9 janvier 2013

Jesus Video

Un roman d'Andreas Eschbach, traduit de l'allemand par Claire Duval. Un auteur de science-fiction est appelé à l'aide sur un chantier archéologique en Palestine pour essayer de comprendre une découverte étonnante: un camescope (d'un modèle qui sera commercialisé 3 ans plus tard) dans une tombe du début de notre ère.

Un mélange passionnant de science-fiction, de description du quotidien d'un écrivain de sci-fi,  de critique des médias, de la vision américaine de la religion. Un livre dont je n'ai pas envie de dévoiler la trame, afin de vous laisser le plaisir de la découverte. D'autant que rien ne se termine comme on pourrait s'y attendre, et que le point final laisse la place à l'imagination du lecteur.

7 janvier 2013

Une esclavagiste essaie d'imposer sa doctrine aux Français

Il s'agit de Madame Parisot, "patronne des patrons", dont les pratiques dans son entreprise, l'IFOP, frisent l'esclavagisme, comme nous l'explique Laurence Dequay dans Marianne:

Pressée par l'Elysée de conclure avec les syndicats un compromis «historique» sécurisant l'emploi (et les licenciements), la présidente du Medef ose brandir la menace de destructions d'emplois supplémentaires pour échapper à toute taxation des contrats précaires abusifs. Un casus belli pour les syndicats qui redoutent, eux, une explosion du déficit des caisses de chômage si le travail devient plus flexible sans contrainte. Avec quelque raison, on s'en convaincra facilement en auscultant la gestion de l'Ifop, l'institut de sondage dont Laurence Parisot est vice-présidente et actionnaire...

La patronne des patrons a, en effet, un intérêt évident à promouvoir une France de tâcherons : depuis 2008, seul un recours à des enquêteurs payés au lance-pierres et mobilisables du jour au lendemain permet à sa grosse PME d'augmenter sa profitabilité tout en servant des salaires de plus de 9 000 € (hors primes) à une vingtaine de directeurs...

Le diable se cachant dans les détails, relevons donc qu'en 2010 l'Ifop a signé plus de 750 CDD de très courte mission pour moins de... 200 salariés à temps complet. Que les émoluments de ses vacataires - pour la plupart des femmes - se sont élevés à 1 515 € brut annuels en moyenne... soit moins de 126 € par mois ! Plus hypocrite encore, l'Ifop propose bien à ses «régulières» de leur signer un CDI dit «d'intermittence» (Contrat d'enquête intermittent à garantie annuelle, ou Ceiga) que Laurence Parisot ambitionne d'étendre à toute l'économie. Mais cette «promotion» ne les extirpe nullement de la pauvreté : elle leur garantit seulement, en échange d'une parfaite disponibilité, 60 % de leur salaire annuel de référence. Soit, en 2010, un pactole de 858 € brut ! «C'est le piège parfait, critique Valérie Baggiani, de la CGT Sociétés d'études. Ces Ceiga ne permettent pas aux enquêteurs de vivre. Et ils ne peuvent compléter leurs ressources par d'autres jobs. Certains y renoncent donc.» Les signataires, de leur côté, s'adressent à Pôle emploi pour adoucir leurs fins de mois.

Cette ponction des caisses sociales se justifie-t-elle ? Que nenni. Dans les livres 2011, on découvre que l'Ifop souffre surtout de deux maux qui n'ont rien à voir avec la flexibilité du travail. L'institut est sous-capitalisé et sa rentabilité pâtit de lourds frais financiers. Une mondialisation hasardeuse, notamment en Argentine, lui vaut des ardoises. Las, de cela, Laurence Parisot ne parle jamais. Partisane de la précarité pour les autres, elle préfère réfléchir à un troisième mandat à la tête du Medef. Quitte à en récrire le contrat.  
Un constat sans concession qui amène deux réflexions : une, que ce sont décidément ceux qui font le plus de bruit qui sont le plus écoutés, au détriment de ceux qui ont raison; deux, qu'il est malheureux que le patronat français, qui compte dans ses rangs de nombreuses personnes de valeur, moteurs d'innovation et d'emploi, vrais managers sachant prendre des risques, des décisions et les assumer, se soit choisi une représentante aussi caricaturale. Faut-il en déduire que le MEDEF n'est pas représentatif et est donc illégitime pour siéger dans les négociations sociales?

