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6 juillet 2008

Réveil difficile

C'est vrai que mon rythme de publication a fortement baissé. Non que je baisse les bras, mais je fais tellement de choses que je ne fais jamais tout à fond en même temps... et puis j'ai eu un projet un peu prenant au travail, qui vient de se terminer...

Le réveil a été dur quand, après plus d'un mois, j'ai cliqué sur les liens de mon blogue et découvert que Denis Robert déposait les armes. C'est dur, mais c'est compréhensible et on ne peut vraiment pas lui en vouloir. Son combat reste exemplaire, pour dénoncer le vrai ennemi de la démocratie, de la liberté, de toutes les valeurs humanistes qui ne savent plus où se réfugier faute d'organisation politique crédible. Quand un parti politique héberge dans ses rangs un Vanneste ou un Mélenchon, quelle crédibilité peut-il avoir ? Mais je m'égare... Denis Robert nous a instruit sur notre ennemi commun, cette mafia militaro-financière qui s'engraisse et fait taire ses adversaires par tous les moyens possibles. Qu'il en soit remercié.

Un bref extrait du pourquoi du comment : "Ma confiance envers la justice et les hommes qui ont à juger de mes écrits s’est émoussée. Les tribunaux sont plus sensibles à l’air du temps et au harcèlement juridique d’une société aux moyens inépuisables, qu’à l’examen des faits. Je suis condamné par des magistrats qui, la plupart du temps, ne connaissent des mécanismes financiers que leur livret de Caisse d’Epargne." Aucun commentaire supplémentaire n'est utile...

Le blog de Denis Robert restera en tête de mes blogues lus, même s'il n'y a plus rien à lire...

J'ai continué de cliquer et j'ai vu qu'Irène Delse me considérait comme sympathique... Merci Irène...

J'aime bien butiner dans les blogues, mais je n'ai pas le temps d'y aller régulièrement. Mes préférés sont dans ma liste fixe, cela n'empêche en rien le plaisir de la découverte.

Blogues détestés : j'avoue m'être totalement désintéressé de tous ces espaces d'autopromotion de "blogueurs incontournables" qu'il est pourtant si facile de ne pas aller voir !

6 décembre 2007

J'ai failli rater ça - épisode 1

Beau titre n'est-ce pas ?

Le Charançon libéré m'a appris (avec retard) que Florent Pagny sortait un album de chansons de Brel. Je suis moi aussi consterné que le chanteur de "la liberté de voler" * reprenne sans vergogne les titres de cet homme remarquable.

Juste la fin de son post :

Après tout, Pagny reprenant Brel, c'est un peu comme Sarkozy citant Jaurès.

Ou Ségolène se réclamant du socialisme.

Non ?

Si.

* Ah si, note nécessaire :
Le chanteur Florent Pagny a été condamné jeudi 27/01/05 à 15.000 euros d'amende pour fraude fiscale par la cour d'appel de Versailles.

Elle s'est montrée plus clémente que le tribunal correctionnel de Versailles qui, l'an dernier, l'avait condamné en première instance à 6 mois d'emprisonnement avec sursis et 15.000 euros d'amende. Lors de l'audience du 9 décembre, l'avocat général de la cour d'appel avait requis contre lui 8 mois de prison avec sursis et 25.000 euros d'amende.
Ni Florent Pagny ni Pascal Nègre, PDG d'Universal Music, n'ont assisté à l'audience.
Le chanteur était poursuivi pour ne pas avoir déclaré ni payé de TVA pour l'année 1997, pour un montant de près de 48.000 euros, d'avoir minoré de plus de 540.000 euros ses revenus des années 1996 à 1997 et d'avoir détourné des objets qui devaient être saisis pour payer un important arriéré d'impôts. Mais surtout, l'administration fiscale affirmait qu'une somme d'un million d'euros versée début 1996 par sa maison de disques n'était pas un prêt, comme il l'affirmait, mais une avance sur recettes qui aurait du être soumise à l'impôt. Comme le tribunal correctionnel, la cour d'appel a estimé qu'il s'agissait bien d'un prêt et a relaxé le chanteur de ce délit. Pascal Nègre, poursuivi pour "complicité de fraude fiscale", a vu sa relaxe de première instance confirmée.

