Restons amis. Drôle de formule, comme si l'amour était le stade ultime de l'amitié.
J'ai eu des amis. H., viticulteur, mort asphyxié dans un puits. M., ingénieur, mort sur le coup dans un accident de la route. Des amis parce qu'on se disait tout, qu'on riait de tout, qu'on se comprenait sans vraiment avoir besoin de tout se dire.
Des amies, oui. C., dont j'ai sans doute été amoureux mais qui m'a écarté quand, lors d'une de mes crises de couple, j'ai espéré trouver chez elle une oreille bienveillante. A., qui avait elle aussi repoussé mon amitié après que je lui donne des informations sur mes amours (qui n'en étaient pas vraiment, c'était avant Elle, mais je ne le savais pas alors).
Aujourd'hui, j'ai surtout quelques bons copains, avec qui je peux plaisanter. Des collègues de travail tout à fait urbains, cela me change de Paris depuis que je vis en région lyonnaise.
Mais d'amis...
C'est un reproche récurrent de sa part. C'est une différence qu'elle n'admet pas. Parce qu'elle a tellement besoin de se constituer un cercle d'amis ? pourquoi ? je n'en sais rien. Elle a en tout cas le talent de dénicher des gens remarquables, quand elle veut bien me les présenter...
23 janvier 2013
Le choeur des femmes (Martin Winkler)
Je viens de terminer ce très beau livre de Martin Winkler. Il est difficile de raconter cette histoire, je pense qu'il vaut mieux inviter les autres à s'y plonger.
Je n'avais rien lu de cet auteur avant, et j'avoue que j'étais méfiant au vu de la thématique abordée. Méfiant et un peu voyeur, car s'il y a bien un endroit où je n'ai jamais accompagné ma femme, c'est chez le médecin (et encore moins le gynéco, comme les deux personnages principaux).
Mais le talent d'écriture de Martin Winkler, et la beauté de cette histoire m'ont soufflé. Et procuré un intense plaisir intellectuel, fait d'émotions, de compréhension, d'empathie. Des choses qui sont en grande quantité dans ma personnalité, et que j'ai du mal, ces temps-ci, à pouvoir exprimer.
Ce récit aborde des thèmes et des combats essentiels, notamment dans le rapport entre le corps médical et les patients que nous sommes. Il est empreint d'une humanité qui rassénère, d'un humanisme qui rassure sur la nature humaine.
Merci, Monsieur Winkler.
Je n'avais rien lu de cet auteur avant, et j'avoue que j'étais méfiant au vu de la thématique abordée. Méfiant et un peu voyeur, car s'il y a bien un endroit où je n'ai jamais accompagné ma femme, c'est chez le médecin (et encore moins le gynéco, comme les deux personnages principaux).
Mais le talent d'écriture de Martin Winkler, et la beauté de cette histoire m'ont soufflé. Et procuré un intense plaisir intellectuel, fait d'émotions, de compréhension, d'empathie. Des choses qui sont en grande quantité dans ma personnalité, et que j'ai du mal, ces temps-ci, à pouvoir exprimer.
Ce récit aborde des thèmes et des combats essentiels, notamment dans le rapport entre le corps médical et les patients que nous sommes. Il est empreint d'une humanité qui rassénère, d'un humanisme qui rassure sur la nature humaine.
Merci, Monsieur Winkler.
22 janvier 2013
Vida
Vida - Vie
Peut-être les mots vont-ils m'abandonner,
ou peut-être est-ce vous qui m'abandonnerez
ou seulement les ans finiront par me laisser
à la merci d'une vague
à la merci d'une vague...
En attendant que tout cela m'arrive,
Car tout cela m'arrivera forcément,
Peut-être ai-je encore le temps de voler un peu
encore à la vie
et de remplir mon bagage
En attendant que tout cela m'arrive...
vie, ô vie !
Je vois encore parfois,
parfois, je vois encore
mes yeux d'enfant qui cherchent
au-delà de la vitre de la fenêtre
une couleur à la Tramontane.
Des voix sensées m'ont déjà dit
qu'il était inutile de me fatiguer,
mais moi, un rêve ne me fatigue jamais
et malgré ma barbe, j'ai toujours le regard d'un enfant...
Par moment, je vois encore ...
vie, ô vie !
Si mes mots ont pris un coup de vieux,
Si mes mots ont pris un coup de vieux,
Je vous en prie, fermez la porte
et fuyez la nostalgie d'une voix qui s'éteint.
