7 janvier 2007

Da Sushi Code

C'est un pur hasard qui m'a fait tomber sur ce site... En ces temps où Madame Leerdammer se promène sur la grande muraille déguisée en religieuse, il semble utile de rappeler que le salut... par le rire... pourrait bien venir de l'Orient... Je vous donne le texte du site, sans les images...

Si vous avez lu ou entendu parler du récent succès de librairie "Da Vinci code", vous connaissez le thème du roman : le Christ aurait eu une descendance, et celle-ci vivrait encore de nos jours... mais vous n'avez peut-être pas encore eu l'occasion d'entendre parler de certain village perdu dans le nord du Japon où, depuis des temps reculés, se situeraient la tombe du Christ, son testament, ainsi que ses descendants, encore vivants à l'heure actuelle !

C'est cette histoire vraie qui fait l'objet de ce dossier, dans lequel nous allons, dans un premier temps, laisser libre cours à notre droit au rêve, pour ensuite exercer un minimum notre devoir de vigilance.

Première partie : droit au rêve, le village mystérieux.

Au Japon, dans la préfecture d'Aomori (青森), entre le lac de Towada (十和田潮) et la ville de Hachinohe (八戸, nous reviendrons sur ce nom), se situe un village d'à peine 3000 habitants, Shingo (新郷, littéralement "nouveau village", autrefois en partie appelé Herai, 戸来, nom toujours porté par la montagne à l'est du village).

A part sa production d'ail renommée et son usine de yaourts, il n'aurait guère que l'époustouflante beauté de sa nature, où l'on peut encore voir sur des maisons des toits de paille de riz aux sommets desquels pousse de l'herbe, pour attirer le touriste...

... Si ce n'est que Shingo est aussi réputé pour être le lieu ou Jésus Christ fut enterré ! On peut encore aller y visiter sa tombe, très officiellement repérée sur les panneaux routiers, et chaque année, y a lieu le Festival du Christ (キリスト祭), qui attire une foule de participants et de curieux.

Panneau routier indiquant la tombe du Christ

La popularité du site aidant, le visiteur ne manquera pas de ne pas laisser paraître son étonnement devant la proximité, sur le panneau d'accueil, entre la représentation de la croix et le logo publicitaire d'une marque de boisson gazeuse trop sucrée vendue partout dans le monde...

Voici la légende, telle qu'on peut la lire dans les brochures touristiques ou se la faire raconter sur place :
A l'âge de 21 ans, Jésus Christ (イエスキリスト) vint au Japon pour y étudier la théologie, et ce durant 12 ans. Il retourna en Judée à 33 ans pour y prêcher, mais les judéens refusèrent son enseignement et l'arrêtèrent pour l'exécuter en le crucifiant.
Toutefois, c'est son petit frère Jsus Chri (イスキリ) qui prit sa place et finit sa vie sur la croix. Jésus Christ, ayant échappé à la crucifixion, reprit ses voyages et finit par fouler de nouveau le sol du Japon, où il se fixa, dans ce village, Herai, pour y vivre jusqu'à l'âge de 106 ans (certaines versions parlent de 118 ans et d'une épouse nommée Miyu).
Sur cette terre consacrée, la tombe de droite est dédiée à Jésus Christ, tandis que celle de gauche commémore son petit frère Jsus Chri. Tout cela est décrit dans le testament de Jésus Christ.
Le site de la tombe de Jésus, aujourd'hui transformé en parc public avec jardins, parking, pièces d'eau et même musée, permet chaque année d'attirer environ 10.000 visiteurs, ce qui représente un revenu touristique considérable pour cette région à l'écart des grands axes de communication.
Sur la photo ci-dessous, la motte de terre surmontée d'une croix au premier plan est la tombe du petit frère, celle à l'arrière-plan étant celle de Jésus. L'escalier d'accès principal, creusé dans la colline, débouche sur la droite de la photo, entre les deux piliers de bois blancs.
Habituellement, au Japon, les tombes sont marquées par des pierres tombales, sur lesquelles sont généralement gravés les noms de ceux (ou, le plus souvent, leurs cendres) qui s'y trouvent inhumés. Cependant il peut exceptionnellement arriver que l'on trouve une tombe offrant l'aspect d'un tumulus plus ou moins haut, comme dans le cas des tombes des frères Chri(st). Ce genre de tombe est traditionnellement associé à des personnages très importants.