12 avril 2007

Vive le feu

Un excellent blog, encore chez 20 Minutes (décidément les blogs sont plus agréables à lire que le journal), celui de Sébastien Fontenelle. Pour le plaisir, ces quelques mots sur M. Giesbert...
1.
C'est aujourd'hui, si je ne Mabuse, que Franz-Olivier Déontologiesbert (aka FOD), iconoclaste patron du si follement subversif hebdomadaire "Le Point" (où l'on brise tous les deux mois, non sans courage, le répugnant tabou de "l'assistanat"), doit répondre aux questions que se pose le juge Philippe Courroye sur ce qu'il savait précisément de l'affaire dite "Francelet".

Du nom du journaliste Marc Francelet, que le juge Philippe Courroye soupçonne d'avoir monnayé la publication dans la presse, et notamment dans le si follement subversif hebdomadaire "Le Point", d'articles "au ton très favorable" sur l'homme d'affaires Iskandar Safa.

Je rappelle, pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi, que Franz-Olivier Déontologiesbert, qui n'hésite jamais à dispenser à ses pair(e)s de sévères mais justes leçons de journalisme, a, d'après "nouvelObs.com", tranquillement "admis la semaine dernière dans "Le Monde" l'intervention de Marc Francelet pour l'article" en question.

Je m'empresse de préciser, car c'est de nature à nous rassurer, que Franz-Olivier Déontologiesbert a tout de suite précisé qu'il "ignorait" que l'interventionniste "était payé par Safa".

Ouf.

Au reste, Franz-Olivier Déontologiesbert l'a posément spécifié: "Même si un papier est complaisant, il est intéressant d'avoir un point de vue inédit, quitte à rééquilibrer les choses plus tard".

Je ne doute pas que le juge Philippe Courroye saura mesurer la TED (teneur en déontologie), élevée, de cette dernière considération.

Je ne doute pas (non plus) que Franz-Olivier Déontologiesbert saura produire, pour sa défense, la copie des papiers où "Le Point" aura, éventuellement, "rééquilibré les choses", après la publication de l'article incriminé*.

Enfin je suppose que Franz-Olivier Déontologiesbert ne manquera pas d'inviter celles et ceux que cela intéresserait à vérifier sa propre TED en se plongeant, sur son blog, dans les sévères mais justes leçons de journalisme qu'il infl... Dispense régulièrement, ainsi que je le mentionnais plus haut, à ses confrères et soeurs, dont les carences éthiques le navrent - et comme je le comprends.

2.
Ceci posé, j'en arrive à ce qui m'amène aujourd'hui: je voulais justement profiter de l'absence (temporaire) de Franz-Olivier Déontologiesbert pour improviser une visite guidée, mais gratuite, de son cultissime blog, autour du thème: "Comment flatter quotidiennement (ou presque) l'encolure d'un seul et même candidat?"

(Je veux parler, bien sûr, d'Eugène Sarkozy, qui postule, un peu comme cela se faisait jadis en Berchtesgadie, que les délinquants sont des salauds dès le berceau - à l'exception toutefois des maires UMP des Hauts-de-Seine qui détrousseraient leurs contribuables.)

3.
Notre visite du blog de Franz-Olivier Déontologiesbert commence le 2 avril dernier.

Ce jour-là, FOD, à 19.22, tance brutalement Eugène Sarkozy, l'accusant de "se payer les journalistes".

FOD, qui, de l'avis de plus d'un expert, est lui-même journaliste, l'observe alors avec beaucoup de netteté: "Les candidats ne passent plus rien à notre métier" - c'est "frappant avec (...) Sarkozy (...) comme ça l'était (...) avec Ségolène Royal".

L'extrême sauvagerie de la charge donne des sueurs froides à la dream team de campagne du candidat UMP - et fait dire à Brice Hortefeux que: "Si Foddy nous lâche, on est hyper-mal, putain de bordel de merde".