6 janvier 2013

Des salauds à l'hôpital public

Une histoire édifiante, parue dans la Revue de Stress de Lolobobo, qui ne peut que soulever l'indignation. Comment peut-on se regarder dans un miroir après avoir fait cela ?
Il y a des jours ou vous passez une porte et ou vous ne savez pas que ça va changer définitivement votre regard sur le monde. Une fois passé le seuil vous rencontrez des gens font changer votre vie.
Ça m'est arrivé un lundi de septembre au début des années 90. En cherchant un moyen de ne pas faire mon service militaire (mon anti militarisme primaire), je m'étais intéressé au service civil, et j'avais choisi de le faire dans une association, tant qu'a perdre 10 mois de de ma vie, autant que ça puisse au moins être un peu utile...
Ce lundi de septembre donc je passait la porte des bureaux d'une association qui travaillait avec des sans domicile fixe. en me disant que j'allais peut être faire quelque choses de bien pour eux.
Ce que j’ignorai a l'époque c'est que je ne ferais pas plus pour eux qu'il ne feraient pour moi
Nous avons avancé ensemble, et finalement je dois plus a celles et ceux que j'ai rencontré qu'ils ne me devront jamais.
La ou j'avais pensé passer dix mois, j'ai passé 10 ans j'ai rencontré des centaines de personnes, celles qu'on accueillent et celles qui accueillent, j'ai partagé des histoires belle, tristes, heureuse, dramatique ou magique, j'ai découvert des gens avec une foi absolue, en Dieu ou en l'homme, j'ai bossé avec des salariés, des bénévoles, des gens de la rue, des anars et des militaires, des militants de droite et de gauche, des femmes et des hommes : des humaniste de tous horizons
J'ai appris des morts et j'ai pleuré, des naissances et j'ai souri, j'ai été invité a des pendaisons de crémaillère, j'ai partagé la nuit la plus longue de l'année avec des sans logis. j'ai vu naitre Un SAMU Social, des centres de soins et des accueils de jour. J'ai sensibilisé des gens au bénévolat et a l'engagement citoyen contre les exclusion. Bref j'ai adapté mon job de communicant a la manière de faire de l'association qui m'avais accepté en son sein.
Je n'ai pas communiqué sur la pauvreté, mais cherché a faire communiquer ceux qui la vivait et la combattaient au quotidien.
Parmi toutes ces rencontres, il y en a qui m'ont marqué plus que d'autre.
Philippe par exemple
J'ai toujours connu Philippe dans la rue.
parfois saoul, parfois non
Je l'ai vu prendre la décision de tous changer, et le faire (ou pas). je l'ai croisé un matin sur le bord de la gare décidant de partir pour Lourdes avec un train de pèlerin, et décider pour le temps d'un pèlerinage de se faire brancardier.
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je l'ai vu participer a une fête de quartier et aider une petite fille toute triste à retrouver sa petite voiture égarée.
et nous avons discuté souvent
il y a un truc qui me reste de ces dialogues, souvent quand la colère devient trop grande, quand la discussion touche a des sujet sensible, quand on lui rappelle un rendez vous important avec l’assistante sociale, ou le médecin, il lève le ton, il se redresse il me regarde et de sa voix rocailleuse il me dit «Laurent J't'emmerde !».
La première fois ça ma fait tout drôle, je ne l'attendait pas...
Marianne, l'assistante sociale était a mes cotés, elle l'a regardé elle lui a souri et elle lui a dit : «Nous aussi on t'emmerde Philippe», il a souri, moi aussi
...Le «J't'emmerde » et le sourire sont resté dans nos échange
Un j’t'emmerde de Philippe c'est un sourire, un je t'aime pudique un aveux de faiblesse ou de reconnaissance, une déclaration d'amitié en un mot.
Quand je suis parti pour la Bretagne, on a fait une fête. Philippe et d'autres gars que j'avais croisés étaient la.
il m'a pris dans ses bras et m'a dit «J't'aime et J't'emmerde! prend soin de toi et de tes enfants...»
j'ai fait ça
Depuis je n'ai pas revu Philippe, la dernière fois que j'ai trainé dans les rues de la ville de mon enfance, il n'était pas là.
et puis hier il y a eu un article dans le journal
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Philippe a été hospitalisé en décembre
Pendant qu'il était à l'hôpital, au sein de l'asso chacun c'est activé pour lui trouver un lieu de convalescence (et même avec un peu de chance de résidence, il faut dire qu'il a 72 ans et que ce serait bien qu'il trouve un endroit pour se poser) , mais c'est long et difficile de trouver un lieu de vie.
apparemment trop pour certaines personnes de l’hôpital qui l'on déposé dans la journée du 31 décembre devant les portes du SAMU social vêtu d'une simple chemise d’hôpital.
J'aimerai juste dire «J't'emmerde » au type qui l'a viré de l'hosto avant d'aller réveillonner, histoire sans doute de ne pas surcharger ses stats d'occupation de lit, en se disant que de toute façon les SDF sont fait pour vivre et mourir dans la rue.
mais bien sûr, je dis ça, je dis rien! (quoique)
 Il est important de ne pas se taire.