Ces deux monticules ne sont pas les seules tombes de l'endroit : à quelques mètres en contrebas se trouve un cimetière d'allure plus "classique", et parmi de nombreuses autres pierres tombales, disséminées sur la colline, se trouve, bien en évidence, la tombe familiale des Sawaguchi, gardiens de ces lieux depuis l'antiquité. Coïncidence ? Non, répond le chercheur renommé Kyomaro Takeuchi (竹内巨麿), qui a retrouvé en 1935 dans la bibliothèque de sa maison familiale dans la préfecture de Ibaraki (beaucoup plus au sud du pays) de très anciens documents qui ont permis de reconstituer toute l'histoire. Selon ces documents de Takeuchi, la famille Sawaguchi n'est autre que l'équivalent des Saint-Clair du Da Vinci code, mais dans le monde réel : ce sont les descendants du Christ. La découverte de ces documents avait fait énormément de bruit dans la presse japonaise, à l'époque et quantité d'indices qui, pris isolément, n'avaient pas grande importance, prennent subitement toute leur signification et viennent corroborer cette affirmation, comme nous allons le voir.

Au passage, on trouvera aussi à proximité d'autres pierres gravées, d'un autre genre puisqu'elles ne marquent pas l'emplacement de tombes, comme par exemple la pierre ci-dessous. Ces pierres-là sont simplement des poèmes du genre Tanka (短歌), courts et dits lentement d'un ton mélodieux. La raison de leur présence est le concours ayant lieu chaque année, lors du festival du Christ.

La colline s'enrichit aussi du musée associé, le Denshoukan, auquel se rendent les visiteurs.

Dans ce musée sont rassemblés documents historiques et preuves de la présence du Christ, c'est donc un lieu incontournable pour quiconque s'intéresse à la légende.

Bien en évidence, on ne pourra manquer d'apercevoir cette étoile à cinq branches, emblème de la famille Sawaguchi.

Si l'on s'aventure un peu à l'extérieur de la colline, on pourra aller voir l'original, à quelques dizaines de mètres de là, sur un panneau au front de la maison Sawaguchi, qui n'est pas un musée mais bel et bien une habitation où vivent des gens comme vous et moi (enfin, d'après les documents de Takeuchi, pas tout-à-fait comme vous et moi) :

La ressemblance entre cet emblème familial et l'étoile de David, symbole des juifs depuis la plus haute antiquité, crève les yeux.

D'ailleurs, si cette histoire n'était pas totalement sûre, pourquoi l'ambassadeur d'Israël se serait-il déplacé, en 2004, pour faire don de la plaque ci-dessous, gravée de ce message en hébreu :
Cette plaque est un don de la ville de Jérusalem, en témoignage de l'amitié entre l'Etat d'Israël, la ville de Jérusalem et Shingo.
Cette plaque a été posée sur le sol à la vue de tous, en plein centre de l'espace séparant la tombe de Jésus Christ de celle de son petit frère.

Plaque en hebreu offerte par la ville de Jerusalem

Selon le professeur Eiji Kawamorita, autorité reconnue en culture hébraïque, les paroles de la chanson traditionnelle entonnée chaque année au festival du Christ, lors de la danse autour de la tombe de Jésus, dont tout le monde semble avoir perdu le sens, auraient été de l'hébreu, à l'origine. Pour référence, ces paroles sont, dans leur forme la plus complète (donnée dans La chronique de Shingo), prononcées comme suit :
Naniyaa dorayayo (ナニヤアドラヤヨ)
Naniyaa donasare inokie (ナニヤアドナサレイノキエ)
Naniyaa doyarayo (ナニヤアドラヤヨ)
C'est une chanson étrange à plus d'un titre. Outre le fait que le sens des paroles s'est perdu, cette chanson que l'on n'entend qu'à Shingo n'a pas de fin, contrairement à la règle générale... Ce nasare en plein milieu, ne serait-ce pas une déformation de "Nazareth" ?
Mais ce n'est pas tout ! Si l'on examine les traits du père de M. Sawaguchi, représenté sur la photo ci-dessous, on ne peut que remarquer des caractères sémitiques !

La haute stature, le long nez et le visage "rouge" des membres de cette famille les placent à part et signalent leur origine probable. Un autre élément vient s'ajouter à notre faisceau de présomption, à savoir l'habit traditionnel du village, qui se rapproche étrangement (trop pour n'être qu'une coïncidence) de l'habit hébreu traditionnel, comme on peut le constater si l'on regarde le mannequin ci-dessous...