4.
Fausse alerte: à 19.25 ce même 2 avril, c'est à dire trois minutes après avoir grondé Eugène Sarkozy, Franz-Olivier Déontologiesbert, sans doute pris de remords, corrige sa copie - et pose, dans un nouveau billet au ton beaucoup plus onctueux, qu'en effet les journaleux, cette engeance, se comportent parfois un peu comme des salauds avec Eugène Sarkozy.

De sorte qu'à bien y réfléchir, Eugène Sarkozy n'a peut-être pas complètement tort, mettez-vous à sa place, de "se payer les journalistes" - et que FOD a sans doute crié un peu vite, sur son blog, trois minutes plus tôt.

Alors bien sûr, Franz-Olivier Déontologiesbert ne l'énonce pas aussi directement: l'amour a ses pudeurs.

Il commence par signaler qu'il "vient de terminer" le "nouveau livre" d'Eugène Sarkozy.

(Jamais FOD ne (se) demande où et quand Eugène Sarkozy a bien pu trouver le temps d'écrire un nouveau livre.)

Ce livre, autant l'énoncer clairement: FOD l'a beaucoup aimé.

Il a beaucoup aimé son "ton nouveau" - un ton "plus rassembleur, plus social, et aussi, d'une certaine manière, plus national".

(En somme: tout ce qui différencie le véritable chef d'Etat du commun des mortel(le)s.)

FOD, manifestement désireux de prouver (ne serait-ce qu'à Brice Hortefeux) qu'il a vraiment lu jusqu'au bout le si plaisant nouveau livre d'Eugène Sarkozy, affine son compte-rendu: "Ce qui m’a le plus frappé, c’est peut-être son passage à propos du capitalisme : « Je ne crois pas à un capitalisme sans morale ni éthique. » Ou encore : « Je ne crois pas à un capitalisme où ceux qui échouent gagnent plus que ceux qui réussissent. » Ou bien : « L’économie de marché ne peut fonctionner sans les règles et les institutions qui empêchent que le riche devienne toujours plus riche et le pauvre toujours plus pauvre. »"

C'est, en effet, bouleversant - et tellement sincère, sous la plume d'Eugène "Vladimir Illitch" Sarkozy, qui a tant donné de sa personne pour terrasser l'hydre capitaliste.

Mais ce n'est pas tout - ainsi que le relève Franz-Olivier Déontologiesbert: "Quelques pages plus tard, il [Eugène Sarkozy] va plus loin : « J’en ai assez de voir l’Etat abaissé, le service public dénigré. » Après quoi, il se livre à un éloge des fonctionnaires. Il exalte aussi « la France de Léon Blum et de Mandel, celle de Saint Louis et de Carnot, de Jules Ferry, de Clemenceau et de Jaurès, celle de Pascal, de Voltaire, de Victor Hugo, celle de Camus et de Sartre. »"

FOD lâche alors ce cri du coeur: "Plus rassembleur, tu meurs !"

(De telle sorte qu'on ne voit pas qui oserait ne pas voter pour Eugène Sarkozy.)

Franz-Olivier Déontologiesbert lâche alors cette conclusion, évidente, qui lui permet de corriger son emportement de 19.22: "On est loin du croquemitaine ultra-libéral et néo-thatchérien qu’on nous décrit ici ou là. Chers confrères, il va falloir changer de disque."

Oui: "Chers confrères, il va falloir changer de disque" - et convenir qu'Eugène Sarkozy est plutôt un homme de gauche.

Sinon faudra pas non plus vous étonner, quand Gégène se paiera la presse.

Ce que FOD nous explique, ce 2 avril, c'est que si Eugène Sarkozy a fini par se montrer un peu exaspéré par les journalistes, faut quand même pas oublier que c'est eux qui ont commencé, en essayant, les gueux, de le ranger à tout prix dans le même tiroir que Reagan, alors que la place de cet homme est, de toute évidence, aux côtés de Jaurès.

