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9 septembre 2013

Jouer n'est pas vivre

Ces derniers mois, j'ai vécu toutes sortes de cataclysmes. Je pensais m'en être enfin sorti, mais le cauchemar a recommencé depuis mercredi 28 août.

Je ne sais pas comment je sortirai de tout ça. J'essaie de protéger les miens, parfois contre eux-mêmes et c'est difficile tant chacun a conscience de son individualité et de son besoin de liberté (et je ne peux qu'approuver). J'essaie de me protéger et de me préserver.

Devant l'adversité, l'infidélité, le mensonge répété, la manipulation, le chantage, les manœuvres destinées à me rendre fou ou à le faire croire aux autres, je tiens et je tiendrai.

J'aimerais tant que ce jeu prenne fin, et que nous (re)commencions à vivre. Nous avons raté tant d'occasions, et aujourd'hui c'est par jeu que, nous connaissant si bien, nous persistons à nous faire du mal. Si facilement, car les joueurs aiment cela.

Et nos enfants dans tout ça ? Quelle image garderont-ils de nous ? Quels hommes et femmes vont-ils/elles devenir devant ce pitoyable spectacle que nous ne savons pas toujours leur cacher ?

Post scriptum - printemps 2014

Nous avons perdu et nous nous sommes perdus. Sans haine, j'espère, j'ose le croire. Avec une immense tristesse que nous ne savons plus partager. Le soleil du printemps sèche mes larmes. Qu'il fasse de même pour les tiennes.

111 roků

Mémé,

Tu aurais eu 111 ans aujourd'hui. 111 roků dneska. Tu serais amusée par l'évolution du monde ces 26 années que tu n'as pas vécues. Tolik let!

Tu aurais accueilli mon épouse, puis mes enfants, en faisant tes grimaces habituelles. Tu aurais été sans doute heureuse que ma fille porte, parmi ses prénoms, le tien, francisé en Rosa quand tu avais épousé pépé.

Tu me manques.

7 juillet 2013

Ah l'amour...

Drôle d'été dans ma tête. Ce sentiment amoureux qui ne me lâche pas, ce silence en retour.

Un beau texte d'Agnès Maillard à vous faire partager.

Paris, capitale internationale des amoureux, même si cela se joue à une tête de gondole avec Venise et ses miasmes d'égout à ciel ouvert. Doisneau avait dû faire poser deux étudiants en théâtre pour obtenir son célèbre cliché, alors qu'il suffit de mitrailler modérément dans les rues de la ville pour fatalement capturer une preuve d'amour. Cela dit, il reste infiniment plus difficile de photographier l'amour que le sexe.

Le sexe, lui, s'étale partout, affiches de rue à connotations lourdingues et grasses, abords kiosquiers envahis d'accroches libidineuses au possible, allusions appuyées dans la presse, la télé, avec des débats de haute volée, faut-il baiser le premier soir? ou des questions existentielles graves : Alors, Michel Rocard, est-ce que sucer, c'est tromper ? L'éducation sentimentale des ados du XXIe siècle se fait à coup de pornos, le vibro est un objet ludique et tendance qui a quitté l'intimité des boudoirs pour les vitrines de la mode chic et décomplexée et personne n'ignore que la verge européenne standard mesure 17,5 cm ou que l'Occidental moderne et sain ramone sa bourgeoise ou celle du voisin trois fois par semaine à raison de 14 à 18 minutes de coït vaillamment mené chaque fois, avec ou sans Viagra. Et tant pis pour tous ceux qui n'entrent pas dans la moyenne ! Ils feront semblant d'être comme les autres et enterreront leur honte et leurs pudeurs au fin fond de leur alcôve dérisoire et pathétique.
L'hypersexualisation de l'espace social investit notre vie privée, fait de nous des techniciens du sport en chambre et normalise nos pratiques intimes. L'orgasme se conjugue à l'impératif et l'injonction de la réussite sexuelle colonise nos imaginaires sensuels et amoureux, appauvrissant la palette des sentiments, la remplaçant par une simple mécanique des fluides, aliénante et triste. Les marchands de chair tiède font leur lit de nos pulsions canalisées et remettent le couvert quand nous nous ruons ensuite dans les centres commerciaux pour tenter de combler un vide et une frustration que nous ressentons profondément sans jamais pouvoir les nommer ou les identifier.