Et puis, en y réfléchissant deux minutes, l'ancien nom du village, Herai, est probablement une déformation du mot "Hebrai", puisque peuplé de descendants d'hébreux.
Et que dire de cette étrange coutume locale ancestrale, qui consiste à marquer les nouveaux-nés d'une croix au front, coutume suivie aveuglément, mais dont l'origine s'est perdue dans la brume des temps ?

Et le clou de la collection du musée, propre à balayer tout doute qui pourrait encore ombrager le plus borné des rationalistes, à ce stade de la démonstration : le testament de Jésus Christ, écrit de sa main, naturellement en japonais ! Ce testament fut miraculeusement retrouvé dans les fameux documents de Takeuchi, Jésus y décrit la tombe et signe de son nom, sans erreur possible.

Petite pause : une fois quelque peu remis du choc de la visite au musée, vous pourrez aller vous restaurer à sa boutique, d'une bonne glace "Dracula", qui chasse les vampires car c'est une glace à l'ail (l'ail de Shingo est délicieux à ce point !). Un crucifix est même dessiné sur le couvercle, ce qui d'une part est dans le thème du lieu, et d'autre part achèvera de vous débarrasser d'un vampire que l'odeur de l'ail n'aura pas totalement désactivé.

Vous ne repartirez pas non plus sans ce Chawan (tasse à thé) décoré des paroles de la chanson Nanya doyara.

Pour finir la pause et emporter un souvenir, utilisez ce décor photographique qui vous dispensera de l'effort de vous changer pour faire couleur locale. Vous vous ferez ainsi en un clin d'œil un déguisement de Jésus et de sa petite famille.

Seconde partie : devoir de vigilance, quand l'office du tourisme fait bon ménage avec les archéomanes.

Pour commencer à éveiller notre esprit critique, rien de tel qu'un mystère supplémentaire. Justement, on trouve à quelques trois kilomètres du lieu où se trouve la tombe de Jésus deux pyramides ! La pyramide du grand dieu-caillou (大石神ピラミッド), et, à quelques centaines de mètres en haut d'une colline boisée, la pyramide du grand dieu-caillou d'en haut (上大石神ピラミッド).

Plan d'acces aux pyramides de Shingo

La première pyramide est vénérée comme un dieu, car elle est le centre de son propre sanctuaire Shinto, en pleine nature. La religion Shinto est la religion de la nature, on n'y compte plus les dieux. Ce sanctuaire existe depuis des siècles, aucun rapport avec l'archéomanie, a priori.

C'est le panneau explicatif posé devant qui fait la différence : il y est expliqué que les pyramides du Japon sont plus anciennes que les pyramides d'Egypte ou du Mexique, et qu'un certain document très ancien retrouvé dans les archive de la famille Takeuchi (武内) dans la préfecture de Ibaraki en 1935 (quelle coïncidence !) révèle l'existence de 7 pyramides au Japon. Le célèbre chasseur de pyramides Katsutoki Sakai (酒井勝軍) et le cinéaste Banzan Toya (鳥谷播山) ont appelé la même année la pyramide du grand dieu-caillou la "Quatrième pyramide du Japon", etc. Le même panneau révèle que les mêmes conditions entourent la découverte de la tombe de Jésus. Deux pyramides "plus anciennes que les pyramides d'Egypte" et une tombe censée dater d'il y a moins de 2000 ans trouvées par les mêmes personnes avec les mêmes documents "antiques", cela fait beaucoup. On subodore le coup monté. Mais nous avons des noms.

Avant d'enquêter plus loin, profitons du beau temps et visitons les deux "pyramides" (la vidéo de la visite se trouve sur le DVD). Tout d'abord, celle qui se trouve dans le sanctuaire est composée de plusieurs gros cailloux ayant chacun leur nom. L'un deux est particulièrement célèbre, c'est le caillou-miroi (鏡石), car, comme le dit le panneau explicatif, il a été renversé lors d'un séisme particulièrement fort le 23 juillet 1857, et sur la face qui fait désormais face au sol, se trouvaient d'antiques inscriptions... pas de chance !

La pyramide du grand dieu-caillou d'en haut, quant à elle, n'a pas son propre sanctuaire. A vrai dire, elle ressemble moins à une pyramide qu'à un simple gros rocher. La légende raconte que dans les temps anciens, une boule d'or se trouvait dans l'une de ses nombreuses anfractuosités... pas de chance !