On continue la visite?

5.
Le 5 avril, Franz-Olivier Déontologiesbert dénonce, dans un billet furieusement iconoclaste, "la mascarade du débat".

Il observe d'abord: "Il paraît qu’il faudrait organiser un débat entre les douze candidats."

Et ça, FOD nous l'annonce franco: c'est une monstrueuse connerie.

Car, nous explique-t-il: "Un vrai débat, c’est à deux. A trois, c’est déjà trop. Alors, imaginez, à douze avec le même temps de parole pour tout le monde !"

Et tiens - pendant que vous y êtes: imaginez aussi que FOD publie ce billet au moment précis, la coïncidence est des plus divertissantes, où Eugène Sarkozy, toujours sujet à de grandes peurs, refuse catégoriquement le débat "entre principaux candidats" auquel Bayrou et Royal ont, de leur côté, accepté de participer!

Ne dirait-on pas (même si nous savons que bien sûr il s'agit d'un hasard de calendrier) que Franz-Olivier Déontologiesbert justifie ce refus d'Eugène Sarkozy, quand il affirme qu'"un vrai débat, c'est à deux. A trois, c'est déjà trop"?

(Et si je peux me permettre: pourquoi FOD n'a-t-il cessé, dans ses formidables émissions culturelles, de faire "débattre" plus de trois invité(e)s?)

La visite continue, n'oubliez pas le guide.

6.
Le 9 avril, FOD restitue à son lectorat, sous une forme à peine altérée, un morceau des propos de campagne des pin's parlants d'Eugène Sarkozy.

Le Pen vient, rappelez-vous, de positionner Eugène Sarkozy en "candidat issu de l'immigration".

Franz-Olivier Déontologiesbert, dont la radieuse intelligence brille comme un phare dans l'interminable nuit marxiste, en tire la seule conclusion possible: "Cette attaque montre bien que Sarkozy est (le) pire ennemi (de Le Pen)".

Et qu'importe si, dans la réalité, le boss du Front trouve au contraire que celui de l'UMP est quelqu'un avec qui on peut "dialoguer": le principal est que FOD puisse dire à peu près la même chose que Brice Hortefeux, lorsque celui-ci déclare de son côté que les propos du Pen "condamnent le fantasme de connivence entre la droite et l'extrême droite"...


7.
Le 9 avril toujours, FOD, pour la deuxième fois de la journée, vole au secours d'Eugène Sarkozy, dont les considérations désuètes sur les nouveaux-nés pédophiles suscitent quelque émotion.

A 15.37, le patron de "Le Point" balance un nouveau billet sur son blog pour constater que: "Il y a une part d’épreuve physique dans une campagne présidentielle. Quand vient la fatigue, les bourdes suivent. J’ai toujours été frappé par l’incroyable énergie de ces candidats increvables qui épuisent leurs entourages. Mais parfois, ils craquent. Et c’est le faux pas."

On se dit que là, en dépit de la sympathie affectueuse qu'il n'a cessé de lui témoigner, FOD va condamner le (gros) "faux pas" eugéniste, pour le moins terrifiant, de l'héritier UMP de Jaurès.

Or: non.

Pas du tout.

Franz-Olivier Déontologiesbert a deux exemples autrement plus importants de "bourdes" à nous soumettre.

D'abord: "Cette charge de Jospin contre un Chirac décrit comme « vieux » et « usé », dans un avion, pendant la campagne présidentielle de 2002".

FOD observe: "Je suis sûr qu’elle était provoquée par une fatigue qui, en l’espèce, tournait à l’irascibilité. Elle est en tout cas à l’origine du dévissage de l’ancien Premier ministre."

C'est hyper-intéressant, et ça permet d'occulter le "faux pas" d'Eugèn(ist)e Sarkozy.

FOD enfonce d'ailleurs, le clou, avec, cette fois-ci, une abominable erreur de Marie-Ségolène Royal, qui, tenez-vous bien: " Déclare (...) que le régime des talibans en Afghanistan doit faire l’objet de pressions internationales alors qu’il est tombé en 2OO1".