Sachez que cela ne me fera pas de peine,
Sachez que cela ne me fera pas de peine,
et j'irai de branche en branche
pour écouter ce que chantent
les nouveaux oiseaux de mon paysage.
Non, ça ne me fera pas de peine,
car c'est la vie, vie !
Si la mort vient me chercher.
Si la mort vient me chercher.
Elle peut entrer dans ma maison
mais qu'elle sache, dès maintenant,
que jamais je ne pourrai l'aimer.
Et si avec elle je dois partir,
Et si avec elle je dois partir,
Je veux qu'il ne reste de moi que des vers,
des vers ou de la cendre nue
un accord de mon voyage,
je veux qu'ils chantent ce signe,
vie, ô vie !
Peut-être les mots vont-ils m'abandonner,
ou peut-être est-ce vous qui m'abandonnerez
ou seulement les ans finiront par me laisser
à la merci d'une vague
à la merci d'une vague...
vie, ô vie !
En attendant que tout cela m'arrive...
vie, ô vie ...
20 janvier 2013
La dictature de la rigueur
Arnaud Bouillin et Laurence Neumann, dans Marianne, nous apprennent que le FMI vient d'avouer une erreur de calcul qui serait la cause des politiques d'austérité qu'il impose, en pensant que cela "soigne" l'économie d'un pays, alors que cela l'achève. Le plus grave, c'est que les partisans de l'austérité ne remettent rien en question.
L’incroyable erreur des experts du FMI
Le principal bailleur de fonds de la planète vient d’admettre sa faute : il a gravement sous-estimé les effets néfastes des cures d’austérité qu’il préconise. «Simple erreur de calcul», dit-il, mais dont les conséquences sont dévastatrices. Or, devinez quoi : les tenants de la rigueur continuent à faire comme si de rien n’était...L'aveu est incroyable, presque inimaginable. Quatre ans après le déclenchement de la Grande Crise qui secoue les économies occidentales avec une violence sans égale depuis 1929, l’un des plus grands économistes de la planète, en l’occurrence le directeur du département Recherche du Fonds Monétaire International, vient de publier un rapport dans lequel il avoue que le FMI - et avec lui, l’ensemble des dirigeants européens, ministres des finances, Banque centrale, Commission européenne… – ont gravement sous-estimé les effets néfastes des politiques d’austérité infligées aux Etats les plus endettés.
Oui, vous avez bien lu : Olivier Blanchard, l’une des sommités économiques les plus renommées au monde, admet noir sur blanc, dans un rapport de 43 pages rendu public le 3 janvier dernier, que le FMI s’est trompé sur toute la ligne. Et la faute provient d’une simple erreur de calcul, sur un coefficient bien connu dans la discipline : le multiplicateur.
Entre 1970 et 2007, les prévisionnistes du FMI avaient constaté que 1% de dépense publique en moins – ou d’impôt en plus – entraînait, en moyenne, 0,5% de croissance en moins dans les pays avancés. Soit un multiplicateur de 0,5, qu’ils ont doctement retenu dans les travaux préparatoires aux plans d’aide à la Grèce ou au Portugal. Mais ça, c’était avant la crise et son lot d’incertitudes qui perturbent le comportement des consommateurs.
Dans son « Panorama de l’économie mondiale » publié en octobre dernier, le FMI a d’abord reconnu, au détour d’une page repérée par les seuls spécialistes, que les multiplicateurs actuels pouvaient être compris « entre 0,9 et 1,7 ». C’est-à-dire entre deux et trois fois plus ! L’étude détaillée d’Olivier Blanchard, que Marianne vous propose de consulter ci-dessous (en anglais), confirme la bévue. Les conséquences sont abyssales : en obligeant les gouvernements d’Europe du Sud à réduire drastiquement les salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités, le FMI a fait plonger la demande intérieure deux à trois fois plus vite que prévu.
La suite, hélas, est connue : faillites en série, explosion du chômage et manifestations monstres dans les rues d’Athènes ou de Lisbonne. Comme le dit le proverbe japonais, « si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou »…
Le papier du FMI est lisible sur Scribd.
16 janvier 2013
RMC, la radio qui sent mauvais
Autant commencer par un titre choc. Depuis deux semaines, je recommence à conduire en raison de l'immobilisation de mon amour. Je passe du temps à écouter la radio, je maudis le CSA de ne pas avoir imposé une diffusion nationale de RFI, une vraie radio qui parle de tout, et surtout permet de découvrir de nouveaux sons, et je "teste" tout.