Le corps social contemporain est comme un ado attardé qui se focalise sur le touche-pipi et reste totalement ignare quant à la délicate question du sentiment amoureux. Il est dramatique d'être puceau à 40 ans, mais qui s'émeut de ceux qui traversent une existence humaine entière sans jamais avoir aimé ou avoir été aimés ? Qu'est-ce qu'une vie sans amour ? Qu'est-ce qu'une relation sans profondeur ?

Il n'y a ni mots ni objectif pour mettre en scène ou seulement évoquer la subtile alchimie du sentiment amoureux, celui qui lie les êtres avec plus de force et de persistance qu'aucun contrat ou qu'aucune imbrication forcenée des organes génitaux ne pourra jamais le faire. Le sentiment amoureux ne se raconte pas, il se vit, tout simplement. Parce qu'il est indicible, le sentiment amoureux ne se prête guère aux OPA médiatiques ou à la société du contrôle du comportement humain. Le sentiment amoureux est profondément subversif, il révolutionne l'existence de ceux qui le vivent, il s'affranchit des normes, des codes, des modes d'emploi, des caricatures et des réductions à l'emporte-pièce. C'est une fulgurance qui ravage tout sur son passage, qui fait crépiter les relais synaptiques comme une tempête de pop corn dans un champ de micro-ondes, c'est une évidence qui affole le rythme cardiaque, embrase les regards et embellit le monde entier. Qui pourrait décrire le cocon d'apesanteur qui isole les amoureux de la folle course du monde, le tunnel des regards qui s'accrochent dans une sublime vision sélective, la musique céleste des voix qui s'arrondissent et se fredonnent des banalités au creux d'une brume de cheveux ? L'espace intime du bien-être ensemble est la bulle d'univers en constante expansion dans laquelle les amoureux construisent d'autres possibles avec de petites briques de quotidienneté. Le sentiment amoureux se nourrit de bribes de l'autre, un souffle légèrement appuyé, un regard tendre, un rire qui soulage, un sourire immense qui envahit le monde et le rend subitement plus beau, des mots qui coulent et qui apaisent, des rires qui débordent et de l'incroyable certitude d'être enfin arrivé quelque part, d'être exactement où l'on doit être, d'être arrivé, là, chez soi, partout, et de pouvoir enfin poser ses valises.

Si le paroxysme du sentiment amoureux ajoute la fusion des chairs à celle des esprits, il n'y a pas dans la découverte sensuelle d'alter ego une part de cette course vaine à la jouissance à tout prix, à la performance brute et autosatisfaite. La rencontre des corps n'est alors que la matérialisation heureuse et partagée du plaisir intense de s'être enfin trouvés et reconnus. Il n'y a plus de maladresse dans l'exploration de l'autre, plus aucune valeur esthétique dans les gestes, les postures et les corps soudés, plus que l'ultime et intense danse de la vie, celle qui sublime le monde et les êtres et qui n'a d'autre dimension qu'un éternel présent.
Bien que lecteur régulier du Monolecte, j'avais raté celui-là. Comme quoi...

29 juin 2013

Pas de double vie

Malgré les reproches à peine voilés, les soupçons et les colères, je ne peux qu'avouer ici mon absence totale de double vie.

Je comprends votre déception, et que vous ne souhaitiez pas aller plus loin dans votre lecture.

