s'ils acceptent de travailler avec lui, c'est qu'ils sont d'accord sur l'essentiel. Et c'est que le PS est creux et vide, sans idées.

Le rêve de Nicolas Sarkozy est donc de dissoudre l'opposition. Rien à voir avec une quelconque ouverture.

4) Petits marchandages entre amis

Sarkozy a appelé Védrine. Védrine a refusé les Affaires étrangères, dis-t-on. Il a appelé Kouchner. Ce dernier a accepté.

Chacun sait qu’il y a un monde entre les idées de Védrine et celles de Kouchner, notamment sur le Moyen-Orient. Peu importe : ce qu’il fallait c’était un scalp de socialiste. Et comme le quai d’Orsay, ça ne se refuse pas, le scalp est tombé dans l'escarcelle de Sarko l'ouverture.

La carotte : voilà un des secret du sarkozysme (le deuxième étant bien sûr le bâton). Proposer un ministère, un secrétariat d’Etat, un poste dans un cabinet, un emploi, un stage rémunéré, une décoration… Sarkozy sait que tout homme est achetable. Surtout les vaniteux, qui estiment qu’on ne les reconnaît pas à leur juste valeur.

Avec les UDF ça a été du gâteau. Un UDF c’est volatile. Limite faux cul. Ça vire à gauche, à droite. Selon le vent (qui fait tourner les girouette, disait Edgar Faure). Un UDF c’est craintif. Ca craint le vent, justement. André Santini avait peur de ne pas être réélu député. Il tremblait de peur, Dédé. Donc, Dédé la tremblotte a lâché Bayrou le Don quichotte des beaux quartiers. Résultat : non seulement le Dédé a été réélu les doigts dans le pif, mais il est ministre. Il a tout compris à l'ouverture. Malin le Dédé!

5) Au dessus des partis et des principes

Pour parler d’ouverture, il aurait fallu que Nicolas Sarkozy annonce sa volonté d’ouvrir, comme l’a fait Bayrou.

Il aurait fallu que les accords qu’il a passés avec des personnes se fassent avec l’aval de leurs partis respectifs (ou tout du moins pas en total désaccord avec eux).

Là, rien de tout cela. Ce sont des débauchages. Le Parti socialiste est cocufié en beauté. Tant pis pour lui, direz-vous ! Tant mieux, même. Ca l'obligera à bouger...

7 juillet 2007

Héros

C'est les vacances, depuis mercredi soir. Mes enfants commencent à décompresser, à se reposer un peu à la maison avec leur maman. Cela fait déjà 5 ans que je suis "parent d'élève élu", au conseil de l'école maternelle. Et je ferai certainement de même pour la dernière année de mon petit gars avant la "grande école". Cette école maternelle est une école d'application. Les enseignants changent presque tous tous les ans. Ce sont donc les auxiliaires (employées par la mairie sous l'acronyme barbare ATSEM) qui assurent la continuité. Elles sont admirables de gentillesse et d'humanité (je sais, pour les "décomplexés", c'est un gros mot). Car il y a des situations difficiles à gérer (où l'on découvre dans les conseils d'école que tel ou tel enfant n'était là que parce que temporairement placé, ou parce que sa mère, victime de violences, a été hébergée dans un foyer proche...) et cependant, ça se passe bien. Même les enseignants, si décriés, sont des professionnels qui font correctement leur travail, et même plus.

J'ai été touché par ce texte de Guy Birenbaum, qui va plus loin encore dans l'analyse et qui nous renvoie à la figure la désinformation autour de nombreux problèmes de société...

Je cite...

Hier, j'ai eu la chance de passer deux belles heures avec un prof qui enseigne dans une école primaire. Je ne vais pas le citer nommément (son prénom - François - est modifié), ni le localiser précisément, pour qu'il n'ait aucune difficulté à cause de moi. Disons simplement qu'il a la cinquantaine et 20 ans d'ancienneté dans une même zone ; surtout, il ne travaille pas dans un quartier a priori défavorisé. Pourtant, ce qu'il m'a expliqué sur l'évolution de son métier et, surtout, sur les modifications profondes de la population - de la société - est alarmant.