Et le lien entre ces deux pseudo-pyramides et la tombe du Christ ? Nous avons la date commune de leur "découverte" : 1935, la source commune de documents "antiques" les concernants : les archives de Takeuchi, et maintenant les noms des découvreurs : Katsutoki Sakai et Banzan Toya. Il nous manque un nom, mais il ne sera pas difficile à retrouver : celui du maire de Shingo, à l'époque des faits, car à qui l'opération profite-t-elle, si ce n'est au tourisme local ? Le maire de l'époque, justement, Denjiro Sasaki (佐々木伝次郎) est connu pour son obsession de développer le tourisme à Shingo...
L'année précédente, il avait été décidé de donner au lac de Towada le statut de parc national. Au grand désespoir de Sasaki, le village de Shingo avait été exclu de la zone du parc naturel. Celui-ci invita donc le cinéaste Toya, grand amoureux du lac de Towada, afin qu'il vienne faire la publicité de Shingo. Toya ne pensait guère qu'à vendre le lac, et méprisait le village. Toutefois, Toya était également grand amateur d'archéologie-fiction, et avait amené avec lui une de ses relations amicales, Sakai, qui était déjà connu à l'époque pour avoir déclaré qu'il y avait sept pyramides au Japon. Ensemble, ils étaient déjà partis en quête de la "première pyramide du Japon", celle de la montagne Hiba (比婆山ピラミッド) 5 mois auparavant. Ils s'en furent donc au sanctuaire du grand dieu-caillou, dont ils déclarèrent à grand renfort de presse qu'il s'agissait de la "deuxième pyramide du Japon".
En 1935, le décor est planté, ne manque que l'étincelle pour allumer le feu de joie. Elle prend la forme d'un individu nommé Kyomaro Takeuchi, se présentant comme descendant de la famille Takeuchi (celle des documents), accessoirement prétendant aussi avoir des dons de devin, qui vient à Shingo cette année-là et y rencontre Sasaki. Il prétendait avoir retrouvé dans les archive de sa famille des documents relatant des faits vieux de jusqu'à 317 milliards d'années (plus fort que Ron Hubbard !) et avait un public de fans friands d'histoires d'archéologie fantastique fort nombreux.
Le 10 octobre, après son départ de Shingo, la découverte de la tombe de Jésus à Shingo est annoncée. Par une étrange coïncidence, Takeuchi retrouve dans ses archives, à son retour de Shingo, le testament de Jésus Christ !
Le premier festival du Christ, addition au folklore du village et dopant pour le tourisme (10% de la fréquentation annuelle du village a lieu ce jour-là), aura lieu près de 30 ans plus tard. Il faut apparemment environ une génération pour construire un nouveau mythe.

Le "festival du Christ", qui a lieu chaque année au début du mois de juin, est en lui-même un festival traditionnel, qui commence par une cérémonie religieuse Shinto dont l'autel est dressé au bas de l'escalier menant aux deux monticules, une danse de style bon odori (盆踊り, quoique le festival bon proprement dit ait lieu en août), et se poursuit par un rassemblement des habitants du village pour boire et manger tout en discutant et en regardant les danses, chants et poèmes de ceux qui en ont préparé (quelques séquences dans le DVD).
La partie "Christ" sert de thème à la cérémonie Shinto (!), la tombe de Jésus Christ sert de cadre à la danse Nanya doyara, mais le reste du festival a une vie propre (et se déroule d'ailleurs dans un autre endroit, où tout le monde se rend une fois Nanya doyara terminée), ce qui dénote le fait que le thème "Christ" du festival est une addition récente.
Quid des paroles de Nanya doyara ? Après tout, le professeur Kawamorita, qui n'est pas un simulateur, n'a-t-il pas déclaré sa probable origine hébraïque ? Il y a deux choses à mentionner, ici. D'une part, cette danse n'est pas propre au village de Shingo, on la retrouve dans les préfectures de Aomori, Iwate et Akita. Il est exact que le sens de ses paroles s'est perdu, mais il faut savoir que le Japon est un pays riche en patois locaux, souvent fort différents du japonais qui se parle à Tokyo.
D'autre part, gêné d'être associé à cette histoire, dans son ouvrage Recherches sur les paroles de chansons en hébreu au Japon (日本へブル詩歌の研究), le professeur Kawamorita déclare ceci :
Durant l'été de 1935, lorsque j'ai posé le pied à Herai, la tombe du Christ n'y existait pas encore. [...] Je n'ai rien à voir avec Kyomaro Takeuchi, qui se disait oracle et descendant lointain de Sukune Takeuchi (武内宿禰) et son groupe, Katsutoki Sakai, Banzan Toya, l'historienne Kikue Yamakawa etc. qui ont inventé cette histoire de "tombe du Christ" à Herai, et je refuse d'en porter la responsabilité.
Mais qu'en est-il du nom "Herai" ? N'est-ce pas une déformation de "Hebrai" ? Pas du tout. Dans toute cette partie de la préfecture de Aomori et celle de Iwate, qui la jouxte au sud, se trouve une chaîne de villes dont les noms sont composés d'un numéro suivi du caractère "戸" (porte) : 一戸 (Ichinohe, "Porte 1"), 二戸 (Ninohe, "Porte 2"), etc. jusqu'à 九戸 (Kunohe, "Porte 9"). La seule exception est l'absence de "Porte 4", car "4" est un nombre porte-malheur au Japon, et une telle ville aurait un nom qui se prononce comme "Porte de la mort". Ce caractère "porte" provient du fait que dans cette région, tout le bétail des habitants était parqué dans un enclos commun fait de bois. Les habitants du lieu, qui vivaient donc à la porte, furent appelés "peuple des portes de bois". D'où les noms des villages, qui reçurent leurs numéros en plus. En 861, le nom "Porte 10" ne fut pas choisi pour le village fondé cette année là, car des "portes", on s'était habitué à ce qu'elles aillent de 1 à 9. Au lieu de ça, le nom "La porte qui vient à 10" fut contracté en "La porte qui vient", ou "Herai" (戸来). L'histoire est ici très résumée, au risque de l'écorcher, mais on voit bien que l'ancien nom de Shingo n'a strictement rien à voir avec les hébreux.