50 ans passés, pas de Rolex, pas de maîtresse, suis-je un raté ? Je ne crois pas, non. La vie m'a déjà apporté beaucoup de bonheur, tellement qu'il constitue un stock d'optimisme qui me permet parfois d'attendre des jours meilleurs.

C'est que ce premier semestre a été quelque peu éprouvant. J'ai retiré volontairement les messages qui concernaient une partie trop personnelle de ma vie. Même si certains pensent qu'un blog est un "journal extime", j'en fais plutôt un endroit d'écriture en français (dans d'autres langues, j'interviens sous mon identité vraie, histoire de brouiller les pistes, même si la NSA et la DGSE savent tout...)

Aujourd'hui, je profite de ces beaux jours, des miens, de ceux que j'aime, et le reste n'a pas tant d'importance que ça.

28 mai 2013

Beau travail


Ce que fait notre corps en 30 secondes...


Inspirer 8 fois
et produire 0,3 g d'oxyde de carbone
Votre coeur va battre 36 fois
Produire 72 millions de globules rouge
Faire circuler le sang sur 4 miles (6,4 km)
Perdre 174000 cellules de la peau
Cligner 6 fois des yeux
Avoir 25 pensées
et produite 100 Watts d'énergie...

16 mai 2013

La fatigue

Après un hiver que j'aimerais que tous dans notre famille oublient, le printemps a fait une timide apparition dans nos vies et aussi dans l'atmosphère. Il tarde à se stabiliser, et le contrecoup des efforts consentis pour remonter la pente est là, surtout que les efforts à faire sont au moins aussi importants.

Je ne suis vraiment pas un androïde, et je ressens depuis 2 ou 3 jours une profonde fatigue. Je profite donc des instants de calme pour m'accorder du repos, et l'une des premières "victimes" de mon lâcher prise est ce blog. Il reste que ma tête est toujours pleine d'idées, de mots à dire, mais je pense aussi qu'à certains moments il faut se donner du temps.

5 mai 2013

Régime: premier bilan

Depuis le 25 février, j'ai perdu 15 kilos. 4 semaines de régime starter, puis la phase de consolidation. Mes complices de régime ont également perdu plus de 10 kg.

Pas de problème de santé, pas de carence, pas de fatigue excessive, je me sens mieux et on commence à reprocher à ma femme de me laisser dépérir ;-)

Je suis proche de mon poids de forme, que du bien.

22 avril 2013

Tellement petits

Tellement ridicule, ce responsable de "pôle espoir" qui pourrit la vie à mon grand en croyant qu'il ne reviendra pas à son meilleur niveau après cinq mois de blessures.

Tellement stupide, le coach de son club, son complice, de ne pas retenir mon grand dans les dix quand l'équipe accède aux quarts de finale... et tellement ridicule, quand les "petits" d'en face se revèlent de grands costauds contre lesquels mon grand aurait pu faire valoir son impact physique.

Quelle image peuvent espérer donner d'eux-mêmes ces deux *$£%§!, qui n'ont d'autre satisfaction que de pourrir un gamin de quinze ans, lequel par ailleurs s'en moque éperdument ?

28 mars 2013

Belle l'échappée

Pas de paraphrase du livre d'Anne Gavalda, juste une idée d'elle mise à exécution sans elle, puisqu'elle devait pas en être: réunion fraternelle, deux frères, deux soeurs, pas vus depuis plus de trois ans... Le petit frère scotché par son métier entre Léman et Sarine, les soeurs libérées de leurs obligations professionnelles et presque familiales (l'avantage des enfants qui grandissent) viennent chez moi et nous partons ensemble, un vendredi soir, vers une foire du pays vaudois...

Surprise du petit frère, qui ne les attendait pas (j'avais dû a minima annoncer "notre" venue pour qu'il prépare le gîte)... et deux jours hors du temps, à tenir son comptoir pour le laisser dormir, à discuter de tout et de rien, à laisser loin de moi idées tristes et pensées déplaisantes.