François, au cours de ces dix dernières années, a vu ses collègues, ses élèves et leurs parents devenir totalement "différents". "Changer" comme dirait l'Autre.

Quand il a commencé par là, j'ai tout d'abord bêtement cru qu'il voulait me parler, sans oser l'exprimer directement et brutalement, des problèmes spécifiques que poserait l'augmentation du nombre d'enfants d'origine étrangère. "Tu veux dire qu'il y a trop d'étrangers dans l'école ?" ai-je alors osé, sur la pointe des pieds, me surprenant moi-même des mots qui venaient de se bousculer maladroitement dans ma bouche. Il m'a souri. Un peu tristement. Désolé que j'ai pu dire ça. J'étais complètement à côté de la plaque.

Non, François me parlait simplement d'une modification sociale de fond. Il voulait m'expliquer l'aggravation de la situation de TOUS les enfants, toutes origines confondues et surtout tous milieux sociaux mêlés. François voulait me faire toucher du doigt un climat général détérioré qui, dans son école, ne provenait absolument pas de problèmes d'origine, de langue ou d'"identité nationale" ! Nous n'avons d'ailleurs JAMAIS utilisé ces mots dans notre conversation... Non, ce dont François me parlait déjà, là, d'entrée, c'est d'une crise globale et massive qui atteint de plein fouet tous les "acteurs" du "système" (quel vocabulaire de merde...) : parents, élèves et profs.

En gros, de plus en plus de mômes arrivent à l'école totalement "largués". Parce qu'ils sont comme "abandonnés" par des parents qui vont eux-même très mal, trop mal. Ce sont donc les profs - qui, souvent, ne vont pas mieux du tout - qui doivent sortir ces mômes de la flotte, comme ils le peuvent...

Les profs justement.

François l'a vu venir l'élection Présidentielle...

Lui, pour le coup, il l'a anticipée.

La parole de ses collègues, en salle des profs, s'était libérée - décomplexée ! - depuis de longs mois. Le boulot est si dur, l'afflux de problèmes si quotidien, le stress si présent, que nombre de ces profs ont été intéressés puis séduits par les discours de Nicolas Sarkozy. Autorité, mérite, efficacité, professionnalisme... La mayonnaise a pris chez certains.

Là, il faut être bien calé dans sa petite chaise et rengainer ses certitudes pour entendre et respecter la sévérité de François sur la gestion par la gauche les socialistes de l'Éducation. C'est bien simple, avec ses termes comptés - jamais une virgule de trop - et son phrasé précis, François n'a utilisé que deux mots dans toute la conversation pour qualifier la façon dont les gouvernements socialistes ont traîté du problème de l'Éducation, lorsqu'ils étaient aux affaires : une "attitude suicidaire". François a tout de même voté Royal (il ne m'a jamais parlé de Bayrou) mais il l'a fait par habitude et en ayant deviné que la défaite était au bout.

Mais laissons la politique. Le plus intéressant est venu lorsque François en est arrivé à me raconter ce qu'il voit de plus flagrant et de plus grave. Ce qu'il nomme "le sentiment de culpabilité" des collègues, qui n'y "arrivent plus" ; parce qu'ils ont le sentiment de ne "pas faire assez" pour les enfants. Et qui du coup perdent pied, petit à petit. De plus en plus stressés. De plus en plus coupables, ils fuient l'école à la sortie, dès 16h30 ; "la tête rentrée dans leurs épaules" - il mime le geste et l'attitude - , et rentrent bien vite chez eux. Le lendemain, ils reviennent, souvent en retard, se sentant encore plus coupables...

Bien sûr, avec des bouts de ficelles, de la bonne volonté et du courage, il y a toujours des héros (ce mot là est de moi, il ne parlerait jamais comme ça de lui, de ses collègues et de son travail, François...) qui parviennent à tirer des gamins de dix ans du gouffre qui est déjà bien ouvert sous leurs petits petons. Comme François... Pour à peine deux Smic par mois (avec vingt ans d'ancienneté, c'est moi qui le rappelle...). 2000 euros qu'il parvient à atteindre difficilement, mais parce qu'en plus des heures de cours, il surveille la cantine - donc il ne prend pas de pause le midi... -. Mais, il ne se plaint pas. Il vit bien. Il va bien.