Commentaire FODien: "Heureusement pour elle, la presse a pratiquement passé cet incident sous silence... "

8.
Heureusement aussi, pour Eugène Sarkozy, que Franz-olivier Déontologiesbert efface de la photo ses misérables divagations: le rodomont de l'UMP sait du moins (comme nous) que si d'aventure il prend le pouvoir, il pourra compter sur des journalistes à sa mesure.

9.
Au reste, pas plus tard que ce matin, dans "Le Point", Franz-Olivier Déontologiesbert, dans un magnifique éditorial, confirme sa vocation, en déplorant que: "Après avoir tourné autour de grands sujets comme l'école, la campagne (ait) pris, depuis quelque temps des chemins de traverse".

Le professeur Déontologiesbert se désole: "On en (vient) à débattre entre ciel et terre de graves questions comme l'inné et l'acquis".

FOD s'inquiète: "Au train où vont les choses, c'est sûr, on va finir par évoquer le sexe des anges et les crottes de chien".

Pour Franz-Olivier Déontologiesbert, les tristes errements d'Eugène Sarkozy et les "crottes de chien" sont donc des sujets d'égale importance: le principal étant de se réserver, dans leur traitement, la possibilité de "rééquilibrer les choses plus tard"?

* Je ne saurais trop conseiller, sur cette affaire, la lecture de ce que révèlent cette semaine les galopins de chez www.bakchich.info, qui ne respectent rien.


Je vois que je ne suis pas le seul à apprécier Le Point...

29 mars 2007

Mitterrand 2007

C'est un blog dont je vous recommande la lecture. La thématique : que dirait François Mitterrand s'il pouvait commenter l'actualité de la campagne électorale. Excellent, et pour vous mettre l'eau à la bouche, un extrait :

Droite et information. Nation, Sarkozy et mariage

Les maîtres de la droite, les maîtres de l’argent ne changent guère leurs méthodes, d’une élection à l’autre. Affoler, inquiéter un peuple français, qu’ils supposent frileux, replié sur lui-même, presque veule, et pour lequel ils n’ont finalement que peu de considération, reste leur objectif privilégié dès qu’ils sentent que la victoire, qu’ils considèrent par principe acquise dans toute élection, leur échappe. Vous allez voir, les incidents comme celui de la gare du Nord vont se multiplier. Sous couvert de devoir, il va être demandé à certaines forces de police d’en rajouter, en souhaitant sans doute qu’il se passe quelque chose. Et comme toujours, la droite comptera sur ses amis au sein des medias pour amplifier la peur, la vivifier… J’ai déjà assisté de loin à ce petit jeu, en 2002, et je pressens que la même pièce s’apprête à se jouer. M.Namias est toujours là, à TF1, prêt à rendre service, en échange d’une fonction honorifique pour son épouse, ou d’une décoration… Qu’il en profite bien, car il se murmure que Sarkozy pense qu’il a fait son temps, et il aurait demandé à son ami, Martin Bouygues, un rajeunissement à la tête de l’information de la chaîne privée. Quant à M.Mazerolle, sa capacité de nuisance est aujourd’hui limitée, et il faut s’en réjouir. Je suis chaque fois stupéfait quand je pense que Michelle Cotta, patronne d’antenne 2 à l’époque, et pour laquelle j’ai une certaine estime, serait allée défendre en 2001, à Matignon, dans le bureau du directeur de cabinet de Jospin, Olivier Shrameck, la nomination de ce Mazerolle à la tête de la rédaction d’Antenne 2. Belle idée, en effet, que de laisser s’installer à la tête de l’information de la plus grande chaîne publique, un homme de droite qui, dit-on, tirait les larmes des femmes journalistes sous ses ordres à Radio Luxembourg, en leur parlant comme un sous-officier de la Légion étrangère. [...]

Nicolas Sarkozy, et, pour être exact, M.Henri Guaino, l’homme qui lui écrit ses discours, ont décidé de s’approprier ces temps derniers la Nation. Ils vont même, chacun le sait, jusqu’à citer Jaurès. Pourquoi pas ? Il n’est jamais trop tard pour apprendre, encore faut-il comprendre.