La pire des radios, je crois, c'est RMC info. On se croirait à la buvette du Medef. Et ce qui me rassure, c'est que je ne suis pas le seul à le penser, les excellents journalistes d'Acrimed (Blaise Magnin et Denis Perais - ok, deux hommes, ce n'est pas toujours un défaut...) se sont lâchés sur le sujet, avec un vrai article que je reproduis ci-après.
La pire des radios, je crois, c'est RMC info. On se croirait à la buvette du Medef. Et ce qui me rassure, c'est que je ne suis pas le seul à le penser, les excellents journalistes d'Acrimed (Blaise Magnin et Denis Perais - ok, deux hommes, ce n'est pas toujours un défaut...) se sont lâchés sur le sujet, avec un vrai article que je reproduis ci-après.
RMC : Où sont les femmes ?
Dans le premier opus d’une série en cours consacrée à RMC, nous avions récemment mis en évidence le tropisme patronal de l’émission « Bourdin & Co ». Nous souhaitions revenir ici sur une autre facette de la station appartenant à Alain Weill : la place réservée aux femmes aussi bien comme auditrices intervenant à l’antenne dans la tranche 9/10 de l’émission « Bourdin & Co » qu’en tant qu’animatrices des émissions diffusées. Le constat est limpide : la parité n’est pas encore à portée d’antenne... choix éditorial oblige.À la recherche des auditrices
Entre le 28 novembre et le 14 janvier, 54 femmes et 295 hommes ont été pris à l’antenne dans l’émission « Bourdin & Co » de 9h à 10h ; soit respectivement 15,47 % et 84,53 %.
Dans aucune d’entre elles, les femmes ne sont majoritaires, le meilleur rapport obtenu donnant, le 31 décembre, 5 femmes pour 6 hommes. Dans 9 séquences, soit 29 % des émissions observées aucune voix féminine n’a jamais été entendue. Alors que RMC se prétend une radio « interactive » donnant une large part d’antenne à ses auditeurs, ce déséquilibre écrasant est un symptôme de choix éditoriaux et commerciaux qui ciblent exclusivement les hommes.
Journalistes et animatrices au compte-gouttes
S’agissant de la proportion de femmes titulaires du poste d’animatrice des différentes émissions de la grille, elle est en parfaite corrélation avec ce premier constat.
Ainsi, en semaine, Brigitte Lahaie est la seule femme titulaire du poste, pour son émission quotidienne « Lahaie, l’amour et vous » de 14 heures à 16 heures, à se faufiler parmi la pléthore d’animateurs masculins : Mathieu Belliard et Charles Magnien (« Bourdin & Co », 4h30-6h) ; Jean-Jacques Bourdin (« Bourdin & Co », 6h-10h) ; Alain Marschall et Olivier Truchot (« Les grandes gueules ») ; Eric Brunet (« Carrément Brunet ») ; Luis Fernandez et Christophe Paillet (« Luis attaque ») ; Vincent Moscato et Pierre Dorian (« Moscato Show ») ; Tony Parker et Pierre Dorian (« Tony Parker show ») ; Gilbert Birsbois et Jean-François Pérès (« After foot ») ; Jano Rességuié (« Intégrale foot ») ; Jean-Michel Larqué (« Larqué foot ») ; Daniel Riolo, Huhes Obry et Antonin Teissère (« Docteur Poker »)...
Quant aux trois éditorialistes qui officient le matin dans l’émission « Bourdin & Co », personne ne sera surpris de découvrir que ce sont des... hommes : Jean-François Achilli, Nicolas Doze et Hervé Gattegno.
Le week-end, la « cuisine » reste toujours aussi masculine puisque seule Laëtitia Barlerin se fraie un passage parmi les membres de « l’autre » sexe. RMC ne va cependant pas jusqu’à lui confier les rênes de l’émission « Vos animaux » qu’elle doit co-animer avec François Sorel dont l’étendue des compétences est pourtant déjà largement sollicitée : il présente ainsi « Votre jardin » avec Patrick Mioulane, « Votre maison » avec Serge Pessey et « Votre auto » avec Jean-Luc Moreau. Les autres émissions du week-end animées par Serge Simon et Gilbert Brisbois (« Les grandes gueules du sport »), Florent Gautreau (« Les courses RMC »), Jean-Luc Roy et Laurent Frédéric Bollée (« Motors »), Jean-Michel Larqué et Jean-François Pérès (« Larqué foot »), Jano Rességuié (« Intégrale foot ») et Christophe Cessieux (« Intégrale sport ») sont donc entièrement masculines.
L’amour et les animaux domestiques, donc… Des thèmes que les clichés les plus triviaux associent spontanément aux préoccupations et à la sensibilité féminines, et dans lesquels RMC cantonne ses deux seules animatrices !