Nous le referons, et peut-être cette fois-là il sera un peu averti et prendra ses dispositions pour lâcher son travail une journée...

Et cela fait du bien, alors que tous nous tournons autour de la cinquantaine (j'étais le premier, mais 4 ans 1/2 nous séparent à peine avec petite soeur...) et que nous sommes capables de parler de nos vies et de nos familles avec le détachement qu'il convient, et que nous sommes toujours capables de ressentir les joies, les peines, les angoisses et les espoirs les uns des autres.

28 février 2013

Dix choses à savoir dire tous les jours

1. Voilà ce que je pense.

2. J'avais tort.

3. C'était génial.

4. Mais de rien.

5. Je peux vous aider ?

6. Veuillez m'excuser.

7. Vous pouvez me montrer comment vous faites ?

8. Je vous aide à finir ça.

9. Je t'aime.

10. (Rien)

Je vous laisse réfléchir à l'application de ces dix choses dans votre quotidien.

27 février 2013

Indigné et pensif

Indigné par la disparition d'un grand monsieur. Un de ses amis, Eduardo Punset, à la radio ce matin, m'a fait réfléchir aussi: "Avant on mourrait à 30 ans et on se préoccupait de la vie après la mort. Aujourd'hui on meurt à 80 ans et on s'inquiète de la vie avant la mort"

Si je devais mourir demain

J'aimerais que mon dernier regard soit pour elle et mes enfants. Pour leur transmettre tout l'amour qui me reste, et dont je n'aurai plus besoin au-delà.

J'aimerais avoir eu le temps de lui dire combien je n'ai pas su avoir les mots, les gestes, les silences, les retenues, pour exprimer tout cet amour qu'elle a suscité en moi.

J'aimerais avoir eu le temps de passer encore plus de temps avec chacun de mes enfants, pour leur exprimer mon amour, pour leur conseiller de vivre leur vie pleinement, de rester des enfants dans leur tête, d'aimer sans retenue mais sans exhibitionisme non plus, de profiter de chaque instant positif pour évacuer la souffrance, la douleur, et toutes les pensées négatives qui peuvent s'accumuler en nous jusqu'à l'explosion.


25 février 2013

Régime

C'est fou ce que l'amour peut faire faire... mais cela fait partie de la poursuite du bonheur.

Une franche discussion sur nos excès pondéraux respectifs, et voilà que la décision est prise. Régime collectif des adultes de la maisonnée. Régime "starter" du Docteur Delabos. Livre électronique acheté et téléchargé immédiatement, quelques recherches pour trouver les compléments vitaminiques et protéinés indispensables. L'objectif annoncé : 8 kilogrammes en 4 semaines.

Mon Dieu, que les repas sont frugaux.

Petit-déjeûner, un morceau de fromage, un morceau de pain, une cuillère à soupe d'huile d'olive (et les vitamines). Repas de midi, un morceau de poulet, quatre cuillères à soupe de frites. Goûter obligatoire, 6 carrés de chocolat, un petit jus de fruit (et les protéines). Dîner facultatif, un morceau de poisson, quatre cuillères à soupe de légumes cuits.

Presque plus de pain, plus de sucre, plus de lait surtout (moi sous forme de yaourt, ce qui revient au même). Autant dire que le dîner n'est pas facultatif, c'est juste une question de survie.

Si je suis encore vivant dans 4 semaines, je vous raconterai les résultats en détail.

14 février 2013

A Morte Devagar

Martha Medeiros
Un poème de Martha Medeiros, attribué par erreur et par de très nombreux blogs (et perseverare diabolicum) à Pablo Neruda (qui n'a jamais écrit en portugais...)