La Nation, c’est une assemblée d’individus égaux en droit qui décide souverainement de son sort en s’en remettant au respect aux Droits de l’Homme et du Citoyen. La Nation offre les même droits à tous, libre à chacun d’en faire ce qu’il veut dans le respect des droits de l’autre. La Nation n’est donc pas un assemblage de communautés, de corporatismes, de clientèles à qui l’Etat octroie des droits à raison de leur particularisme tout en déniant ces mêmes droits à autrui. La Nation ne divise pas, elle rassemble. Sans exception. C’est dans ce sens qu’il faut entendre Jaurès lorsqu’il disait que la Nation, « c’est le dernier bien des pauvres ». La Nation offre, même au plus démuni de ses membres, les mêmes droits qu’au plus fortuné, mais elle ne lui accordera pas de droits particuliers à raison de sa pauvreté, ou de ses croyances, ou de ses opinions politiques, ou de ses mœurs, ou de sa religion… Et si la puissance publique intervient en ces domaines, ce sera pour rétablir l’égalité des droits qui serait, pour une raison ou pour une autre, menacée de disparaître entre membres de la Nation, situation qui mettrait en péril la Nation elle-même. Rétablir un ordre juste, en somme. Relisez ce que j’ai dit sur ces questions lors du tricentenaire de la révocation de l’édit de Nantes en 1985. Dans l’une des premières manifestations de l’esprit national, en 1598, Henri IV avait finalement accordé la liberté de religion. Il avait compris que faute d’égalité religieuse entre tous, les désordres et les guerres continueraient. Il appartenait à l’Etat de faire triompher ce qui n’était pas de l’ordre de la religion, de la foi, de la conscience individuelle, où l’Etat n’a que faire. Mais de l’ordre de la politique, dès lors que ce qui était en danger, c’était la Nation.

Je le déplore pour lui, mais c’est le contraire de ce que professe M.Guaino par la bouche de M.Sarkozy. Ce qu’ils appellent Nation, c’est l’opposition des uns aux autres, c’est la division des uns et des autres, qui mène inévitablement à l’oppression des uns par les autres.

Au risque de surprendre, j’estime qu’il en est aujourd’hui de même pour la question du mariage, et de la famille. Contrairement à ce que dit M.Sarkozy-Guaino, l’Etat n’a pas à se mêler de la vie privée et à définir ce que doit être une famille. Pas plus qu’il n’a à estimer, comme le candidat de l’UMP l’a fait récemment, que les homosexuels ne peuvent assurer « la sécurité » d’un enfant dont ils auraient la charge. Au nom de quoi peut-il en juger ? Au contraire, l’Etat, la Nation doivent aujourd’hui accorder à tous le même droit au mariage et à la famille. Sans distinction. Ségolène Royal l’a bien compris. A sa place, j’aurais adopté une position identique. Nos conceptions personnelles relatives aux moeurs n'ont rien à faire dans le débat public. Elles n'y ont pas place. Cela n'est pas le rôle d'un élu de la Nation. Son rôle, c'est de mettre en accord notre droit civil avec son époque. Souvenez-vous, en 1981, c’est le gouvernement de Pierre Mauroy qui a dépénalisé les relations entre personnes de même sexe de plus de seize ans. La Droite a hurlé. Et alors ? Elle hurlera si le droit au mariage et à la famille est ouvert aux personnes de même sexe. Et alors ? Il faudra supporter les jérémiades de Mme Boutin et les plaisanteries grasses de M.Dutreil ? Et alors ?

C’est ainsi que pour ma part, j’entends affirmer la puissance unificatrice de la Nation au service de tous ceux qui en sont membres. Oui, la Nation unit et ne divise pas, la Nation rassemble et n’oppose pas, la Nation réconcilie et n’oppresse pas. Et oui, j’irai partout le répétant sans cesse, oui, la Nation, c’est l’ordre juste !