Le recensement des femmes chroniqueuses régulières ou occasionnelles à l’antenne confirme la même tendance. Ainsi, si on peut notamment repérer la présence de Claire Andrieux et Marie Régnier dans l’émission animée par Jean-Jacques Bourdin, de Camille Dahan au standard d’Eric Brunet, de Carine Galli, Maryse-Ewange-Epée, Céline Géraud, Sarah Pitkowski ou d’Isabelle Sévérino dans différentes émissions sportives, de Marie Célie Guillaume, Claire O’ Petit, Marie-Anne Soubré M’Barki ou de Sophie de Menthon dans « Les grandes gueules » leur place reste très marginale par rapport à celle des hommes.
La domination masculine dans les postes d’animateurs ou chroniqueurs sur RMC est d’autant plus critiquable que les femmes représentent 51,6 % de la population totale et 45,75 % du total du nombre de cartes de presse délivrées en 2012.
Des programmes conçus pour les hommes
Mais cette monopolisation de l’antenne par les hommes n’est pas l’apanage de RMC. Elle avait déjà été relevée sur d’autres stations comme RTL, France Inter, NRJ et Skyrock dans le « Rapport sur l’image des femmes dans les médias » du 25 septembre 2008, et de nouveau, dans le rapport « Les expertes : bilan d’une année d’autorégulation ».
Bien entendu, la structure de la grille de RMC, avec de nombreuses émissions sportives et de « talk » écoutées majoritairement par des hommes favorise cette exclusion des femmes - que l’on constate pourtant de manière tout aussi flagrante dans la tranche 9h/10h, théoriquement plus ouverte aux auditrices.
Ce sont ces choix de programmation accordant une place écrasante à l’information et au sport, traités de surcroît dans des registres qui font la part belle à la verve, voire au culot des intervenants, qui expliquent cette structure de l’auditoire – et indirectement de la rédaction. En effet, et quoi qu’on en pense, ces thèmes comme ces formes de débat intéressent prioritairement les hommes, pour des raisons qui tiennent à leur place dans la société, et plus largement à la force des représentations des frontières entre les genres.
Avec une telle ligne éditoriale, qui non seulement entretient les stéréotypes de la masculinité en ne proposant que des programmes que les hommes sont supposés attendre, mais les conforte aussi en ne réservant l’antenne qu’à des hommes ou presque, comment s’étonner que des formes particulièrement choquantes de sexisme puissent avoir cours à RMC, comme nous l’avions pointé ici-même ?
Un choix éditorial assumé
Cette asymétrie, Franck Lanoux, le directeur général de la station, la revendique le 31 août 2012 dans 20 Minutes en convoquant un argument d’un sexisme pour le moins brutal : « Il y a la forte présence du sport, mais il y a aussi notre manière de faire de l’info, qui est celle du talk. Or les hommes aiment cela, car ils adorent qu’on dissèque l’information. Les femmes, elles, écoutent l’info puis s’occupent de leur famille, de leurs enfants ; elles passent à autre chose ». Pour résumer : les hommes ne consentent qu’à écouter des hommes, et leurs femmes font la cuisine pendant qu’ils réfléchissent, RMC fait donc le seul calcul rationnel possible… CQFD !
Un sexisme assumé qui a donc de biens beaux jours devant lui. D’autant plus qu’Alain Weill, le propriétaire, professe le même choix éditorial en avançant, lui, des arguments sonnants et trébuchants dans le supplément télévision du Monde du 17 septembre 2012 : « la cible visée, celle des décideurs économiques, est évidemment intéressante aussi pour les annonceurs ». Et quand bien même il y aurait quelques femmes parmi les « décideurs économiques », peut-être sont-elles vouées par le sexisme ordinaire à s’occuper de la vie domestique plutôt que de s’informer sur RMC quand elles en ont fini avec les affaires…
Et comme ce « modèle » semble se révéler extrêmement rentable au regard des résultats publiés le 25 juillet dernier, inutile, vraisemblablement, d’attendre une féminisation accélérée de l’antenne de RMC dans les prochains mois...
14 janvier 2013
12 janvier 2013
Anniversaire (1)
Il y a seize ans, notre première rencontre virtuelle et notre première conversation téléphonique.
La chaleur de tes mots me réchauffe encore le coeur.
Bon anniversaire mon âme.
La chaleur de tes mots me réchauffe encore le coeur.
Bon anniversaire mon âme.
Inscription à :
Articles (Atom)