Morre lentamente quem não troca de idéias, não troca de discurso, evita as próprias contradições.
Morre lentamente quem vira escravo do hábito, repetindo todos os dias o mesmo trajeto e as mesmas compras no supermercado. Quem não troca de marca, não arrisca vestir uma cor nova, não dá papo para quem não conhece.
Morre lentamente quem faz da televisão o seu guru e seu parceiro diário. Muitos não podem comprar um livro ou uma entrada de cinema, mas muitos podem, e ainda assim alienam-se diante de um tubo de imagens que traz informação e entretenimento, mas que não deveria, mesmo com apenas 14 polegadas, ocupar tanto espaço em uma vida.
Morre lentamente quem evita uma paixão, quem prefere o preto no branco e os pingos nos is a um turbilhão de emoções indomáveis, justamente as que resgatam brilho nos olhos, sorrisos e soluços, coração aos tropeços, sentimentos.
Morre lentamente quem não vira a mesa quando está infeliz no trabalho, quem não arrisca o certo pelo incerto atrás de um sonho, quem não se permite, uma vez na vida, fugir dos conselhos sensatos.
Morre lentamente quem não viaja quem não lê quem não ouve música, quem não acha graça de si mesmo.
Morre lentamente quem destrói seu amor-próprio. Pode ser depressão, que é doença séria e requer ajuda profissional. Então fenece a cada dia quem não se deixa ajudar.
Morre lentamente quem não trabalha e quem não estuda, e na maioria das vezes isso não é opção e, sim, destino: então um governo omisso pode matar lentamente uma boa parcela da população.
Morre lentamente quem passa os dias queixando-se da má sorte ou da chuva incessante, desistindo de um projeto antes de iniciá-lo, não perguntando sobre um assunto que desconhece e não respondendo quando lhe indagam o que sabe.
Morre muita gente lentamente, e esta é a morte mais ingrata e traiçoeira, pois quando ela se aproxima de verdade, aí já estamos muito destreinados para percorrer o pouco tempo restante. Que amanhã, portanto, demore muito para ser o nosso dia. Já que não podemos evitar um final repentino, que ao menos evitemos a morte em suaves prestações, lembrando sempre que estar vivo exige um esforço bem maior do que simplesmente respirar.
J'aime la dernière phrase: "être (rester) vivant demande un effort bien supérieur à celui de simplement respirer".

En ce jour parfois spécial, parfois douloureux, j'aspire surtout à lui dire que j'aimerais joindre mes forces aux siennes pour que tous deux nous soyons pleinement vivants. Parce que depuis un peu plus de seize ans, l'amour que j'ai pour elle me rend plus fort, plus fragile, mais surtout indestructible.

9 février 2013

Hier, aujourd'hui, demain

Retour en 1982-1983, dans cette cité universitaire où je commençais ma découverte de Paris. Week-ends entre provinciaux ne pouvant rentrer chez eux car trop loin trop cher, étrangers, et couples en formation se retrouvant plus tranquillement ces moments-là. Une grande marmite d'eau, des pâtes, une sauce maison, une bouteille de vin, un peu de fromage et de pain, la convivialité, les discussions jusqu'au petit matin.
Ma voisine (chambre 806 ou 808 je ne sais plus) vivait une relation compliquée avec un Kabyle, ce fut surtout pour moi l'occasion de découvrir cet immense artiste.


Lundi dernier, annonce de son nouveau disque. Le soir même, je rentre et trouve ma tendre en grande conversation avec une amie kabyle, dont elle n'a pas de nouvelles depuis plusieurs mois. Dans la voiture, cette semaine, j'emmène son CD Identités. Le premier morceau, une reprise d'A Vava Inouva, tape dans l'oreille de ma fille qui demande que je le passe en boucle.
Faut-il croire au hasard ?

3 février 2013

Avoir un fils de quinze ans

Avoir un fils de quinze ans et se rappeler avec émotion la première fois qu'on l'a tenu dans ses bras. Il a presque 1m50 de plus, mais je le serre encore fort contre moi, le matin, pour lui dire bonjour.