Ou encore :
Pour finir, je félicite le directeur du Point pour la photo de une qui orne la couverture de son journal cette semaine. Il s'agit d'un portrait de Ségolène Royal choisi avec soin, on le devine aisément. Moi aussi en mon temps, j’ai eu droit à ces amabilités photographiques de la part de la presse aux ordres. Moi aussi, je me suis retrouvé, plus souvent qu’à mon tour, à la une de magazines, l’air défait, la mine hâve, le regard hagard et l’air tellement absent que je finissais moi-même par me demander si le cliché en question n’avait pas été pris à mon insu, à la fin d’une garde à vue de quatre jours. Soumise à un traitement identique, Ségolène Royal a, malgré tout, un petit avantage sur moi, et qui la préserve du pire. Ils ne pourront jamais la photographier mal rasée.

23 février 2007

Ah, la dette

Un excellent article, un peu excessif, mais il vaut le coup d'être cité / recopié depuis la source (ici) :

Construisons des goulags pour accueillir l'UDF et les monomaniaques de la dette


Attention, note en mode "NRV".

Il y a une race spécifique d'abrutis qui beuglent, dès l'annonce d'un programme, "combien ça coûte ?". Au jeu de la mauvaise foi, le chenil sarkozyste fait très fort. L'Institut de l'entreprise, lobby ultralibéral atlantiste hypermondialiste fanatisé, chiffre le programme du cocaïnomane psychotique Sarkozy à hauteur de 49 milliards d'euros, au-dessus même de celui d'une Royal.

Bayrou et sa clique, groupe de néolibéraux friedmaniens adeptes d'un "réalisme" anti-politique nihiliste, à la limite de l'autisme darwino-libertarien, ramènent l'ensemble de la politique et des données programmatiques à la seule et unique question de la dette, dans un discours millénariste halluciné des plus mensongers.

La dette française, à l'heure actuelle, ne pose aucune problème de soutenabilité. La France ne vit pas au-dessus de ses moyens. La phraséologie psychotique sur la dette est un discours économiquement faux et manipulateur.

La trisomique Chabot, lors de son émission, a bricolé un petit compteur pour nous dire combien ça allait vite et fort, "moi même je n'en crois pas mes yeux". Construction scénarisée, mise-en-scène avec pathos et alarmisme anti-dépense, donc anti-Etat-Providence, et anti-Etat tout court. Le terroriste Jacques Marseille a expliqué sur le plateau de Rispostes que la dette coûtait 2000 euros par minute (ou par seconde, je ne sais plus). Le dégénéré De Closets a commis, dans le dernier Marianne, un discours culturalo-raciste sur le thème "Les Français sont congénitalement incapables de contrôler leurs dépenses", dans la veine classique de son discours anarcho-capitaliste apocalyptique.

Bref, le joyeux tintinmarre actuel voit les journalistes-éditorialistes marcher main dans la main avec les sacs à merde de l'UMP (qui ne doivent plus être considérés, désormais, comme des êtres humains, mais comme des formes de vie plus primaire, plus élémentaire, plus organique) et surtout l'escouade de timbrés monomaniaques de l'UDF, portés par un discours néanderthalien, selon des équations subtiles du type "la politique = dépense", "dépense = trop cher". C'est dans les rangs de l'UDF qu'on compte d'authentiques enragés de la dette de l'Etat, tel le député Charles de Courson (plus proche de l'animal - chien, chat, paramécie - que de l'homme ; qui a consacré sa vie entière à l'élever contre les dépenses publiques), ou l'horrible tête de fouine à haleine fétide Jean Artuis, auteur sur le plateau d'Okrent, dimanche soir, d'une prestation des plus cryptohumaine.

Alors je me prononce pour la dissolution de l'UDF, mouvement antidémocratique, antipolitique, antirépublicain, antisociété ; et qu'on m'amène un socialiste ayant rejoint Bayrou, "plus à gauche que Royal" (comme disent les strausskistes et autres "social-démocrates"), il étrennera les nouveaux goulags que nous allons bâtir.