4 janvier 2013

À propos de Жерар Депардьё, un autre ami des dictateurs

Le blogue de Claude-Marie Vatrot, sur Politis, nous rappelle combien le poivrot de Châteauroux planqué en Belgique est compromis avec les dictatures satellites de l'empire de Monsieur Poutine dont il vient d'obtenir la nationalité. Extrait:
Avec son courrier lu jeudi à la télévision russe, courrier dans lequel il vante la qualité de la démocratie locale, Depardieu a donc payé son écot et finalement avoué son penchant pour les régimes ... forts. Comme lorsqu’il assiste aux fêtes du 36 éme anniversaire du sanguinaire président-dictateur de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, le 5 octobre 2012. Comme le chèque rétribuant ce genre de participation est en général plus que généreux, il ne fut pas le seul puisque des gens comme les footballeurs Barthez, Jean-Pierre Papin ou des acteurs comme Jean-Claude Van Damme sont venus en d’autres occasions honorer le dictateur mis en place par Vladimir Poutine.
Son inclination pour les dictatures conduit souvent Depardieu dans l’Ouzbékistan de l’indéboulonnable Islom Karimov, « élu » président depuis 1990 ; il y a chanté en compagnie de Gulnara Karimova, sa fille, et y prépare une série télévisée sur la route de la soie. Autre fréquentation « démocratique » de l’acteur français : le Kazakhstan présidé depuis 1990 par un des autres dictateurs de la région, l’inamovible Noursoultan Nazerbaëv qui se proclame volontiers descendant d’Attila. Il y a tourné en 2010 dans « l’inoubliable » Amour inopinée par Sabit Kurmanbekov dont la carrière n’a pas dépassée les frontières du pays malgré sa présentation en grande pompe au Festival de cinéma Eurasia. Un festival ou Gérard Depardieu fait fréquemment de la figuration à la fois intelligente et rémunérée entre 100 000 et 150 000 dollars pour deux ou trois jours de présence et de consommation des alcools locaux. Il n’est pas le seul à fréquenter ce pays dictature car il y a croisé à plusieurs reprises Patricia Kaas et aussi Régine qui a ouvert une boite de nuit à
Astana, la nouvelle capitale de ce pays qui emprisonne tous les opposants.

Sans commentaire.

2 janvier 2013

Une lecture

Il est rare de trouver sur le web des textes aussi bien écrits que ce court d'Astrid Manfredi. Je ne vais pas le recopier ici, tout le mérite lui revient à elle. Allez-y...

1 janvier 2013

Novoroční

Noc brnká na spinetu tak, jako předloni,
a krčmář v kamnech zatopí,
/: koukám se na vinětu, a rytíř na koni
vyměnil láhev za kopí. :/
Noc háže stříbro ryzí na ostny akátů,
pár minut zbývá do ledna,
/: zní z kouta píseň cizí opilejch soldátů
a major vodku objedná. :/
Mějte si ze mne blázna, každý vám uvěří
a snad mu srdce okřeje,
/: flaška je poloprázdná a fízl u dveří
k Novýmu roku popřeje. :/

(Karek Kryl)