Avoir un fils de quinze ans et en être fier, car c'est un garçon gentil, un collégien appliqué, un sportif de haut niveau combattif et résolu, un fils juste agaçant quand il faut, et qui n'hésite plus à me renvoyer à mes défauts avec le sourire.

Avoir un fils de quinze ans qui feint encore de ne pas s'intéresser aux filles, mais que pourrais-je lui en dire ? La chanson de Brel me revient : "tais-toi donc grand Jacques, que connais-tu de l'amour". Mais lui dire aussi que le coeur ne se contrôle pas, au contraire du corps qu'il a appris à contrôler dans l'effort de la compétition et dans la douleur des blessures et des rééducations. Lui dire qu'il ne faut jamais hésiter à aimer, que le bien que l'on fait alors nous fait autant de bien. Lui dire qu'il n'y a rien de plus fort que de se sentir aimé. Et taire les douleurs, les doutes, les déceptions, les déroutes, surtout quand elles ne sont pas encore digérées, pour savoir faire l'homme, faire le père, ce héros, ce roc indestructible qu'il sait pourtant déjà que je ne suis pas.

Avoir un fils de quinze ans, avoir envie de crier partout, regardez, c'est mon fils, il est magnifique, il va éclabousser ce monde de son talent, de son humour, de sa beauté.

Je t'aime, mon grand.

23 janvier 2013

L'amitié, l'amour...

Restons amis. Drôle de formule, comme si l'amour était le stade ultime de l'amitié.

J'ai eu des amis. H., viticulteur, mort asphyxié dans un puits. M., ingénieur, mort sur le coup dans un accident de la route. Des amis parce qu'on se disait tout, qu'on riait de tout, qu'on se comprenait sans vraiment avoir besoin de tout se dire.

Des amies, oui. C., dont j'ai sans doute été amoureux mais qui m'a écarté quand, lors d'une de mes crises de couple, j'ai espéré trouver chez elle une oreille bienveillante. A., qui avait elle aussi repoussé mon amitié après que je lui donne des informations sur mes amours (qui n'en étaient pas vraiment, c'était avant Elle, mais je ne le savais pas alors).

Aujourd'hui, j'ai surtout quelques bons copains, avec qui je peux plaisanter. Des collègues de travail tout à fait urbains, cela me change de Paris depuis que je vis en région lyonnaise.

Mais d'amis...

C'est un reproche récurrent de sa part. C'est une différence qu'elle n'admet pas. Parce qu'elle a tellement besoin de se constituer un cercle d'amis ? pourquoi ? je n'en sais rien. Elle a en tout cas le talent de dénicher des gens remarquables, quand elle veut bien me les présenter...

27 décembre 2012

Psy (non, pas le chanteur coréen)

Depuis 8 ans, je fréquente de façon irrégulière les médecins, les psychiatres et les antidépresseurs.

La première occasion a été l'impact imprévu de la gestion d'un plan social dans mon entreprise. Secrétaire du CE, j'ai pris un mandat de délégué syndical pour tenter de négocier de meilleures conditions de départ pour les 137 licenciés de mon entreprise. Je pensais être fort, mais être confronté à tant de situations de drame, faire face à tant de rouerie de la part de ceux qui se prétendent "entrepreneurs" m'a fortement déstabilisé. Le CMP de notre agglomération m'a ouvert les bras. J'ai suivi une dizaine d'entretiens, avec une infirmière et avec un médecin psychiatre, qui m'ont beaucoup appris sur moi-même et sur le milieu psychiatrique.

La seconde occasion a été un burn out professionnel, qui s'est traduit par un arrêt maladie de trois semaines, il y a deux ans. Cela a été le déclencheur du déménagement qui a eu lieu 6 mois après, et du changement d'employeur consécutif. Le traitement a été essentiellement médicamenteux. Je l'ai arrêté spontanément à mon arrivée dans cette ville.Avant de partir, j'avais quand même discuté avec le médecin. Ce n'était pas une dépression, mais un surmenage.