Il faut surtout l'entendre en parler de ces ses mômes, François.

Voir ses yeux pétiller et irradier toute la terrasse du café, à Montparnasse, lorsqu'il évoque modestement son sentiment d'avoir réussi à leur expliquer un tout petit truc. Rien. Un machin modeste. Juste à la fin d'un film qu'il leur a projeté la veille. Ils ont compris. Il est heureux.

L'écouter s'inquiéter pour l'un d'entre-eux qui va plus mal ou juste moins bien que d'autres.

Lire simplement l'humanité qui tient presque toute entière au fond de ses yeux fatigués. Et dans son sourire aussi...

Le regarder refaire le geste qu'il a du accomplir, quelques semaines plus tôt, quand un gamin s'est trouvé mal dans la classe. Là, au café, devant moi, François ne me raconte pas l'histoire banale d'un malaise. Il revit complètement la scène. Il l'a vu tout d'un coup, ou il l'a senti peut-être, qui tombait de sa chaise, le gamin. Il a réussi tout doucement à amortir sa chute pour l'empêcher de se fracasser la tête sur le sol.

Là, au café, François, sa tête penchée, en face de moi, vient d'ouvrir grand ses deux bras et d'embrasser le vide ; certainement très exactement comme il les a ouverts puis refermés ce jour-là, pour protéger l'enfant... Il accompagne toujours la chute. Il le serre fort. Il allonge l'enfant. Il le rassure. Il prévient.

Tout va bien se passer.

Ils ont quand même de la chance ces nos mômes d'avoir des gars pareils pour leur tendre les bras et les rattraper. Juste avant qu'ils ne tombent.

Selon les Échos, le gouvernement souhaite supprimer 17.000 postes dans l'Education nationale l'an prochain, et non 10.000 comme l'a indiqué la semaine dernière le ministre Xavier Darcos...

6 juillet 2007

Incompétence (encore)

Lu dans le Monde :

La cour d'appel de Paris a jugé, vendredi 6 juillet, que le contrat nouvelles embauches (CNE) était contraire à la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT), estimant déraisonnable le délai de deux ans durant lequel un salarié embauché en CNE peut être licencié sans motivation.

La 18e chambre de la cour d'appel, présidée par Jean-Louis Verpeaux, était saisie d'une décision rendue le 28 avril par le conseil des prud'hommes de Longjumeau, dans l'Essonne, qui avait requalifié un contrat nouvelles embauches en CDI (contrat à durée indéterminée), jugeant que l'ordonnance créant le CNE était contraire au droit international, un jugement de principe qui constituait une première.

"À L'ENCONTRE DES PRINCIPES DU DROIT DU TRAVAIL"

Dans sa décision, la cour d'appel a repris, en le complétant, l'argumentaire développé en première instance. Elle constate d'abord que "durant une période de deux années, le CNE prive le salarié de l'essentiel de ses droits en matière de licenciement", le ramenant à une situation où la charge de la preuve de l'abus de la rupture du contrat de travail lui incombe. "Cette régression, qui va à l'encontre des principes fondamentaux du droit du travail dégagés par la jurisprudence et reconnus par la loi, prive les salariés des garanties d'exercice de leur droit au travail", estime la cour.

La juridiction s'étonne d'ailleurs :"Dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés dans leur emploi semble être un moyen au moins aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier" et remarque "qu'il est pour le moins paradoxal d'encourager les embauches en facilitant les licenciements". En conséquence, "le contrôle de proportionnalité ne permet pas de considérer que le délai de deux années institué par l'ordonnance du 2 août 2005 soit raisonnable" au regard de la convention 158 de l'OIT, conclut la cour.

Créé en août 2005, le CNE est un contrat de travail à durée indéterminée destiné aux entreprises de vingt salariés ou moins, débutant par une période de deux ans pendant laquelle l'employeur peut licencier son salarié sans avoir à fournir de justification.


Quel est le parti politique "maîtrisant ses dossiers" qui est à l'origine de ce texte ?