Tant qu'on y est, pour revenir à l'emblème des Sawaguchi, ci-dessous, prétendre qu'il ressemble à une étoile de David, même de loin, est largement exagéré ; on se demande comment, en traçant deux triangles, on pourrait louper une des pointes...
Même si cela était, aurait-on pu identifier "étoile de David == juif" au Ier siècle ? Le roi David, dont ce symbole est censé être l'emblème, n'a pas existé, du moins comme roi puissant. Tout au plus était-il chef de village. L'étoile de David a longtemps été utilisée comme gri-gri, et n'a été adoptée comme symbole des juifs qu'à partir de la renaissance (XVIème siècle). Le vrai symbole juif de l'époque de Jésus Christ est la ménorah (chandelier à sept branches) conservée dans le temple de Jérusalem, la croix quant à elle n'existe pas en tant que symbole associé à Jésus avant le Vème siècle. Les symboles utilisés dans les documents de Takeuchi sont donc anachroniques.
Et l'apparence "sémitique" de M. Sawaguchi ? Elle n'a rien d'exceptionnel ! On rencontre des japonais de haute taille, au teint clair et au nez plus long que la moyenne dans toutes les régions. Il faut ici souligner qu'à part feu le père de M. Sawaguchi, les autres membres de la famille, y compris M. Sawaguchi lui-même (interviewé dans le reportage présenté sur le DVD), ont une apparence de japonais tout à fait normaux.

Non, décidément. Comme de très nombreuses armoiries de familles japonaises, l'écusson des Sawaguchi est tout simplement une fleur stylisée, comme par exemple celle-ci, qui pousse sur la colline où se trouve leur tombe

Effectuons un petit retour sur le fameux "testament de Jésus Christ". Ecrit en japonais ? Il y a deux mille ans ? Sans blague ! Les japonais n'ont une écriture que depuis le VIème siècle environ, quant aux katakana, caractères utilisés dans ce "testament", ils ne font leur apparition qu'au IXème siècle. Il est donc rigoureusement impossible qu'un document datant du IIème siècle ait été écrit en faisant usage d'un syllabaire encore inexistant à cette époque... à moins bien sûr d'admettre que sa condition de fils de Dieu ait donné à Jésus les pouvoirs surnaturels idoines. La forme des caractères suggère néanmoins que le document date de la première moitié du XXème siècle, soit l'époque à laquelle Takeuchi a annoncé sa fantastique découverte, justement.
Une petite dernière pour la route : la signature à la fin du testament du Christ, イスキリスクリスマス神, "Jsus Chris, dieu de Noël", rien de moins ! En d'autres termes, on peut en conclure que ce Jésus et le Père Noël, c'est blanc bonnet et bonnet blanc !



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