Je pensais que tout allait s'arranger, que la distance qu'elle avait mis entre nous allait peu à peu s'estomper. Après quelques mois elle dans le petit lit qu'elle a acheté, et moi sur le canapé, entre indifférence et frustration, j'ai cependant craqué. J'ai eu un geste que je ne me pardonne toujours pas envers mon aîné. Elle m'a frappé. Et envoyé voir un médecin, en parlant de dépression et de terrain fertile. Après presque un an de médicaments, j'ai arrêté par accident il y a un peu plus d'un mois. Les entretiens avec la médecin psychiatre n'ont jamais suscité le moindre espoir de solution. Et j'ai perdu une ordonnance de renouvellement juste après ma visite chez le médecin.

Les médicaments m'assommaient littéralement. Je tombais comme une masse, je n'avais plus d'envie, plus de désir. L'arrêt a été rude. Plusieurs nuits d'insomnies. Un désir restant inassouvi. Jusqu'à cette toute veille de fêtes, où elle a enfin senti que j'étais prêt à l'entendre dire qu'elle ne m'aimait plus.

Pour résister à ce choc, j'essaie de me raccrocher à mes valeurs. Ma foi. Ma famille. Mon amour.
C'est difficile quand tout semble fini, décidé, game over, no way to argue.

Nous sommes tous différents. Les uns des autres. Les uns de l'image que les autres ont de nous, veulent nous donner, voir veulent projeter. Je ne saurais dire la part d'inconscient qu'il y a dans tout ça. Comment notre passé, vécu ou rêvé (parce que dans certains cas l'esprit humain est capable de s'inventer un passé pour ne pas revivre ce qu'il a réellement vécu) peut agir sur notre présent. Ce que je sais aujourd'hui, c'est que la psy-quelque chose n'est pas la solution. Que c'est une forme de deuil à faire, d'autant plus difficile que l'être aimé est bien vivant.

Pour moi, l'amour ne meurt pas.

21 décembre 2012

Une fois...

Une belle citation de Bob Marley.
“Only once in your life, I truly believe, you find someone who can completely turn your world around. You tell them things that you’ve never shared with another soul and they absorb everything you say and actually want to hear more. You share hopes for the future, dreams that will never come true, goals that were never achieved and the many disappointments life has thrown at you. When something wonderful happens, you can’t wait to tell them about it, knowing they will share in your excitement. They are not embarrassed to cry with you when you are hurting or laugh with you when you make a fool of yourself. Never do they hurt your feelings or make you feel like you are not good enough, but rather they build you up and show you the things about yourself that make you special and even beautiful. There is never any pressure, jealousy or competition but only a quiet calmness when they are around. You can be yourself and not worry about what they will think of you because they love you for who you are. The things that seem insignificant to most people such as a note, song or walk become invaluable treasures kept safe in your heart to cherish forever. Memories of your childhood come back and are so clear and vivid it’s like being young again. Colours seem brighter and more brilliant. Laughter seems part of daily life where before it was infrequent or didn’t exist at all. A phone call or two during the day helps to get you through a long day’s work and always brings a smile to your face. In their presence, there’s no need for continuous conversation, but you find you’re quite content in just having them nearby. Things that never interested you before become fascinating because you know they are important to this person who is so special to you. You think of this person on every occasion and in everything you do. Simple things bring them to mind like a pale blue sky, gentle wind or even a storm cloud on the horizon. You open your heart knowing that there’s a chance it may be broken one day and in opening your heart, you experience a love and joy that you never dreamed possible. You find that being vulnerable is the only way to allow your heart to feel true pleasure that’s so real it scares you. You find strength in knowing you have a true friend and possibly a soul mate who will remain loyal to the end. Life seems completely different, exciting and worthwhile. Your only hope and security is in knowing that they are a part of your life.”