Excellent. Même si le sens de l'autodérision de l'UDF est fortement mis à l'épreuve...

27 décembre 2006

Blog de l'année 2006 : Droits des enfants

Dans cette semaine de bilan, je dois rendre un hommage particulier à M. Rosenczveig, dont le blog est exemplaire : il donne la preuve éclatante de l'utilité des blogs ; il donne ensuite une image forte et respectable de notre justice.

Un texte pour exemple :

On peut aussi se demander comment les jeunes vont respecter un ordre qu’ils estiment profondément injuste. Car je n’en démords pas, la violence des jeunes et des moins jeunes n’est pas seulement une démarche d’affirmation de l’adolescence, mais bien l’expression de personnes qui ne partagent une bonne partie des règles du jeu social pour avoir le sentiment, à tort ou à raison, que ces règles ne le prennent pas en compte. Bien sur qu’ils se trompent ces jeunes en oubliant que nous jouissons fondamentalement de la paix et d’un certain développement social. Ils ont guère de culture historique ni de comparaison avec ce qui se passe ailleurs. Autant leur parler chinois, pour autant pas question de céder et de renoncer à appeler un chat un chat.

Dans mon cabinet, notamment dans les procédures d’injures ou d’outrages ou encore de violences, je leur dis que si telle est leur opinion, ils doivent s’engager en usant des moyens qu’offre un pays démocratique : le droit de s’exprimer individuellement ou collectivement, mais par des arguments au-dessus de la ceinture, le droit de contester et de proposer; sans compter qu’un jour chacun d’eux aura le droit de voter.

En tous cas il ne sert à rien d’affirmer l’ordre pour l’ordre. Cela me rappelle en son temps les condamnations de principe de la violence. Il est malheureusement des violences légitimes. L’histoire de France en fourmille.

C’est bien parce qu’il est vécu comme juste qu’un ordre sera respecté. La militance politique ou syndicale n’est rien d’autre que la volonté de transformer l’ordre établi pour lui en substituer un autre.

Merci M. Rosenczveig.

27 octobre 2006

Bêtises (1)

Deux bêtises trouvées sur mes blogs préférés (que Microsoft appelle moustaches, rouflaquettes ou favoris... à défaut de les appeler amants ou concubins, Henri III au secours !) et me revoici disposé à recopier des textes entiers. Ça risque de déplaîre, voire même de contrevenir au code de la propriété intellectuelle. Mais voilà, avez-vous réellement le temps de lire 28000 blogs par jour ? Même, comme l'insinuent certains, en étant privés d'emploi ? Même, diraient d'autres, en vous interrogeant sur la relation entre la taille d'un de vos membres et le système d'exploitation de votre ordinateur ? Je continuerai donc à citer. Et à donner mes sources.

12 octobre 2006

Bloc débloque

La traduction du mot blog a évidemment suscité des débats sans fin chez les pourfendeurs misanglophones qui peuplent le ouèbe et la blogosphère... J'aime bien bloc - utilisé en catalan - qui rappelle bloc-notes. Pas blogue qui est aussi ridicule que bogue pour bug. Enfin, quoi... la vivacité d'une langue ne se mesure pas à ses emprunts, mais à la contagion syntaxique de ses élites... Êtes-vous prêts à être challengés sur le sujet ? Je peux initier ce débat... mais je vous avertis, je ne crains pas la compétition...

Trêve de plaisanteries, moi qui ne lisais que les blogs, voici que je me suis aventuré dans les commentaires... pour découvrir qu'en fait les blogueurs n'attendent que ça. Être commentés, trackbackés (yes!), bref, la classique recherche de la reconnaissance. Et cela atteint des proportions inouïes, entre abonnés aux commentaires qui ne supportent pas les nouveaux venus (ma chère et tendre en a fait l'expérience sur un blog aviaire) et groupes de pression... Voyez l'édifiante "Affaire Natacha" décrite par Laurent G.

Bref, finalement, to summarise it, les blogs, ça craint, mais les commentaires, that stinks!